Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
PREVIEW

Carrier Command

Skizomeuh par Skizomeuh,  email  @Skizomeuh
 
De plus en plus de studios semblent avoir compris que sortir de (très) vieilles licences cultes du formol n’a de sens que si c’est pour réactualiser intelligemment le concept, principalement graphiquement et ergonomiquement, et surtout sans dénaturer les fondements principaux du gamedesign originel.

Et c’est typiquement ce que s’est fixé comme objectif Bohemia Interactive pour son Carrier Command: Gaea Mission, pour le plus grand plaisir des fans de l’original sorti il y a 24 ans, dont ils font partie, et de votre serviteur qui fera d’une pierre, deux coups en expliquant le concept du jeu aux profanes et en recensant les changements apportés par Bohemia aux vieux briscards initiés.

Carrier Command: Gaea Mission ne sortira qu’en septembre prochain mais il est d’ores et déjà disponible en précommande sur le site du développeur. Une précommande qui donne accès à une alpha plutôt avancée du jeu et que nous avons donc pu tester...

Remake du jeu culte sorti en 1988 sur à peu près tous les ordinateurs du moment, Carrier Command est un jeu de stratégie en temps réel plaçant le joueur aux commandes d’un porte-avions futuriste dont le but est de coloniser un archipel sur une planète lointaine. Manque de bol un porte-avions ennemi a décidé d’en faire de même, et la seule issue sera de (re)conquérir un maximum d’îles avant lui et de le faire couler.

24 ans de plus et pas une ride !



Pour se faire, le porte-avions dispose de tout un arsenal semi-automatisé à la fois sur le pont, une série de canons disséminés aux angles stratégiques du bâtiment, et dans les soutes : le Manta, un drone volant qui servira à la reconnaissance et à l’attaque, et le Walrus, un char amphibie qui servira de force de frappe et d’outil pour conquérir et/ou réparer les éléments de base sur les îles. Guerre futuriste oblige, ces véhicules ne sont pas pourvus de pilotes mais d’une IA, que vous téléguiderez par ondes radio.

Vous disposez ainsi de 4 appareils de chaque type, déployables simultanément sur le terrain, et contrôlables à distance tant qu’ils restent à portée de vos radars. Dans votre cargo vous disposerez du nécessaire pour les équiper en armes, munitions et outils en fonction de votre stratégie.

Même si le gros de votre travail sera d’indiquer les trajectoires à vos véhicules et donner des ordres simples depuis la carte stratégique, vous pourrez à tout moment passer dans la vue cockpit de n’importe quelle unité et en prendre le contrôle pour suppléer l’IA. De même, les tourelles du bateau s’activeront à la moindre menace mais pourront aussi être manipulées par vos soins. Vous pouvez également piloter le bateau si ça vous chante.

Le principe général sera donc à peu de chose près de partir en reconnaissance sur une île, amoindrir ses défenses, pour pouvoir détruire ou pirater le QG de l’île et ainsi en prendre possession. Évidemment chaque île propose un challenge différent en fonction de tout un tas de critères sur lesquels nous reviendrons plus bas.


Voilà pour la stratégie locale de Carrier Command, mais le jeu ne s’arrête pas là. La dimension globale est à prendre également en compte : vos ressources, que ce soit en appareils, matériel ou carburant pour votre porte-avions, ne sont pas illimitées et il faudra faire appel au système de production de votre réseau d’îles pour fabriquer ce dont vous avez besoin. Chaque île capturée venant étendre votre défense et vos capacités de production en étant convertie selon vos désirs en zone défensive, en zone de récolte de minerais, ou en zone de fabrication.

Ajoutons que la capture/reconstruction d'un QG, la production de matériels, leur acheminement par barge et même vos déplacements d’une île à une autre, prennent un certain temps avec lequel il faudra compter pour planifier votre stratégie à grande échelle.

A vous donc d’organiser votre réseau d’îles, de gérer vos ressources, de placer les îles défensives aux endroits stratégiques, tout en prenant d’assaut les îles adverses... Sachant que de l’autre côté l’ennemi fait pareil et que vous n’aurez ni l’un ni l’autre d’indications sur les activités de l’adversaire hormis le degré de domination dans l'archipel et lorsque son porte-avions sera à portée des radars de vos îles.

Il a coulé mon porte-avions !



Tout ce qui vient d’être décrit plus haut reflète le gameplay, plutôt avant-gardiste avouons-le, du jeu original de 1988 et est repris à la lettre par le remake de Bohemia. Évidemment, 24 ans plus tard, la 3D face pleine avec 12 triangles max par objet et l’île carrée affichés dans une fenêtre minuscule au milieu d’une interface envahissante et spartiate ont laissé place à une 3D pleine de shaders, des objets beaucoup plus détaillés et animés et des îles à la topographie et à la végétation fournies.

Même si on est très loin d'un Crysis, cette amélioration visuelle apporte aussi un gros plus niveau gameplay: le relief couplé aux cycles jour/nuit, aux conditions météo variées, au 6 types de biomes (aride, volcanique, marécageux, tempéré, arctique, montagneux) et aux différents équipements installés sur les îles... Tous ces details renouvellent agréablement l'action d'une île à une autre.


Par exemple, vous pourrez tomber sur une île désertique en plein jour mais encerclée par des brouilleurs vous empêchant d'envoyer vos drones trop loin au risque de les perdre. Ou arriver de nuit, en plein brouillard et donc devoir faire l'impasse sur une attaque manuelle.

L’interface et l’ergonomie ont aussi été revues et corrigées. La carte stratégique s’étale maintenant sur tout la surface de l’écran et permet de zoomerde la vue d’ensemble de l’archipel à quelques dizaines de mètres au dessus d’une île, et de poser rapidement une série de points de passage pour établir la trajectoire des unités. Une série d’icônes en bas de l’écran représentent les différentes unités et le porte-avions et un clic dessus fait apparaître des menus et actions contextuelles. D’un simple clic gauche on bascule de la carte à la vue interne du véhicule sélectionné et vice-versa.

Voilà pour le mode stratégique, limité dans cette alpha à une surface de jeu générée aléatoirement et composée de 3 îles par camp plus une neutre et dont vous pouvez régler quelques options comme le degré de conquête initiale d’un camp ou de l’autre. La version finale permettra de configurer une partie avec un maximum de 30 îles.

Ô mon bateauooOooh !



Les rares entorses faites au concept original sont la présence d’une aventure solo, pas encore disponible dans cette alpha, qui proposera, en plus de tout le gameplayci-dessus, des missions scriptées, des phases à pied en FPS, et une histoire légèrement différente basée sur une série de romans SF. Une narration qui sera la bienvenue pour se faire progressivement la main sur le jeu afin d'aborder le mode stratégique avec des réglages plus hardcore.

Côté maniabilité, même si on gagne en précision et en liberté de mouvements (un Mantacapable de stationnaire et de strafer et un Walrusavec tourelle désolidarisée), leur maîtrise n'est pas franchement aisée, sûrement pour ne pas avoir trop l'avantage sur l'IA et pour forcer à la jouer STR, mais on aimerait que les dogfightssoient plus fun. Le jeu gérant aussi bien le combo clavier/souris et le gamepad, en tous cas celui de Microsoft, le pilotage est un poil plus naturel avec ce dernier.

Côté performances, le moteur, qui n'est pas celui des Arma, semble assez au point et stable, malgré une latence bizarre de la souris dans certains menus. Par contre il semble charger plus la carte graphique que le processeur, le jeu ramant beaucoup plus sur mon Q6600/8800GT que sur mon E8400/HD4850. Le jeu est assez fluide sur cette dernière config, pourtant à peine moins vieillotte que la première.

Toujours aussi complexe, peut-être même plus riche que son ancêtre, Carrier Command: Gaea Mission est bien parti pour être le très bon jeu d'action/stratégie auquel les fans étaient en droit d'attendre. Reste que ce mélange des genres et une courbes de difficulté assez abrupte peut ne pas plaire à tout le monde. Mais si vous aimez les expériences hybrides à la manière d'un Battlezone, vous devriez garder un œil dessus.

SCREENSHOTS

Rechercher sur Factornews