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Darksiders Genesis

Rozzo par Rozzo,  email
Développeur / Editeur : Airship Syndicate THQ Nordic
Supports : PC / Xbox One / PS4 / Switch / Stadia
Après être passée par le Zelda-Like, avoir lorgné du côté du hack’n’slash, et tenté d’attaquer Dark Souls sur ses propres terres, Darksiders est une série dont on ne peut que saluer la capacité à se renouveler à chaque itération. On était curieux de voir ce qu’avait dans la panse le petit dernier lorsqu'on l'avait vu à l'EGX cette année. Mine de rien, c’est tout cet héritage qu’essaie tant bien que mal d’honorer Darksiders Genesis.

Théories de l’Effondrement

Petite précision qu’on va charger comme un fusil de Chekov avant d’engager les hostilités: on ne pose pas nos griffes sur un opus canonique mais plutôt un spin-off de la saga, cette fois développé par Airship Syndicate, qui avait auparavant oeuvré sur BattleChasers : Nightwar, toujours avec Joe Maduiera aux commandes. Cette information aura son importance. 

Le premier Darksiders avait surpris son petit monde en 2010 notamment grâce à la manière dont il avait réussi à mélanger la fantasy et un setting contemporain. La patte de Madueira y était pour beaucoup. Pour rappel, on y incarnait l’un des quatre Cavaliers de l’Apocalypse, le plus bourrins d’entre tous : Guerre. Très vite, Monsieur était accusé par un tribunal mystique d’un crime qu’il n’avait pas commis: celui d’avoir lancé l’Apocalypse sur Terre. Darksiders Genesis, comme son nom l’indique prend place avant le premier opus et notre petit Guerre est de nouveau de la partie. Pour apporter du sang neuf, on y découvre notamment Discorde, dernier cavalier de l’Apocalypse à n’avoir pas encore été présenté, depuis l’intronisation de Mort dans DS2 et de Furie dans DS3. Et… Il rend un peu confus.

C’est un peu comme si le side-kick «badass qui passe son temps à être ironique et qui s’en fout » se retrouvait catapulté au premier rôle. D’un côté on trouve son côté à la blagueur assez plaisant. De l’autre on se demande comment un cavalier de l’Apocalypse peut se comporter de manière aussi immature. On se retrouve donc à diriger Guerre et un petit rigolo pendant toute l’aventure. 



Bref, nous voilà donc devant un jeu d’action en vue isométrique jouable aussi bien en solo qu’en coop qui reprend beaucoup, beaucoup des mécaniques des précédents opus. Pas de monde ouvert à l’horizon, mais une série de missions cloisonnées avec des objectifs, des portes à ouvrir, des zones à nettoyer, des boss à exploser. Grosso-modo, Guerre est l’expert du corps à corps, le costaud qui tranche dans le bestiaire comme dans du beurre. Discorde, avec ses pistolets (qu’il utilise en akimbo, parce que c’est badass), bourrine à distance. En solo, on peut changer de personnage à la volée. Mais on ne va pas se mentir, comme une entrée en boîte de nuit, ça passe mieux lorsqu’on est accompagné : en coop, chacun contrôle l’un des Cavaliers, et la difficulté ainsi que les énigmes s’adaptent. Le tout dans une série de niveaux qui sont fort agréables à l’oeil pour ceux qui adhèrent à la direction artistique gros sabots et angles serrés de la saga. 

Les images du jeu et surtout sa vue laissaient penser à un hack’n’slash dans l’univers de Darksiders. Il n’en est rien : Pas d’équipement à récupérer, pas de pluie de chiffres pour satisfaire le grosbill qui dort en chacun de nous. Le jeu ressemble beaucoup à un Darksiders vu du dessus. On retrouve le gameplay classique de la licence, qui alterne entre phases de combats et phases de plateforme. 

Coups du Destin

Les phases de combats sont la vraie réussite du jeu, Guerre et Discorde mettent de sacrées mandales et s’autorisent des jolis finish moves. L’interface est assez confuse au début, mais une fois qu’on a pris le pli, on s’amuse bien. La caméra, lorsque l’on joue en ligne (chacun son écran, l’option confort), est toujours suffisamment éloignée pour que l’action reste lisible. On peut acheter auprès de certains PNJs (coucou Vulgrim !) des améliorations de vie, mais aussi de nouveaux combos pour dynamiser un peu la castagne. Rien que du très classique pour qui connaît la licence, mais du classique réussi. Certains moments qui partent en shoot’em’up donnent une petite saveur au titre. 

Les phases de plateforme sont moins réussies. Le jeu reprend tous les mouvements de la licence : On saute, on plane, on s’accroche à des rebords, on se cramponne à des piliers. Enfin ça, c’est sur le papier. En application, on s’emmêle vite les pinceaux entre les différents mouvements, et l’axe de la caméra donne une appréciation des distances médiocres. On peste devant ces distances en trompe l’oeil, ces planages qui se ratent à deux centimètres du rebord.



Devant ce mélange qui donne au jeu des airs de « Darksiders de poche », on reste un peu circonspect. D’un côté, l’équilibre fonctionne, mais d’un autre on peine à s’immerger pleinement dans le titre. Le scénario est cousu de fil blanc, les dialogues tombent souvent à plat. On retrouve les têtes connues de la série, auxquelles on obéit comme si c’était eux, les Cavaliers de l’Apocalypse et nous les péons, ce qui est un peu gonflant.

Mais surtout, la boucle de gameplay peine à maintenir l’interêt du joueur sur la durée. Certes, on récupère des équipements qui nous permettent de débloquer de nouveaux accès, de nouveaux coffres. ; on récupère aussi des « coeurs » de monstres que l’on peut équiper pour améliorer notre personnage. Mais toutes ces mécaniques n’offrent ni la profondeur, ni la diversité suffisante pour garder l’ennui à une distance raisonnable.

Darksiders Genesis, c’est le petit dernier qui essaie de faire tout comme ses grands frères et soeurs. Là où la série a toujours réussi à se renouveler à chaque épisode, celui-ci ressemble à un pot-pourri des concepts chers à la franchise. C’est dommage, car au final on peine à trouver une vraie identité au titre.

Mais si vous aimez la franchise, où que vous voulez faire un jeu sans prise de tête avec un ami, c’est un titre honnête. L’annonce d’une sortie prochaine sur Switch début 2020 prends tout son sens : Par courtes sessions avec des amis, c’est peut-être là que le jeu trouvera son public.
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