TEST
Le Moza CS Pro aurait-il besoin d'un peu de Biactol© ?
Support : PC
Le monde du matos de sim racing est actuellement en feu. Mis à part Thrustmaster et Logitech qui regardent tout cela de loin en se disant “d’façon nous sommes les seuls vendus à Auchan”, tous les autres constructeurs s'écharpent à coup de Nm, de pédales qui bougent toutes seules, de mises à jour logicielles à base d’IA et de volants de plus en plus perfectionnés. Les volants, parlons-en, car Moza Racing a sorti en fanfare les variantes “Pro” de ses volants KS et CS il y a quelques mois. J’ai eu la chance de mettre mes mains moites sur le CS Pro, un beau volant rond de 325 mm possédant un petit écran et de multiples encodeurs.
CS pour Couteau Suisse
Proposé pour la modique somme de 350 euros, ce volant de fort bel facture est compatible avec les bases Moza ainsi que concurrentes moyennant l’achat du hub approprié et éventuellement d’un adaptateur D1. Nous sommes ici en présence d'un modèle rond, pensé comme assez polyvalent car ni trop grand ni trop large. Dans mon cas, je trouve que c’est un peu bâtard : possédant déjà un volant KS de 300 mm pour les monoplaces et les GT et un autre de 350 mm pour le rallye et l'oval, ce CS Pro trouve difficilement sa place dans ma collection. Par contre, en tant que premier volant, ou si vous n’avez pas prévu de collectionner les rondelles, c’est un format idéal pour conduire un peu tout. Je l’ai testé sur de la F4, de la NASCAR, du rallye et de la GT, ce n’est jamais ma taille préférée, mais c’est tout à fait conduisible.
À noter que l'électronique peut se détacher de l’arceau pour être fixée sur une autre roue. Malheureusement, faute de réglages de profondeur des palettes ou des boutons à l’instar du Fanatec Universal Hub, le choix est relativement limité. Par exemple, j’ai essayé d’y attacher ma roue de 350 mm mais comme elle n’est pas parfaitement plate, je ne pouvais atteindre les palettes qu’avec le bout des doigts. Une idée sympathique mais pas vraiment aboutie.

Malgré tout, la roue d’origine est fort agréable. Avec son simili cuir et surtout ses coutures inversées au niveau des reposes-mains, le volant est très confortable et c’est un plaisir de conduire avec pendant de longues sessions. Il est malgré tout assez lourd et la boîte à boutons prend beaucoup de place visuellement, me faisant penser à un petit bouledogue trop musclé mais du coup d’une rigidité exemplaire. Cette boîte à boutons reste le clou du spectacle. Elle est constellée de bitoniaux, d’encodeurs, LED et autres écrans pour le plaisir des petits et des grands. Il y a environ une quarantaine d'entrées possibles, c’est assez impressionnant.
Écran TotalEnergies
Commençons par l’écran, pas gigantesque (2,99 pouces en HD) mais très joli. Il est donc possible d’afficher toutes sortes d'informations, de mettre les fonds d’écrans que vous voulez et même d’avoir plusieurs pages à disposition. De base, le volant vient avec une dizaine de dashboards tout à fait fonctionnels, Moza proposant son propre éditeur interne au Pit House pour créer les vôtres (qui n’a jamais voulu courir avec Philippe Poutou sur son volant ?). Ce Moza Dashboard Studio fonctionne comme un logiciel de CAO basique et est assez limité sur la manipulation des images (prévoyez un Photoshop ou un Gimp en complément) mais il y vraiment de quoi s’amuser. Le volant n’est malheureusement pas compatible avec SimHub.
Bon, maintenant que nous sommes entre nous et que l’effet Waouh est passé, nous sommes d’accord pour dire qu’en vrai ces écrans intégrés ne servent à rien ? En course, mes yeux sont sur le moniteur de l’ordinateur et les infos essentielles sont souvent affichées à l’écran. Je comprends à la limite l'intérêt pour celles et ceux voulant un maximum d’immersion mais pour le tout-venant, c’est assez superflu. Vous pourriez me rétorquer que c’est la même chose pour les LED de télémétrie aussi présentes sur ce volant, mais leur position tout en haut et les effets de clignotements viennent titiller un peu plus la vue périphérique.

L'écran permettant d'afficher des GIF (les flammes sont ici animées).
Laisse tomber le Funky
Le reste des commandes est partagé pour la partie supérieure entre des boutons classiques rétro-éclairés de la couleur de votre choix, deux encodeurs rotatifs sur les côtés du volant en aluminium précis et accessibles facilement avec les pouces (que j’ai petits en plus) auxquels viennent s’ajouter deux funky switches. Alors non, ce ne sont pas des boutons arborant un grand chapeau à plume, un manteau de fourrure étincelant et se lançant dans un solo de basse slappé à chaque fois que l’on appuie dessus. Non, non, non : il s'agit en fait de sticks faisant aussi office d’encodeurs rotatifs. Le rapport avec George Clinton ? Je n’en sais rien mais ça fait beaucoup d’entrées paramétrables d’un seul coup.
La partie inférieure est quant à elle un véritable feu d’artifice de couleurs. En plus de la présence d’autres boutons, il faut noter les quatre encodeurs rotatifs et crantés de un à douze. Ces derniers peuvent soit envoyer une entrée spécifique à chaque cran, soit incrémenter une valeur selon le sens de rotation. Le rétro-éclairage peut en plus être personnalisé, ainsi que la couleur du cran sélectionné. C’est d’un chic !


Pour terminer, un mot sur les six palettes à l’arrière. Les deux dédiées au changement de vitesses magnétiques sont très satisfaisantes à actionner, avec un retour à la position initiale très vif. Cela change de celles de mon Moza KS, toutes molles en comparaison. Les palettes d’embrayage disposent elles aussi d’un retour très précis malgré l’absence d'aimant de part leur nature analogique. Enfin, on peut en ajouter deux autres magnétiques en option pour 50 euros tout de même et qui viennent se placer tout en haut. Elles possèdent le même ressenti que celles utilisées pour passer les rapports mais j’avoue avoir été à cours d’imagination au moment de décider à quelles fonctions j’allais les assigner. Notons que les palettes en elles-mêmes sont tout de même bien sexy car en carbone forgé, tout comme la plaquette à l’avant du volant, juste pour se la péter.

Forcément, avec autant de bazar plus la possibilité de changer de roue, la plupart des boutons demandent de lâcher le volant pour les actionner. Ici, tout va dépendre du type de voiture que vous conduisez et de l’intensité des courses auxquelles vous participez. Comme dit plus haut, il est possible de faire de la monoplace mais si vous changez les réglages à chaque virage, il est peut-être plus avisé de vous diriger vers le KS classique ou Pro.
À l’instar d’un adolescent se nourrissant exclusivement de DoMac, ce Moza CS Pro arbore une foultitude de boutons à ne plus savoir qu’en faire. J’aurais préféré que Moza enlève un ou deux encodeurs pour affiner sa ligne et j’ai du mal à considérer l’écran autrement que comme un pur gimmick. Malgré tout, si vous ne pouvez acheter qu’un seul volant, celui-ci me semble des plus complet et versatile et vous serez paré pour à peu près n’importe quoi. Du reste, ce Moza CS Pro est extrêmement bien construit si on fait grâce de quelques petits soucis d'ergonomie.
