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E.Y.E : Divine Cybermancy

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
C'est arrivé à tout le monde : au cours d'une soirée arrosée et/ou enfumée entre potes, on se retrouve à imaginer des trucs un peu fous. Chez Streum On Studio, ça a donné : "Hey les gars on devrait faire un FPS-RPG à la Deus Ex dans un univers médiéval-cyberpunk avec une forte influence asiatique et lovecraftienne". Bien entendu le lendemain au réveil, le commun des mortels se demande qui est la mocheté nue qui partage son lit et n'a pas la moindre motivation pour mettre en œuvre les idées de la veille. Sauf Streum On. Et ça a donné E.Y.E : Divine Cybermancy quelques années plus tard.

Quelques centaines d'années dans le futur, deux entités se font face : la Fédération, qui est un regroupement de mega-corporations, et E.Y.E, un groupe religieux créé à l'origine pour lutter contre la Force Meta-Streumonique. Ladite force est la manifestation physique des peurs et folies humaines sous la forme de monstres destructeurs. Au sein d'E.Y.E, deux groupes cohabitent plus ou moins pacifiquement : les Culter Dei et les Jian Shang Di. Au début du jeu, la Force Meta-Streumonique qui avait disparu revient en force et E.Y.E s’apprête à faire un coup d'état. Le héros commence le jeu amnésique dans une grotte mystérieuse.


Personne ne se gausse d'E.Y.E


En racontant cela, je n'ai couvert qu'une infime partie du background d'E.Y.E : Divine Cybermancy. Non seulement l'histoire est plus touffue que les aisselles d'une éco-féministe mais en plus Streum On a créé de toute pièce un univers avec ses sociétés, ses marques, ses flingues, ses villes,... Ils ont même créé une langue et doublé le jeu dans cette langue ! Bien entendu les inspirations sont multiples : Blade Runner, Ghost In The Shell, Akira, Syndicate... mais ça n'empêche pas le jeu d'avoir un cachet unique. La direction artistique est complètement hors norme que ce soit au niveau des personnages ou de l'architecture des niveaux. On affronte des punks, des samouraïs, des géants avec des marteaux, des policiers en trenchcoat et masque à gaz... dans des niveaux cyclopéens qui écrasent complètement le joueur et qui sont bourrés de références. Chaque niveau propose sa couleur dominante ce qui confère une certaine cohérence à cette orgie geekesque. Comme si ça ne suffisant pas, la BO du jeu est fantastique. Elle est planante à certains moments, entrainante à d'autres et envoutante en général.

La base du gameplay est un mélange de FPS et de RPG. Votre perso a donc des caractéristiques et gagne des XP en butant des ennemis, réussissant des objectifs, piratant des trucs... A chaque niveau on gagne trois points pour booster ses carac'. On devient donc plus fort, plus costaud, plus rapide, plus efficace en piratage, plus précis... Comme il y a beaucoup de caractéristiques et finalement peu de points distribués, il est important de rapidement se spécialiser. C'est d'autant plus important que la majorité des armes et pouvoirs psy qu'on peut acquérir ont des pré-requis assez élevés. En plus des XP, on gagne du fric. Le fric sert à acheter des nouveaux flingues, des implants passifs qui boostent les carac', des cyber-implants actifs, des pouvoirs psy et à financer les recherches. Pour débloquer les recherches, il faut d'abord généralement trouver un objet. Les recherches donnent accès à du matos spécial ou donnent des bonus. Comme il y a vraiment plein de trucs à acheter, il faut faire des choix et essayer d'être cohérent avec les choix qu'on a fait pour les XP gagnés. Il est aussi possible de parler à certains personnages histoire de débloquer des quêtes secondaires ou de faire des choix importants. Attendez vous à quelques surprises sacrément culottées.


Cybermancy beaucoup


Vous l'aurez compris : le jeu propose un gameplay très riche offrant de multiples possibilités. On peut se la jouer tank en portant une armure lourde et une gatling, on peut éviter les ennemis en activant l'invisibilité et en faisant diversion en créant un clone, on peut s'amuser à poser des tourelles et des drones pour qu'ils fassent le boulot à sa place, on peut sniper tout ce qui bouge avec des fusils surpuissants, on peut être une brute hyper-rapide qui ne jure que par le corps à corps et qui fonce vers les ennemis en se servant de son épée pour dévier les balles,...

Comme tout bon jeu cyberpunk, on peut pirater tout et n'importe quoi. Ca permet de dévaliser les DAB, de prendre le contrôle des tourelles et des gens ou de débloquer une porte histoire d'utiliser un passage secret. Par contre, gare aux conséquences si vous foirez votre piratage et que l'ennemi contre-pirate... Ce gameplay varié est permis par le fait que les niveaux sont immenses et très ouverts. On a l'impression de jouer dans les maps d'un jeu multi, ce qui n'est pas étonnant de la part d'anciens moddeurs. Du coup, il y a toujours plein d'endroits où se planquer et des chemins secondaires. Les niveaux comportent en sus généralement plusieurs étages ce qui facilite les différentes approches. C'est moins vrai durant la seconde moitié du jeu mais cette dernière dépend beaucoup des choix que vous allez faire.

E.Y.E : Divine Cybermancy n'en reste pas moins un FPS et fait éprouver une sensation que l'on pensait perdue : le plaisir de tuer des gens. En plus d'avoir un look d'enfer et des bruitages dignes de ce nom, les armes ont une sacrée patate et pas mal de recul, les headshots font très mal et les ennemis volent sous le feu de vos balles. Même les réticules ont la classe quand on utilise l'iron sight. Le jeu se veut résolument nerveux, brutal et difficile. L'IA ne vous fera pas de cadeau et vous en mettra plein la gueule. On se bat contre des soldats bien entrainés et bien armés. On crève très vite. Pour ne rien arranger, le jeu inclut un système de santé mentale. Il est malheureusement sous-utilisé mais votre personnage pètera les plombs de temps à autre et sera dans l'incapacité de tirer. On redevient normal en faisant une maintenance. La maintenance permet aussi de réparer ses jambes quand elles sont cassées et de récupérer un peu de vie. Pour vraiment se refaire une santé, il faut utiliser un medikit. Quand on crève, il y a deux possibilités : soit on tombe dans le coma soit on meurt pour de bon. On tombe dans le coma quand sa vie tombe à zéro. On dispose alors d'une dizaine de résurrections pour se relever instantanément. Ce système en fera rager plus d'un car on renaît au milieu du champs de bataille et il n'est pas rare de mourir à nouveau la seconde d'après. La vraie mort intervient quand on perd tous ses "résurrecteurs", quand on tombe dans le vide ou quand on se fait griller le cyber-cerveau. Dans ce cas, on recommence le niveau au dernier point de sauvegarde avec tous ses "résurrecteurs".


Qui vole F9 vole un boeuf


On ne peut pas sauver quand on veut et on ne sait jamais vraiment quand le jeu sauvegarde ou pas. Son perso est toujours sauvegardé mais pas forcément sa progression. C'est parfois très frustrant. Jeu hardcore oblige, il n'y a aucun élément en surbrillance qui vous indique ce que vous pouvez pirater ou utiliser. Il faudra découvrir une bonne partie du jeu par vous-même. La seule concession est la présence de marqueurs pour vous indiquer où sont les objectifs. Entre deux missions de la quête principale, on vous engage fortement à faire plusieurs quêtes secondaires. Elles se passent dans les niveaux déjà visités et offrent une variété d'objectifs allant de la protection de troupes au piratage d'un bruleur à ordures. Elles rapportent beaucoup d'XP et de pognon, et sont donc indispensables pour "leveler" votre perso. Si vous avez des amis, vous pouvez faire toute la campagne solo à deux en coop et toutes les quêtes secondaires à huit là encore en coop. Vous pouvez utiliser le même personnage qu'en solo histoire de le faire "leveler" encore un peu plus.

Le jeu utilisant le moteur Source, n'hésitez pas à mettre tout à fond. Les longues années de développement ont permis à Streum On de virer la majeure partie des bugs, d'utiliser à fond le moteur de Valve et d'optimiser leur code. Comme dit plus haut, les niveaux sont immenses ce qui est surprenant pour le Source. Qui dit Source dit temps de chargement. Vous en aurez deux gros : un pour lancer le jeu et un pour charger le premier niveau ; après les niveaux se chargent assez vite.

E.Y.E : Divine Cybermancy n'est toutefois pas un jeu exempt de défauts. En plus de ceux déjà cités, on regrette que la Force Meta-Streumonique ne soit pas plus présente et manque de variété dans les ennemis qu'elle propose. On regrette aussi l'absence d'un mode Versus ou de coop compétitif. Parfois le jeu est un peu brouillon et ne sait pas trop sur quel pied danser. Le côté RPG vient surtout de la progression du personnages. Les dialogues ne sont au final pas nombreux et pas toujours transcendants. De même il n'y a pas de PNJ marquant ou attachant. Mais franchement on pardonne tout cela pour une raison toute simple : le jeu n'a pas été créé par une armée de développeurs à plein temps disposant de plusieurs millions de dollars mais par une petite équipe qui a bossé pendant son temps libre. Sans compter que le jeu n'est pas court tout en étant vendu à petit prix : comptez une vingtaine d'heures pour boucler la quête principale et pas mal de quêtes secondaires. Évidemment, ajoutez un paquet d'heures si vous voulez prolonger l'expérience en multi.



Note : Dans un souci de transparence, mentionnons que __MaX__, compositeur de la BO du jeu, travaille sur Factor en tant que programmeur. Nous vous assurons que cette critique n'a en aucun cas été influencée par cela.
E.Y.E : Divine Cybermancy fait partie d'une espèce en voie de disparition : les exclus PC qui sont bien hardcore et qui ont du lean et des couilles. Le jeu ne vous prendra pas par la main pour vous faire découvrir la richesse de son gameplay et vous pesterez plus d'une fois contre la difficulté ou le système de vie/sauvegarde. Mais une fois qu'on a assimilé les bases et ravalé sa fierté, on prend un plaisir fou à parcourir ce titre ambitieux et viscéral au feeling 90s délicieux et à la DA en béton.

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