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Kingdom - Mon royaume sur un cheval

kimo par kimo,  email
 
Vous avez soif de pouvoir, de conquête et de royauté ? Kingdom vous propose de vous tailler la part du lion dans un environnement hostile. Faut-il y risquer sa tête ?

 
kingdom est un jeu qui joue sur deux tableaux.

D’abord, il y a le STR 2D en scrolling horizontal en pixel art. Encore ? Oui encore. Mais graphiquement, le jeu est plutôt réussi. Le joueur y dirige un roi ou une reine qui doit étendre et défendre son royaume contre les attaques nocturnes de monstres mystérieux. C’est par le biais de ce personnage que presque tout se fait : recrutement, construction de bâtiments, exploration… Vous ne profiterez donc pas de la vue surplombante de l’ensemble de vos terres. Il faudra prendre le temps de vous y rendre à cheval, ce qui peut s'avérer assez long. Bien sûr, gérer un royaume ne coûte pas que du temps, mais demande aussi de l’argent. Vous disposez (littéralement) d’une bourse que vous devez remplir de pièces à redistribuer sur votre passage pour recruter, construire, améliorer, etc… On en restera là pour le moment.

Pourquoi ? Eh bien à cause du second aspect du jeu : son caractère énigmatique. Pas énigmatique d’un point de vue narratif, il ne s’agit pas d’un de ces jeux interprétatifs où des indices nous apprendrons que ce monde est en fait une projection de notre psyché de joueur dépressif. L’énigme du jeu, c’est son gameplay. Décrire ces mécanismes au-delà de ce que nous en avons dit plus haut s’avère donc délicat, puisque c’est retirer au jeu une partie de son intérêt.  Car ici, ce qu’il faut déduire et découvrir à partir de l’environnement, ce sont les règles du jeu lui-même ! Lorsqu’on lance Kingdom, on ne passe même pas par un menu. Après un rapide tutorial qui ne nous apprend que quelques actions de base, on est directement dans la partie, sans instructions et sans mode d’emploi. A chacun ensuite d’expérimenter et de comprendre les règles, les objectifs et les mécanismes qui permettent de finir le jeu.


Il faudra donc observer pour déduire le fonctionnement de chacun des éléments du jeu. Scruter le décor pour découvrir ce qu'il est possible (ou pas) d'y faire. Suivre les actions de vos ouailles pour comprendre comment organiser au mieux la défense de votre petit royaume. Et bien sûr faire des expériences (et donc des erreurs) pour en saisir les limites et tirer le meilleur parti de tous ces mécanismes. Car le joueur a assez peu de contrôle direct sur son royaume. La plupart des éléments de jeu sont souvent ordonnés par des règles logiques assez primaires parfois contre-intuitives ou drastiquement limitées. Il est donc critique d'en assimiler rapidement le fonctionnement pour survivre.

En un sens, cet aspect puzzle-game de Kingdom (au sens large) fait assez bien écho aux mécanismes mis en place dans sa partie STR. Ce dernier oblige en effet le joueur à penser ensemble la gestion du temps, de l’espace, des ressources. Une fois tous les enjeux bien identifiés et les symboles décryptés, le terrain de jeu peut d'ailleurs presque être lu comme une partition logique
 

Ce système, aussi brillant soit-il, a bien évidemment quelques contreparties. D’abord, comme certains de ces mécanismes reposent sur des principes particulièrement obtus ou obscurs, il faut du temps pour en comprendre les limites et donc la bonne façon de s’en servir. Des décisions prises assez tôt sur un malentendu peuvent s’avérer désastreuses sur le long terme et conduire au game over sans qu'on puisse vraiment y remédier. D’autres options sont si discrètes qu’on peut facilement passer à côté. On en vient parfois à soupçonner d'avoir raté un élément crucial du jeu tout simplement parce qu'il n'a pas été assez bien mis en valeur. Comme Kingdom est relativement difficile et parfois très punitif, on peut vite se sentir frustré.

Une fois les mécanismes bien assimilés, leur fonctionnement simpliste et rigide devient aussi cause de lassitude. Ils ne sont en effet pas très nombreux et n’offrent pas une énorme diversité stratégique. Le jeu peut donc s’avérer assez répétitif et laborieux sur la fin de partie. Les raisons pour y rejouer, une fois la victoire atteinte, ne sont pas non plus bien nombreuses. Si les cartes sont générées aléatoirement, la méthode reste la même d'une partie sur l'autre. Il reste les succès qui proposent quelques challenges sympathiques, mais c'est hélas bien maigre.

Si vous doutez, vous pouvez toujours vous essayer à la version flash, gratuite et qui a servi de base à cette version payante. Mais n'y jouez pas trop sous peine d'en faire le tour !

Kingdom est un bon petit jeu. Même s'il est limité par son concept et un peu chiche niveau contenu, l'idée de départ est plutôt cool et la réalisation à la hauteur. Le développeur a l'air de rester impliqué sur le projet. On peut donc espérer quelques ajouts qui ne seront pas du luxe.