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TEST

Call Of The Sea

Frostis Advance par Frostis Advance,  email  @FrostisAdvance
Développeur / Editeur : Raw Fury Out of the Blue
Supports : PC / Xbox One / Xbox Series X
Pas aussi fin connaisseur que mes collègues pour les Point'n Click et autres puzzle-aventure, j’ai tout de même un gros affect pour ce type de jeux, surtout lorsque l’histoire se déroule sur une île paradisiaque agrémentée de trucs un peu mystiques sur les bords. Alors quand on m’a proposé Call of the Sea, j’ai tout de suite sauté dans le premier bateau de la hype.

Call of Lovecraft

Dévoilé dans un Inside Xbox en mai 2020, Call of the Sea m’a fait forte impression lors de sa bande-annonce. Premier jeu du studio indépendant Out of the Blue basé à Madrid et édité par Raw Fury, qui décidément commence à proposer un paquet d’excellents titres, Call of the Sea plante son décor dès les premières minutes, laissant l’ambiance faire le reste.
 
Seule dans sa cabine sur un paquebot en plein océan Pacifique, on découvre Norah, une jeune femme partie à la recherche de son mari, Harry Everhart, professeur à l’université de Denver. Suite à la réception d’un paquet contenant un étrange couteau rituel et une photo de son époux, avec au dos une indication précisant qu’il se trouve sur une île non loin de Tahiti, elle s’est dit qu’elle n’avait pas le choix de tenter sa chance, surtout que le temps presse. Harry n’est pas parti pour des vacances, mais plutôt pour trouver un remède à la mystérieuse maladie de sa femme, qui a aussi emporté son grand-père et sa mère. Cela fait déjà presque un an qu’il est parti en expédition et Norah n’a plus de nouvelle de lui depuis juin 1934.



Ni une ni deux, elle prend quelques affaires et la voilà partie à l’aventure, débarquant seule sur cette île, puisque personne d’autres n’a souhaité l’accompagner. Les premiers pas dans cette jungle mènent Norah à un village abandonné, où elle découvrira assez rapidement que son mari était accompagné de plusieurs personnes venant de milieux différents. Mais tous ont rapidement compris que sur cette île, tout n’est pas totalement normal. Le mystère prend forme, et l’aventure débute véritablement.
 
Je laisse évidemment un voile tout aussi mystérieux, afin de ne pas divulgâcher le plaisir de la découverte, mais sachez que Call of the Sea empreinte un chemin simple et efficace, comme un bon Indiana Jones, tout en lorgnant sans trop s’en cacher sur les œuvres d’H.P Lovecraft, les tentacules en moins. Il sera donc question de civilisation ancienne, d’une forêt luxuriante, de temple caché au cœur d’une montagne, d’une sorte de liquide noir possédant quelques pouvoirs, d’idéogrammes et surtout, d’une grosse part de mysticisme. 

Norah aux fraises

N’y allons pas par 4 chemins, Call of the Sea dispose d’un atout de taille avec sa direction artistique. Si vous aimez vous balader en pleine nature, avec des couleurs qui pètent les yeux, des palmiers, de l’eau cristalline, du sable fin doré par le soleil, des jolis éclairages et tout ce qui fait le charme d’une île déserte, vous allez être servi. D’autant qu’ici, pas de vue en plan fixe dans lequel on déplace son personnage comme dans The Secret of Monkey Island, puisqu’Out of the Blue a opté pour une vue à la première personne, ce qui a le mérite de nous plonger véritablement dans le corps de Norah, un peu comme son lointain cousin Firewatch.

D’ailleurs, il ne s’inspire pas uniquement de cela du titre de Campo Santo, puisque l’on retrouve aussi la voix de Cissy Jones pour doubler Norah, qui est aussi la narratrice de cette aventure, celle qui nous guidera à voix haute ou dans ses pensées. Un choix plus que parfait, puisque l’actrice à un long CV et quelques récompenses, dont un BAFTA Games Awards gagné en 2017 pour sur sa performance de jeu pour Delilah dans Firewatch. Le tout étant aidé par une bande son qui sait se faire petite, pour laisser les bruits environnants prendre un peu plus de place.


 
Mais si Call of the Sea propose effectivement des décors paradisiaques et une assez bonne variété de lieux, allant de la plage à la jungle, en passant par un navire échoué en pleine tempête et des temples anciens, il est important de faire un point sur les performances globales du titre. Disponible sur PC, sur abonnement Xbox Game Pass dès sa sortie, Xbox Series S|X et Xbox One, c’est sur cette dernière que j’ai effectué mon test. Et je ne parle pas du modèle S ou X, non, mais bien de la première génération, celle ressemblant à un magnétoscope. Et là, c’est le drame. Certes, le jeu tire son épingle avec sa direction artistique, mais l’optimisation est aux fraises.
 
Globalement, la Xbox One a bien du mal à afficher correctement les liquides de ce jeu, ce qui fait que l’on se retrouve avec une eau souvent trop brillante, tirant plus sur le blanc lessive que sur le bleu paradisiaque. Les éclairages sont aussi assez mal gérés, changeant d’ambiance lumineuse presque trop radicalement sur certains lieux. Il n’est pas rare de passer d’une teinte orangée par le soleil couchant à un bleu intense en avançant de quelques pas, sans que l’on sache trop pourquoi. J’ai aussi noté beaucoup d’éléments de décors qui apparaissent / disparaissent ici et là, ou des textures absoluement moches, alors que la distance d’affichage n’est pourtant pas bien grande vu la taille des aires de jeu. Enfin, de légères baisses de framerates entachent un peu le voyage, même dans des lieux pourtant assez fermés.

On sent clairement que les développeurs ont voulu faire de leur mieux sur l’esthétique, tout en sortant leur titre sur de nombreux supports, mais il aurait peut-être été préférable de se concentrer sur les Xbox Series et le PC. Fort heureusement, rien n’est bloquant pour jouer, mais force est de constater que pour un jeu qui n’affiche pourtant rien de fou à l’écran, le résultat sur les Xbox One n’est pas vraiment satisfaisant. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai positionné uniquement des captures d'écrans provenant de la version PC dans ce test. 



Pour le fun, voici deux captures de la version Xbox One. Cela ne vous spoilera rien de plus que la bande annonce, mais il faut bien l'avouer, les éclairages et les textures n'ont rien à voir. Néanmoins, et chose assez bizarre, tout le jeu est en dent de scie. Parfois très joli et d'autres fois, nous avons des couleurs totalement flinguées et des effets de lumières qui ne vont pas. Pour l'exemple, la première capture est un petit village correspondant à la photo juste au dessus, tandis que la seconde image provient d'un des chemins au début du premier chapitre : jungle fluo et eau blanche, on a déjà vu mieux. 



Ce triangle, dans ce carré ?!

Heureusement, Call of the Sea se rattrape très rapidement par ce qu’il propose. Loin des immenses open worlds de certains titres, cette petite île se découpe en quelques chapitres, avec quasiment toujours la même construction : une série de plusieurs petites énigmes, dévoilant une bien plus grosse, sorte de boss de fin de niveau. C’est très plaisant à jouer et il faudra donc fouiller toutes les cabanes et camps de fortune, afin de trouver des indices. Et ne comptez pas sur des capacités spéciales de Norah, elle n’en a pas ! Il faudra ouvrir grands les yeux et tenter de s’approprier un peu tout ce que l’on trouve, mais dans l'espace que propose le chapitre. Il n'y a donc pas d'allers-retours pénibles, un excellent point.
 
Et ce que l’on déniche le plus souvent, ce sont des photos, posées un peu partout. De lourdes photos, parce que même si le vent fait rage, elles ne bougent pas. Encore un détail qui n’aide pas dans l’immersion, mais on s’y fait aussi assez rapidement, puisque Norah aura toujours un mot à placer lors de ces découvertes. Cela ne fera pas avancer l’histoire pour autant, mais agrandira un peu le spectre du scénario. On y trouve tout le classicisme de ce genre d’histoire, mais c’est aussi ça que l’on veut. C’est très cool à suivre, même si parfois, le récit se perd tout seul, avec une Norah oubliant presque ce pour quoi elle est venue : retrouver son mari. Mais tout s’explique, ne vous inquiétez pas.



Pour ne pas nous perdre dans les pensées de Norah et avancer dans notre quête, de nombreuses énigmes sont placées ici et là. Parfois, il faudra tout simplement trouver quelques indices à remettre dans un ordre précis afin de faire baisser un pont ou une ouvrir une porte cachée. Il est aussi intéressant de se rendre compte que les énigmes sont souvent liées, ce qui permet de se balader dans la zone du chapitre en se disant « ok, il faut que je trouve le moyen de remettre de l’électricité pour ce bidule, du coup, cherchons où va ce câble… ». Ce n’est souvent pas très compliqué, mais c’est toujours assez grisant de faire refonctionner de vieux mécanismes qui semblent ici depuis des siècles, juste en jouant à un jeu musical. 

Cependant, j’ai eu pour ma part ma dose de frustration, parce que mon cerveau n’avait pas envie de comprendre ces foutus idéogrammes. J’ai été par deux fois totalement bloqué, tournant en rond comme un animal en cage. Le pire étant de trouver la solution sans être certain d’avoir bien compris. Mais, tout cela est presque plus normal que les quelques devinettes mal intégrées dans l’environnement. Par exemple, je n’arrive pas à comprendre comment on peut construire une machine produisant de l’électricité, tout en y intégrant des énigmes à l’intérieur. Comme si cela était logique et qu’en cas de panne, personne ne se poserait la question de la présence d’une énigme avant de pouvoir réparer sa propre machine.  


 
Fort heureusement, Norah prend l’habitude de noter tout ce qu’elle voit ou apprend dans son petit carnet, à base de textes (très pratique pour un résumé de l’histoire) ou de petits dessins pour nous aider dans les résolutions des problèmes. Un petit carnet qui se remplira en 6 ou 7h, voir bien plus si vous butez sur quelques énigmes. Un jeu court donc, mais qui propose une certaine rejouabilité, avec des petits objets à dénicher dans les niveaux, un pourcentage de réussite, et même deux fins possibles.
Même si j’ai ragé assez fortement sur quelques passages parce que mon cerveau n’avait pas envie de comprendre, et même si ma Xbox One a bien du mal à afficher proprement le jeu qui n’a pourtant rien de révolutionnaire techniquement, Call of the Sea est une très belle aventure. Une excellente entrée en matière, dépaysante et colorée, avant d’attaquer le reste de la famille des Point’n Click !
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