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Darksiders

Zaza le Nounours par Zaza le Nounours,  email  @ZazaLeNounours
Darksiders est l'exemple même du jeu sorti de nulle part. Ce n'est pas une suite, il n'est pas basé sur une quelconque licence, et c'est le premier jeu du studio Vigil Games. Ca faisait plusieurs années que le studio bossait dessus, et durant tout ce temps on n'en a pratiquement pas entendu parler - sauf en fin de développement, où THQ s'est enfin décidé à lancer la grosse machine marketing, flairant que ce petit jeu avait peut-être bien quelques atouts dans sa manche.

Darksiders prend place sur Terre, de nos jours. Ça, c'est pour la base qu'on oublie bien vite avec l'arrivée sur Terre de Guerre, l'un des quatre Cavaliers de l'Apocalypse, visiblement invoqué par erreur et qui se retrouve à se fritter avec un gros démon aux ordres du Destructeur (qui porte bien son nom, puisque son but est de toute casser sur notre jolie planète), avant de se voir subitement privé de tous ses pouvoirs - et de se faire latter la tronche en conséquence. Guerre reprend connaissance au milieu du Conseil Ardent, sortes d'arbitres veillant à ce que le Royaume des Cieux et celui des Enfers entretiennent des relations de bon voisinage. Accusé d'être intervenu au milieu du conflit sans qu'on lui ait rien demandé, Guerre va devoir remettre de l'ordre dans tout ce bordel, sous la surveillance constante d'un des sbires du Conseil.





Le début de l'aventure à proprement parler nous ramène dans une ville en ruine, une bonne centaine d'années après le cataclysme. Il n'y a pas âme qui vive à part quelques zombies, et la nature reprend ses droits sur les constructions humaines. On l'a vu, Guerre a perdu tous ses pouvoirs, et les combats se feront donc dans un premier temps uniquement à l'épée. Une épée heureusement bien disproportionnée qui permettra de faire des ravages dans les rangs adverses. La prise en main est immédiate puisque les combats se limitent au début à marteler un unique bouton pour trancher dans le vif et répandre des litres de sang démoniaques. On sent immédiatement qu'on contrôle une vraie machine à tuer et la plupart des affrontements pourront se terminer par des finishing moves bien violents.

Comme dans tout bon clone de God of War, on débloquera heureusement de nouvelles armes (un énorme gantelet à faire rougir de jalousie Hellboy, une sorte de boomerang-shuriken volé à Dark Sector ou encore un bon gros pétard), qui permettront d'apporter un peu de variété. Ces armes pourront être améliorées en les utilisant, tout simplement, mais également en achetant de nouvelles attaques pour chacune d'entre elles auprès de Vulgrim, le démon marchand possédant des échoppes (ou portails de téléportation assimilés) un peu partout sur la carte du monde. Pas question toutefois d'allonger les biftons puisqu'ici, on paye en âme (bleues) récupérées en tuant ses ennemis ou en cassant des éléments du décor. Les âmes jaunes serviront elles à remplir votre jauge de Courroux (la barre de mana locale) et les âmes vertes rempliront votre barre de vie. Oui, voilà, comme dans God of War, à deux-trois variations près dans les couleurs.





Si l'on verra plus tard que Darksiders ne se contente pas d'être un bête GoW-like, les combats y jouent tout de même un rôle important, et ceux-ci sauront vous tenir en haleine, de par le nombre d'ennemis qui vous tombent sur le coin de la tête, le gabarit de certains d'entre eux, et les différents moyens de les occire : glissades, combos, pouvoirs, martelage de bouton, transformation temporaire en énorme démon : plus vous progresserez dans l'aventure, plus vous vous ferez plaisir en faisant le ménage dans les rangs adverses. On pourra peut-être juste regretter que les attaques à distance soient globalement aussi faiblardes - et encore, puisque attaquer de loin, c'est juste bon pour les lâches.

L'autre grand versant du jeu est constituée par sa partie aventure. Celle-ci se déroule sur une grande carte relativement ouverte découpées en zones bien distinctes mais qui peuvent être traversées sans jamais rencontrer le moindre temps de chargement. Toutefois, à vos débuts, vous ne pourrez pas aller où bon vous semble, certaines zones étant rendues artificiellement inaccessibles par le fait que vous n'avez pas le pouvoir ou l'équipement requis pour y accéder. Pour les récupérer, il faudra vous lancer à l'assaut de donjons au déroulement tout à fait Zelda-esque : plusieurs étages, des énigmes, des boss et demi-boss, le nouvel équipement, et même des carte et "boussole", pour finir de définitivement reprendre toutes les mécaniques de la série de Nintendo.





Heureusement, Darksiders ne se contente pas de plagier bêtement, il le fait avec intelligence puisque ces nombreux donjons sont dans l'ensemble très bien foutus, tant dans leur architecture que dans les énigmes proposées. Bien sûr, on ne fera jamais surchauffer ses neurones et on progresse toujours assez tranquillement, mais avec des énigmes qui sur la fin n'hésitent pas à gaiement s'inspirer de Portal, il y a vraiment là aussi de quoi varier les plaisirs. Sans compter que ces donjons seront également le théâtre d'affrontements épiques, notamment contre des boss parfois sacrément imposants.

On a cité God of War, Zelda ou Portal comme autant de sources d'inspirations pour Darksiders, mais le jeu de Vigil Games ne s'est pas contenté d'aller chercher des bonnes idées chez ces seules références en la matière. On trouvera ainsi une phase évoquant Panzer Dragoon, un item permettant d'alterner entre deux réalités à la manière d'un Soul Reaver (sans la déformation des décors, toutefois), le boomerang évoquant le Glaive de Dark Sector permettant de cibler plusieurs ennemis avant d'être lancé ou d'attraper des flammes pour les utiliser sur un élément du décor, et certains optimistes verront même dans ces ascenseurs où des hordes d'ennemis nous tombent littéralement dessus un hommage vibrant à Street of Rage. Sans parler bien sûr de Ruine, le cheval qui nous entrainera dans de longues chevauchées et affrontements bien épiques, sabre au clair, prêt à trancher tout ce qui se trouve sur notre passage. Et là où on pouvait s'attendre à tomber sur un gloubiboulga complètement impersonnel et transpirant le déjà-joué par tous ses pores, on se retrouve finalement devant un titre mélangeant avec brio tous ces éléments qui ont certes été pour la plupart tous empruntés à droite à gauche, mais qui s'imbriquent parfaitement pour former un tout cohérent.





La réalisation du jeu n'est pas étrangère à la cohérence de l'ensemble. Là encore, on trouvera que le design peut faire penser à du Blizzard, WoW en tête, avec des personnages au style finalement très cartoon contrastant avec l'univers post-apo-mythologique assez sombre et la violence des affrontements. Cartoon, ou plutôt comics, puisque l'homme derrière le design de Darksiders n'est autre que Joe Madureira, ancien dessinateur chez Marvel. Techniquement le jeu est plutôt propre, les environnements sont souvent assez gigantesques, les personnages bougent bien, et on l'a dit, vous ne verrez pas le moindre temps de chargement une fois la partie lancée. Il faudra toutefois faire avec quelques petits écarts techniques, notamment un framerate pas toujours au mieux de sa forme, de fréquents soucis de tearing, heureusement corrigés par un patch il y a peu, ou encore une caméra pas toujours prompte à se placer où il faut, sans toutefois que cela porte vraiment préjudice durant les combats ou les phases de plateforme. La partie sonore n'est pas en reste, les bruitages comme les musiques finiront de donner un petit aspect vraiment grandiose à l'ensemble, tout comme les voix des divers protagonistes - à condition bien sûr de passer votre console en anglais pour éviter les voix françaises parfois dignes d'un doublage de dessin-animé japonais des années 80.

En toute honnêteté, personne n'attendait vraiment ce Darksiders. C'est donc un plaisir encore plus grand de découvrir avec ce jeu une vraie bonne surprise comme on n'en avait pas vue depuis longtemps, maitrisée sur tous les points : une réalisation solide soutenant un design accrocheur et un univers original, et un gameplay allant repiquer ses idées chez un certain nombre de titres ayant chacun fait ses preuves dans son domaine : du God of War pour les combats et du Zelda pour la progression de l'aventure, pour ne citer que les plus importants, on a vu pire comme sources d'inspirations. Le jeu a en plus la bonne idée de vous tenir en haleine pendant au moins une bonne quinzaine d'heures, et même plus si vous voulez récupérer tous les innombrables trésors planqués sur la carte du monde. Une vraie bonne surprise donc, et un indispensable pour tous les amateurs de jeux d'aventure-action bien burnés.
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