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La Nuit du Chasseur : Bloodborne

kimo par kimo,  email
 
Après les kilomètres de conversations et de papiers écrits sur le jeu, on se demande un peu ce qu’il reste à dire de Bloodborne. Mais comme on sait que nos lecteurs ont besoin d'un espace de commentaire pour s'exprimer et s'étriper, voilà notre test (que vous pouvez directement scroller pour vous disputer en dessous).
Malgré un changement de nom, From Software ne trompera personne : Bloodborne, c’est comme Dark Souls en un peu différent. Le studio semble avoir décidé d'exploiter sa série à la vitesse Call Of Dutesque d’un jeu par an. Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle ? La réponse dépend surtout de votre degré de saturation : êtes-vous prêt à « replonger » si tôt, en voulez-vous encore ? En tout cas, si vous n'aviez pas accroché avant, il y a peu de chance que vous soyez convaincu cette fois-ci, même si certains changements pourraient bien rendre le jeu plus à votre goût.



Les changements, parlons-en rapidement. Les allergiques à l’heroic fantasy pourront désormais se faire la main sur une ambiance plus Loup-garou de Londres couplé à Resident Evil 4, le flingue à la main, la cane-fouet de l’autre et le top hat sur la tête. L’ambiance globale est très réussie malgré quelques inégalités artistiques et techniques (et en multi, parfois des grosses chutes de framerate). Les environnements sont malgré tout plus surprenants au début qu’à la fin, puisqu’on passe progressivement de cette ambiance lovecraftienne très british à du médiéval un peu plus classique, mais ça reste de bon niveau, et certains paysages extérieurs sont à couper le souffle. Bref, si vous avez été déçu par la DA de Dark Souls 2, il se peut bien que Bloodborne vous réconcilie avec la série.

Les habitués ne seront toutefois pas vraiment surpris par les situations rencontrées, ni même le bestiaire.
C'est certes toujours fourbe et bien pensé, mais on sent que ça devient dur de se renouveler après tant d'épisodes, d'où un sentiment de déjà vu à certains endroits. Bloodborne met également la pédale douce sur les pièges les plus vicieux, ce qui ne sera pas forcément un mal pour tous. Les environnements sont donc bien moins mortels, mais aussi plus avares de surprises et de secrets.

Les changements ne s’arrêtent pas là et concernent également le gameplay. Comme dans toute suite, ils sont relativement minimes, mais ils ne relèveront certainement pas du détail pour les habitués. Pour le dire vite, le système de jeu a été globalement simplifié. Il y a beaucoup moins d’armes et de stats, et une magie très limitée. La jouabilité a été légèrement assouplie, et permet par exemple au joueur de récupérer de la vie en combat et d'interrompre les adversaires. Résultat : des affrontements qui privilégient le corps à corps et qui sont plus dynamiques qu'avant. En contrepartie, Bloodborne permet un peu moins d’expérimentation et de personnalisation, que ce soit avec les armes ou les builds. Toutefois les différentes armes offrent des possibilité de gameplay réellement variées. C'est un vrai plaisir de toutes les tester avant de choisir, sachant qu'elles sont toutes viables jusqu'à la fin du jeu.

Le online aussi a eu le droit à un grand ménage. Si le mécanisme de base est sensiblement le même (du coop et du pvp anonymisé et limité par zones), les "ordres" auxquels les joueurs peuvent préter serment sont eux réduits à peau de chagrin et les interactions online du même coup moins variées mais plus lisibles.

Pour certains, cette simplification globale sonnera peut-être le glas de leur idylle avec la série. Pour d’autres, ces changements seront les bienvenus, le jeu étant bien plus accessible et plus souple sans pour autant avoir perdu de son exigence, ni de ce qui fait la saveur de son gameplay. On peut regretter que Bloodborne n'offre pas la même impression de profondeur et de mystère que ses prédécesseurs. On peut pinailler sans fin sur le level design, sur les boss, les checkpoints, critiquer la narration, le système de progression des armes et la New Game + qui n'ajoute presque rien, etc, etc, etc… mais c’est se situer à des niveaux de détails tels qu’au final, ça n’a que peu d’importance au regard de la qualité globale du jeu. Bref, plus simple ne signifie pas forcément plus nul, et c'est justement à cet endroit que Bloodborne se différencie de ses ainés en affirmant une personnalité et des qualités qui lui sont propres.



Il faut aussi simplement accepter l’effet « série », c’est-à-dire se faire à l'idée de trouver des épisodes plus ou moins à notre goût. C'est sûr que ça a tendance à rendre moins unique notre expérience des jeux précédents, mais après tout, le jeu vidéo est une industrie. D'ailleurs l'apparition de donjons semi-aléatoires dans Bloodborne vient comme entériner cette impression, en produisant pour nous de l'environnement au kilomètre, reproduisant jusqu'à l'absurde (à quelle fin en effet ?) les boucles narratives chère à la série (et ses innombrables New Game +). Le mieux est donc d'en profiter jusqu’à atteindre notre point personnel de lassitude ou constater une perte drastique de qualité. On n'est heureusement pas encore dans ce dernier cas, et Bloodborne est un excellent jeu, qui malgré un conservatisme marqué arrive à séduire sans peine et surtout, tire plus facilement son épingle du jeu que le très peu innovant Dark Souls 2.
On sait très bien que vous avez déjà acheté le jeu.
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