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Children of Morta : a travel family party

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
Développeur / Editeur : 11 bit studios Dead Mage
Supports : PC / Mac / Xbox One / PS4 / Switch
Il est bon parfois d'en appeler aux bonnes vieilles valeurs ancestrales. Quoi de mieux qu'un petit dîner en famille pour ressouder les liens qui nous unissent à nos proches ? Et pour digérer, on pourrait tout simplement tous descendre à la cave et dégommer joyeusement les monstres qui y vivent. C'est le programme de Children of Morta, un jeu qui se cache derrière son pixel art mignon comme tout et ses bons sentiments pour proposer des combats à la fois bien bourrins et très accessibles.
Ça ne sera pas très agréable, mais on va commencer par remonter des bretelles et débuter cet article par une petite mise au point : non, Children of Morta n'est pas un rogue-like. Alors bien sûr, vous pouvez toujours répondre que les équipes de Dead Mage, les développeurs eux-mêmes, le présentaient un peu de cette façon sur la page de leur Kickstarter. Enfin ils assuraient aussi que le jeu sortirait en octobre 2015 et qu'il aurait droit à une version WiiU... Bref, c'est comme ça, il faut arrêter de croire tout ce qu'on nous raconte sur les sites de financement participatif, Children of Morta est un hack'n slash pur jus qui ne cache même pas ses nombreux emprunts à la série des Diablo. Est-ce à dire qu'il manque d'originalité ? Loin de là, mais on a justement tout un article pour voir ensemble ce qui le différencie du lot. Vous tenez vraiment à l'affubler d'un genre un peu plus exotique ? Vous n'avez qu'à dire qu'il s'agit d'un walking sim porté sur l'introspection familiale façon What Remains of Edith Finch parce qu'en effet on y marche beaucoup et qu'on y incarne différents membres d'une même famille...

Aux six de Morta

Le petit clan en question, ce sont les Bergson, les fiers descendants d'une lignée de défenseurs de la Morta, montagne sacrée qui a tout récemment perdu de son charme. En effet, les gentilles bestioles et la flore verdoyante ont laissé la place à une ribambelle de monstres tous plus dangereux les uns que les autres et à une corruption dont la nocivité est attestée par de violentes teintes violines. Pas besoin d'un doctorat en sciences occultes pour le comprendre : ça craint. Heureusement, les Bergson n'ont pas dit leur dernier mot, il se trouve que sous leur très jolie demeure familiale se cache une cave un peu particulière : celle-ci comporte trois portails vers des donjons encore plus dangereux que la campagne environnante. Et dans ces donjons, il y a trois divinités qui sont retenues prisonnières et qui n'attendent que vos bons soins pour vous aider à mettre fin à cette situation pré-apocalyptique. Vu que vous êtes des petits malins, vous avez déjà compris à peu près à quoi va ressembler la boucle de gameplay : descendre dans les donjons, péter du monstre, engranger de l'expérience et du fric, revenir à la maison et débloquer des améliorations, redescendre péter du monstre...



Là je sens bien que vous ne voyez pas trop en quoi la formule diffère de ce qu'on a déjà vu mille fois. On va y venir, mais d'abord il faut dire un petit mot de l'emballage : on a vu défiler pas mal de jeux en pixel art ces dernières années, réalisés avec plus ou moins de talent d'ailleurs, mais rares sont ceux qui ont atteint un tel niveau de maîtrise. Bien sûr, c'est un peu plus voyant sur les intérieurs ultra détaillés de la maison que dans un désert, mais globalement les décors sont tous sublimes. L'ambiance est aussi assurée par un sound design de qualité qui mêle de chouettes effets sonores, des musiques simples mais efficaces et une voix off assez hypnotique en guise de narrateur. Oui, car il y a une histoire à raconter, et c'est justement l'un des atouts de ce Children of Morta : certes, il s'agit de traverser des donjons générés de façon semi-aléatoire, mais on y croise toujours des salles un peu particulières avec des événements ou des rencontres qui vont faire avancer un petit bout de l'intrigue une fois de retour à la maison. Et ça fonctionne bien, le scénario est peut-être cousu de fil blanc et repose sur des éléments un brin stéréotypés, mais il parvient bien à nous rendre cette famille sympathique. Des larmes, de la joie et des gros câlins, c'est une recette qui fait son petit effet et qui ne devrait pas vous laisser indifférent.

Family grind

Cette progression scénarisée va servir d'excuse pour débloquer petit à petit les six personnages jouables, autant d'archétypes ou de façons de jouer différentes allant du père de famille porté sur la protection au cousin brut de décoffrage avec son gros marteau ou la gamine pyromancienne plutôt espiègle. Il y en a pour tous les goûts : deux persos sont plutôt axés sur l'attaque à distance, certains vont privilégier la rapidité, d'autres les gros dégâts... Hack'n slash oblige, le nerf de la guerre est souvent le contrôle de foule et chaque type aura justement sa petite astuce pour ne pas se laisser submerger. La progression se fait sur deux axes : un arbre de compétences propre à chaque membre de la famille qui est directement lié à l'expérience accumulée par ce dernier, et des améliorations communes qui peuvent s'acheter contre des espèces sonnantes et trébuchantes une fois de retour à la maison. Les arbres de compétences en eux-mêmes ne sont pas très fournis et limitent apparemment les possibilités de personnalisation des builds. Toutefois, lorsqu'on est dans un donjon, on va mettre la main sur des runes, des pouvoirs et des buffs qui vont changer du tout au tout nos capacités. C'est ce qui fait qu'une run sera toujours différente d'une autre (et c'est sans doute cet aspect-là qui est assimilé à un rogue-lite par certains...). Le résultat c'est qu'on ne sombre jamais tout à fait dans la monotonie et que le plaisir de jeu est toujours renouvelé.



Il faut ajouter un petit mot à propos de ces fameux arbres de compétences : ils fonctionnent par paliers successifs et à chacun de ces paliers on va débloquer des compétences passives non seulement pour le personnage en question mais aussi pour tous les membres de la famille. De cette manière, le jeu vous pousse à faire monter de niveau un peu tout le monde. D'ailleurs, à trop utiliser un personnage, vous allez le fatiguer et il va se prendre des malus de santé dans la figure, donc autant varier les plaisirs. Tout ça pour dire que si le jeu est sans doute faisable en une petite quinzaine d'heures si on se focus sur un seul perso, il faut plutôt en compter une bonne grosse vingtaine si jamais vous êtes du genre un peu curieux et si vous avez envie de tester les différentes approches. Enfin, ça c'est sur le papier, car vous pourrez aussi tomber dans une triste troisième catégorie, ceux qui voient systématiquement leur partie crasher sur PC après avoir battu un boss en particulier. On va essayer de rester optimiste, ce bug est connu, largement relayé et finira sans doute par être patché, mais en attendant certains joueurs, dont votre humble serviteur, se retrouvent coincés et dans l'interdiction de voir la fin de cette belle aventure. C'est bien dommage mais de toute façon les développeurs de Dead Mage n'ont pas prévu d'abandonner leur bébé puisqu'ils taffent aussi sur un mode coop en ligne (pour l'instant c'est seulement en local), on vous conseillera toutefois d'attendre encore quelques jours que ces tracas soient résolus pour craquer à votre tour.



Edit du 9 septembre : Le jeu est désormais généreusement patché et vous pouvez donc en profiter sans trop risquer le crash intempestif de votre partie. D'ailleurs, tant que vous êtes là, profitez-en pour jeter un oeil au long let's play que lui a consacré l'ami Feed :

Il est beau, il est fun, il est accessible, mais il était encore un peu cassé sur PC à sa sortie : Children of Morta sera sans doute le hack'n slash incontournable de cette rentrée et, maintenant qu'il est patché, vous n'avez plus d'excuse pour reculer votre plongée dans cette belle aventure bestiale et familiale.
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