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Etherborn, born to be a "Why ?!"

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : 20th Century Fox Altered Matter
Supports : PC / Xbox One / PS4 / Switch
Quatre ans, un financement sur Fig, l'adoubement de la 20th Century Fox (non, sans blaguer) et bien des péripéties plus tard, le studio espagnol Altered Matter nous offre enfin son puzzler à 360°. Honnêtement, après une preview publiée il y a quelques semaines à peine, on ne l'attendait pas si tôt et cette sortie précipitée est peut-être le signe annonciateur de ce qui allait suivre...
La renaissance, pas celle de La Quatrième Prophétie non (RIP GOA, petit ange parti trop tôt), la renaissance de l'Homme est le point de départ d'Etherborn. Guidée par une mystérieuse conscience supérieure, une enveloppe charnelle translucide encore branlante va découvrir peu à peu ce que c'est d'Etre, en gravissant justement un pseudo-arbre de vie et en goutant à ses fruits, des niveaux éthérés qui lui permettront d'apprendre tour à tour la logique et l'appartenance à un tout. Autant dire qu'il faut être prédisposé pour adhérer au scénario du premier jeu d'Altered Matter. Je n'ai jamais été un grand fan des scénarios méta-fragiles, surtout lorsqu'ils alimentent un jeu à puzzles qui n'en a pas plus besoin que ça. Aussi mes premiers pas dans ce monde furent à l'image de ceux d'un nouveau-né assez cahotants. Et puis vient le tout premier casse-tête et avec lui une baffe d'ingéniosité. Car ouais, lorsqu'on réussit à s'affranchir de la soi-disant histoire, on découvre un puzzler passionnant. Court, mais passionnant.

Chacun des cinq (immenses) niveaux propose au joueur de conduire la fameuse entité fraichement sortie de l'oeuf d'un point de départ jusqu'au puits de lumière qui symbolise la fin. Entre temps, il va falloir jouer avec la gravité, élément essentiel d'Etherborn. Les blocs qui structurent ces endroits se présentent comme des ilots plus ou moins solidaires entre eux perdus dans un brouillard éternel. Seul moyen de les explorer de long en large : utiliser les bords coudés de certains blocs pour changer de perspective et instantanément ce faisant de centre de gravité pour marcher sur les murs voire déambuler littéralement la tête en bas. Ainsi on passe son temps à tricher avec la pesanteur pour ici gravir un monticule infranchissable ou là sauter sur une plateforme en contrebas normalement inaccessible. C'est d'autant plus malin que la caméra nous suit parfaitement dans tous nos mouvements, tout en jouant avec notre cerveau, nous présentant par exemple la sortie sens dessus dessous dès le début du niveau. A nous de passer d'une perspective à l'autre pour arriver au bout sans encombres.

Meh (® Fougère) /10

On sait l'exercice casse-gueule dans la majorité des cas mais ici, jamais une mise en scène n'aura été aussi claire et c'est là peut-être la plus grosse prouesse des développeurs. Si dans les premiers niveaux, il nous est demandé de récupérer un certain nombre d'orbes lumineux pour animer d'étranges machineries et progresser, Etherborn va rapidement plus loin que ses prédécesseurs dans le genre. C'est bientôt des pans entiers de niveaux qui surgiront du ciel brumeux pour venir s'enficher telles de grosses briques Lego Duplo dans ce mini monde, ouvrant en passant de nouveaux chemins et nous laissant accéder à d'autres orbes, et ainsi de suite. Et là, le temps d'un instant, on touche vraiment à la virtuosité. On comprend vite qu'il faudra désenficher certains blocs pour accéder à des machines après avoir récupéré assez d'orbes, mécanismes qui ouvriront des passages alternatifs, etc. La pelote à dérouler semble sans fin notamment sur le 3e ensemble aux tons rougeâtres, un vrai régal à appréhender et à parcourir.

Enfin ça c'est jusqu'à ce que le bât blesse parce que comme je vous le disais, Etherborn est une aventure extrêmement limitée dans le temps. Ne comptez pas plus de trois heures pour en faire le tour et ce en fouinant chaque recoin de l'environnement. Alors oui, il y a bien un "new game +" qui nous promet de la chasse aux objets en planquant les orbes dans les fourrés, bosquets et les pires recoins des niveaux. Le hic c'est que ces endroits, on a déjà pris plaisir à les fouiller précédemment, aussi aucun intérêt d'y revenir. On aurait carrément préféré que le jeu nous propose ce degré de difficulté (si l'on puit dire) dès le début sans nous poser de question. Quelle frustration quand on voit les qualités du titre : non seulement dans sa composante puzzle très bien accordée, mais également une direction artistique low-poly volontairement minimaliste qui permet de se concentrer sur la réflexion et une bande son des plus agréable. Enfin, pour ne rien gâcher, il tourne comme un charme et reste parfaitement lisible malgré quelques plans larges audacieux sur le petit écran de la transportable de Nintendo.

Etherborn est un véritable acte manqué. A l'image d'un bon diner dans un restaurant gastronomique, aussi bon soit-il, ce court-métrage fini par nous frustrer, nous laissant devant le générique de fin quelques instants à peine après nous avoir libéré tout son potentiel.

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