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Fable 2

Niko par Niko,  email  @nik0tine  
Difficile d'évoquer Fable II sans parler de son fantasque concepteur, Peter Molyneux. Si on oublie ses promesses folles et que l'on s'intéresse de près à sa production récente, il apparait que le patron de Lionhead a bien souvent privilégié la forme (des features gadget) au fond, parfois d'une rare vacuité. A-t-il affronté ses démons pour sa nouvelle production ?

Il était une fois, dans une galaxie lointaine ...


L’histoire confine au conte de fée parfois un peu désabusé : le duc local trouvant le monde peu à son goût, il a pour projet une rénovation à la Valérie Damido, à savoir ménage par le vide et grand coup de peinture rose. Les seuls à pouvoir contrarier ses plans sont les Héros, et manque de chance, votre famille a un taux de midi-chlorien qui crève le plafond. Le noble s’empresse donc de tuer votre grande sœur et vous laisse pour mort. Recueilli par une étrange voyante aveugle (hé !) et élevé dans un camp de gitans, vous voilà ado et prêt à partir en quête des trois jedi pour vous venger.

Malgré quelques fugaces moments de bravoure, la quête principale est à la fois linéaire et peu passionnante : elle consistera la plupart du temps à accéder à la ville dans laquelle se trouve un héros, faire quelque chose le convaincre de vous suivre et le ramener à la guilde. Pour ne rien arranger, les sidequests qui agrémenteront éventuellement votre périple sont souvent construites sur le modèle « va-là-bas-et-tue-les-monstres ». Si le jeu devait se résumer à cela, il faudrait bien du courage pour en voir le bout. Pourtant, on ne peux pas dire que le jeu soit difficile : il est impossible de mourir (la fin de votre barre de vie apportera juste une nouvelle cicatrice à votre avatar, qui se relèvera frais comme un gardon en quelques secondes), et on sait toujours où aller grâce à son GPS magique, heureusement désactivable.

Un monde entièrement simulé. Et un chien.


Mais le coup de génie de Fable 2, c’est sa personnalisation à l’extrême. Pour la première fois dans la production récente de Molyneux, ces kikoofeatures ne sont pas un simple gadget et sont parfaitement intégrées au jeu : mieux, elles le rendent vivant. Vous pourrez ainsi prendre un job dans les villes (déconseillé, à moins d’adorer les QTE répétitifs), devenir auxiliaire de police, esclavagiste ou membre d’une secte, acheter la plupart des bâtiments du jeu, les meubler, pressurer les locataires avec des loyers indécents, racheter les commerces pour profiter des réductions réservées au proprio, vous marier avec une "péripatétipute" ramassée sur le port, faire des enfants, tromper votre femme, etc. Chacune des ces actions aura des conséquences sur votre alignement (bon/mauvais), les réactions de la population à votre vue, votre apparence physique et en de rares occasion l'environnement. L’histoire ne changera pas du tout au tout, mais cela permet de s’approprier le jeu, d’avoir l’impression de vivre son aventure. D’autant que toutes ces petites actions se révèlent largement plus rigolotes à faire que la quête principale.

Tout au long de votre aventure, vous êtes accompagné d’un chien. J’ai cru comprendre que certains de mes confrères journalistes totaux avaient développé une véritable empathie pour le canidé virtuel, mais leur compagnon devait étrangement être beaucoup plus intelligent que le bâtard qu’on m’a collé dans les pattes : à part servir de radars à trésors, il était d’une rare inutilité. N'espérez pas le voir attaquer vos ennemis comme un pitbull du 9-3 pendant les combats - combats par ailleurs dynamiques mais fort répétitifs, la faute à une palette de coups très réduite.

L'attaque des clones


Techniquement, le jeu est un peu en retrait par rapport aux titres AAA de cette fin d’année, et on regrettera que les villes soient peuplés de clones. Mais la patte artistique et l’ambiance rattrapent largement ces points, d’autant que Fable 2 est pourvu d’une bande son particulièrement travaillée, bien qu’un peu répétitive. Pour finir sur la partie technique, ajoutons une gestion des collisions assez approximative, une interface particulièrement lourdingue, des chargements nombreux et assez longs, et quelques bugs à déplorer, surtout en coop.

Le mode coopératif justement, proposé en local ou sur Xbox Live, aurait pu devenir un des points forts du jeu. Il se révèle être un véritable chemin de croix, à cause de gros soucis de jouabilité. Que ce soit sur la même console ou en ligne, les joueurs sont ainsi obligés de rester sur le même écran, avec une caméra automatiquement gérée. La chose, déjà frustrante dans un terrain ouvert, mettra vos nerfs à rude épreuve dans les donjons.

Une idée assez géniale pour finir sur une note positive : lorsque vous êtes sur votre partie solo, vous voyez la position de vos amis qui jouent sous la forme d'un petit orbe volant. Branchez votre micro, et vous pouvez taper la causette pour échanger vos expériences. Tout bête, mais vraiment bien vu.
Fable 2 est bourré de défauts, mais ces derniers deviennent étrangement tolérables grâce à un univers crédible que l'on peut effleurer du doigt. Ou frapper de sa grosse hache, au choix. Si vous êtes sensible à cela, nul doute que vous serez sous le charme.

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