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Clock Tower 3

snoopers par snoopers,  email
Créé par l’équipe à l’origine de Resident Evil et de Onimusha, « La Tour de l’Horloge 3 » reprend le flambeau d’une série tombée dans l’oubli après deux épisodes parus sur PSX. Ces derniers proposaient une alternative plutôt intéressante à la vague de survival-horrors qui florissaient alors, axant davantage le gameplay sur la dissimulation plutôt que sur l’abattage de zombies. Mais de l’eau a coulé sous les ponts et le genre, aujourd’hui complètement saturé et porté aux cimes par des jeux comme Silent Hill, peine à se renouveler. Clock Tower 3 sera-t-il le messie d’une catégorie de jeux en péril, ou l’entraînera-t-il dans les profondeurs abyssales de la médiocrité vers laquelle elle semble inéluctablement promise ?

Raymonde Sans-Famille


Alyssa est bouleversée : la lettre qu’elle vient de recevoir de sa mère lui apprenant une terrible nouvelle, ni une ni deux, la petite nymphette en jupe plissée s’enfuit de son pensionnat pour retrouver sa famille (ou ce qu’il en reste), logée dans une immense baraque inquiétante que ne renierait pas Norman Bates. Mais une fois sur les lieux, c’est une toute autre rencontre qu’elle fait : dans la grande maison vide, un bonhomme inquiétant agrippé à sa cane lui explique que sa mère indigne vient de prendre la poudre d’escampette… La narration s’arrête ici et laisse enfin au joueur le plaisir de manipuler comme bon lui semble la pauvre petite écolière. Première remarque : Alyssa rampe, et de fort belle manière. Quel plaisir de la voir se traîner lascivement au sol, sa jupe ondulant au gré de ses mouvements… bref. Passé cette extraordinaire découverte, il est grand temps de faire le tour du propriétaire, ce qui permet de se rendre compte du fonctionnement de Clock Tower 3. Le jeu se présente pour ainsi dire comme une sorte de mix entre Silent Hill, pour les décors en 3D temps réel (de toute beauté, je dois dire) et de Resident Evil, pour les angles fixes. Quant à la jouabilité, c’est un peu entre les deux : elle est à fois lourde et imprécise... A noter que l’habituelle barre de vie est ici troquée contre une barre d’angoisse, mesurant la peur de notre héroïne. Passé cela, l’exploration de ce manoir sinistre à la recherche d’indices est somme toute chose aisée, étant donné qu’Alyssa juge bon de déclarer devant une porte sur deux « qu’il n’y a rien d’intéressant ici ». La curiosité personnifiée... Le temps de débloquer une porte envoûtée à l’aide d’une fiole d’eau bénite, nous voilà enfin dans la chambre de l’adolescente. Et soudain, patatras, tout bascule !



Le Facteur de la Peur 2


Le fracas des explosions et le sifflement des avions de chasse fendant les airs, les gerbes de feu s’échappant des poubelles renversées et le hurlement lointain des sirènes ne trompent pas : c’est la guerre. Littéralement catapultée en 1944 on ne sait comment, Alyssa semble au moins aussi étonnée que le joueur par ce changement d’ambiance aussi radical que surprenant. La ville déserte est déchirée par les ravages des affrontements, et le tout dégage une ambiance de mort plutôt malsaine. Errant dans les rues telle une âme en peine, Alyssa finit par trouver refuge dans un ancien atelier de couture… Et tout à coup surgit un monstre effroyable, monstrueusement abominable, le genre d’horreur qui provoque une peur indicible à la simple évocation de son nom : un gros lard en bleu de travail avec un marteau géant dans la main et une… serpillière sur la tête. Voilà voilà. Oh, et j’oubliais, il pousse sans cesse d’étranges petits cris, qui tiennent plus de l’orgasme ou de l’éructation intestinale que du hurlement sanguinaire. Enfin bon, on se moque, mais en attendant le type a quand même l’air un peu menaçant avec son marteau géant. Et c’est là que, coup de génie des développeurs, il devient possible de se cacher partout ! Enfin, quand je dis partout, j’exagère un tantinet. Les lieux de dissimulations sont en effet plutôt restreints puisque les quelques cachettes disponibles sont prévues à l’avance par les développeurs, et désignées par d’énormes points bleus. Au moins on ne risque pas de se perde. L’autre point intéressant (si j’ose dire) du gameplay à faire son apparition est le facteur de la peur (non, ce n’est pas un titre de film d’horreur pourri). En effet, quand elle se sent « en danger », Alyssa se met à flipper comme une pucelle et perd totalement le contrôle de ses sens : elle devient hystérique. A l’écran, ça se traduit par une pauvre jeune fille dépravée qui court dans tous les sens et trébuche tous les deux mètres. A noter également que l’image se trouble et que les actions sont impossibles, et ce jusqu’à ce que la petite sotte se calme un peu. Au final, il faut avouer que le spectacle d’une écolière complètement bourrée qui se prend tous les murs poursuivie par un type avec un torchon sur la tête qui lâche des petits gémissements à de quoi faire sourire. C’est déjà ça de pris.



Serpillière-Man Versus Alyssakura


Cet aspect plutôt burlesque des situations anéantit évidemment toute forme de tension ou d’angoisse, ce qui pose plutôt problème pour un survival-horror, surtout qu’a côté de ça, le jeu se révèle de facture très classique. Les énigmes, pour la plupart ridicules, se présentent généralement sous la forme de clés à trouver pour ouvrir une porte qui donne accès un tiroir ou l’on trouvera une clé permettant d’ouvrir une boite à outil renfermant une pince avec laquelle on pourra découper le fil de fer barbelé qui bloquait la porte donnant accès à une armoire qui cache une clé… et ainsi de suite pendant tout le jeu. Rien de bien passionnant en somme, surtout que chaque objet important apparaît à l’écran comme une étincelle géante, ce qui, vous me direz, facilite grandement la recherche. En fait, ce qui trouble le plus, c’est que malgré des situations et des lieux à première vue assez propices à la flippe, le jeu accumule tellement de clichés et d’énormités qu’on finit généralement plié en deux de rire. Les doublages sont ridicules, certaines scènes ou rencontres dans le manoir évoquent plus une sitcom de seconde zone qu’un film d’horreur, et le jeu se montre constamment invraisemblable. Par exemple, alors que l’on se remet à peine du choc provoqué par le catapultage en pleine seconde guerre mondiale, le jeu en remet une couche de fort belle manière : Alyssa se voit remettre par les cieux un arc enchanté dans une cinématique totalement pompée sur Sakura, et nous voilà en plein combat de Boss à tirer des flèches magiques sur Serpillière-Man, avec barres de vies et coups spéciaux à l’appuis. Autant dire tout de suite que le premier mot qui vient à l’esprit face à de tels délires est : ridicule.

En bref, Clock Tower 3 est un jeu absolument raté, et qui laisse au final une impression générale de gâchis. Le concept de la dissimulation, du ménagement de sa peur, et d’autres choses encore comme des fantômes à qui on apporte des objets jadis importants pour eux pour les libérer, tout cela auraient pu faire une excellente alternative aux ténors que sont Silent Hill et Resident Evil, mais l’équipe de développement a semble t-il un peu trop abusé de la bibine en codant le jeu… Vraiment dommage, surtout que les graphismes et les animations sont de grande qualité et tutoient les plus beaux jeux de la machine, de même que les cinématiques qui entrecoupent régulièrement l’histoire, seuls instants de réelle tension du jeu. Mais cela ne suffit pas, et c’est donc sans remords que je vous le dis : si jamais vous vous sentez inexplicablement attirés par la boîte du jeu en magasin, FUYEZ !

Jeu tantôt hilarant tantôt soporifique, Clock Tower 3 peut se targuer d’être tout à fait unique en son genre : jamais survival-horror ne m’aura autant plié en deux, vraiment. Mais même pour les amateurs de nanars, le soft devient vite une vraie torture. Les énigmes sont d’une débilité et d’une nullité effarantes, et les gémissements continus de l’homme à la serpillière sur fond de musique classique achèveront de dégoûter les plus courageux. Vraiment dommage, parce qu’Alyssa rampe vraiment admirablement bien…

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