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Taupe achat : les lentilles de correction pour VR

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
​Inutile de vous rappeler que la VR coûte cher, du moins si on veut aller plus loin que les cardboxes dans lesquelles on colle un mobile. Dans leurs versions complètes (casque, caméras et manettes), l’Index, le Vive Pro et le Vive Cosmos Elite coûtent respectivement 1079 €, 1199 € et 999 €. Les alternatives moins chères ne descendent pas en dessous de 449 € pour le Rift S, 549 € pour le Quest et 799 € pour le Vive Cosmos standard. Auquel s’ajoute évidemment le prix du PC, surtout de la carte graphique en fait. Mais il y a également des investissements auxquels on ne pense pas forcément au moment de l’achat. Comme l’achat de lentilles complémentaires pour compenser une forte myopie. Qui vient rajouter plusieurs dizaines d’euros à la facture.
Entendons-nous bien : pour la plupart des gens portant des lunettes, il est possible d’enfiler ponctuellement un casque de VR sans ajustement particulier. En salons, j’ai essayé des Oculus (DK1, DK2, Rift), des Vive et même des PSVR sans autre inconfort qu’une branche de lunette écrasée contre la tempe. Mais dès l’instant où l’on possède son propre casque, et qu’on se lance par conséquent dans des sessions plus longues cela peut devenir plus gênant, voire carrément douloureux. À cela s’ajoute la buée dès qu’on s’agite un peu ou qu’il fait chaud, et surtout le gros risque d’abîmer les lentilles du casque en faisant frotter les verres ou la monture des lunettes dessus. Dans mon cas personnel s’est ajouté le fait que je suis plutôt un gros gabarit, avec un visage et donc des lunettes assez larges, ainsi qu’une forte myopie et donc des verres épais (malgré une fortune dépensée pour des verres amincis). Et comme j’ai craqué pour un Index, et que le masque de celui-ci est étrangement plus petit que la concurrence, impossible d’y rentrer mes lunettes sans les tordre ni les faire frotter contre les lentilles. Bref, il était indispensable de passer par la case « lunettes spéciales casque ».



Il existe plusieurs sites proposant ce genre de produits personnalisés, mais le plus réputé (qu’on m’a spontanément conseillé plusieurs fois) reste VR Optician, une entreprise allemande. Rien ne vous oblige à aller chez eux et cet article n’est pas sponsorisé. Peu importe à qui vous vous adressez, pour commander un produit adapté il faut d’abord retrouver les chiffres exacts de la correction de vos lunettes. Pour ça, il faut avoir gardé votre ordonnance de l’ophtalmologiste, mais si vos verres sont sous garantie et que votre opticien a bien fait son travail vous devriez avoir une carte de garantie où la correction est également précisée. Il est possible que les chiffres diffèrent entre la prescription et la garantie, et dans ce cas privilégiez ceux de l’opticien : ils correspondent aux lunettes que vous portez actuellement, donc à moins que vous ne voyiez flou ou souffriez de terribles migraines, c’est ce dont vous avez besoin.



Donc, tous les fabricants vous demanderont six valeurs en tout, trois par œil : sphere, cylinder et axis. Pas de panique, les prescriptions de lunettes sont normalisées donc les trois valeurs que vous avez sur votre prescription ou votre carte de garantie sont normalement dans cet ordre-là, avec d’abord l’œil droit puis l’œil gauche. Sphere correspond en fait à la myopie : une valeur négative indique vous êtes myopes (vous voyez mal de loin, mais bien de près), positive que vous êtes hypermétropes (l’inverse). Cylinder et axis sont les valeurs de l’astigmatisme (un flou d’étalement qui dépend de la direction du regard) : la première valeur peut être positive ou négative, la seconde est en degré et le tout définit la surface d’un cylindre de correction adapté. Mais encore une fois, pas besoin de connaître la théorie : sur les images suivantes, j’ai simplement reporté dans l’outil de commande les valeurs de ma carte de garantie, dans le même ordre.




Bon à savoir, si (comme moi) vous êtes myopes comme des taupes : chez tous les fabricants, l’addition s’alourdit si la correction demandée est importante. Chez Optician VR, cela peut ajouter de 5 € à 65 € par verre pour la myopie, et pour l’astigmatisme de 15 € à 25 € par verre. Le tarif de base de 69 € pour un jeu de lentilles peut donc finalement se transformer en 100 €, 150 € ou 250 €. Néanmoins, si vous avez besoin d’une correction de -16 en myopie on vous conseillera d’éviter la VR, dont le principe est littéralement de se coller deux écrans sur les yeux. Dans mon cas, une fois ajoutés les 6 € de frais de port, la facture totale se monte à 125 €. Et ensuite ? On attend, entre trois et six semaines. VR Optician ne fabrique pas les lentilles, mais les commande à Zeiss, un des plus gros fabricants mondiaux de verres correctifs. Une fois reçus, ils les montent sur des supports conçus pour épouser la forme des lentilles de l’Index, les emballent dans des pochettes individualisées, rangent le tout dans un étui à lunettes, fournissent un torchon antistatique et une lingette de nettoyage d’écran à usage unique, et envoient ça dans un colis via la poste allemande. Si vous habitez en Europe, la livraison se fait sans aucun souci en dehors du délai, mais en Amérique du Nord quelques colis arrivent écrasés si on en croit les threads sur Reddit.



L’attente est un peu longue quand on a Alyx sur le feu, mais la qualité est au rendez-vous. Le verre est de la même qualité que ce qu’on trouve sur des lunettes, le plastique souple noir semble solide et accroche bien sur les supports des lentilles de l’Index. L’installation est d’ailleurs toute simple, il suffit de les insérer par-dessus, les lentilles sont livrées dans des sacs siglés L/R et elles sont elles-mêmes gravées L et R pour ne pas les inverser. On conseillera tout de même d’en profiter pour dépoussiérer l’intérieur du casque qui est un vrai nid à merdouilles, et de nettoyer les lentilles de l’Index et celles de correction avec un produit adapté (comme la lingette fournie). Même en faisant attention, on a vite fait de toucher les verres avec les doigts, ce qui laisse des traces, et de toute façon il y a énormément de condensation quand on porte le casque, il finit toujours par y avoir des traces d’humidité. (D’autant plus avec l’Index, dont l’un des principaux défauts est de chauffer considérablement.) Et comme les lentilles en question seront collées à vos yeux, la moindre tâche semblera énorme.



Est-ce que ça vaut le coup de payer autant et d’attendre aussi longtemps ? Oh que oui ! Sans lunettes de vue rentrées au forceps, le casque est incomparablement plus confortable et la visière molletonnée remplit enfin son office. Terminée également l’angoisse de rayer les lentilles d’un casque à 1000 €, ce qui permet de se lâcher un peu avec le headtracking. Tout n’est pas parfait cependant : sans trop rentrer dans les détails, quand on parle de correction visuelle, il faut aussi prendre en compte des choses qui vont modifier le point focal, comme l’écart pupillaire ou la distance entre l’œil et le verre. L’Index permet de régler ces valeurs, mais seulement dans une certaine mesure, et il sera impossible de retrouver une correction aussi précise que celle de vos lunettes. Et certains réglages ont un peu de jeu. Par exemple, en serrant plus ou moins la sangle sur le crâne on règle la position du point focal sur l’axe y, mais il suffit de tourner la tête un peu vite ou d’éponger quelques gouttes de sueur pour que le casque bascule très légèrement (l’avant est plus lourd que l’arrière). Il faut donc de temps à autre repositionner correctement le casque pour retrouver la mise au point. Mais c'est un bien léger désagrément en comparaison du combo lunettes + casque.
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