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Les Fact'Or 2017

 
Les tops annuels, c'est comme les vœux : jusqu'au 31 janvier on n'est pas en retard. L'opus 2017 des Fact'Or est donc parfaitement dans les temps. Mais ce n'est pas tout ! Après avoir fait des tops annuels assez classiques à l'écrit ou en podcast, les plus éminents cerveaux de la section R&D et FactorCorp ont eu une idée brillante pour moderniser le concept : le cadavre exquis. Le principe est assez simple : après s'être collectivement mis d'accord sur 7 catégories généralistes à la con, un rédacteur ouvre une catégorie en proposant un nominé et en justifiant son choix. Un autre rédacteur rebondit sur ce texte pour proposer son nominé, et ainsi de suite. À la fin, Frostis dit que de toute façon c'est Zelda le meilleur jeu de tous les temps et les lecteurs et les lectrices ne sont guère plus avancé⋅e⋅s. Mais au moins on se sera bien marré. 

Le meilleur jeu japonais du Japon

Distingue le meilleur représentant d’une certaine façon de faire du jeu vidéo à la nippone.

Fougère : Cette année, le meilleur jeu japonais du Japon, c’était Nier Automata ! N’en déplaise à ceux qui vont porter Zelda aux nues (je te vois venir Frostis), Nier était une expérience autrement plus marquante et enrichissante. À travers son scénario, torturé autant au sens littéral qu’au figuré, sa musique, qui donne une dimension épique à cette aventure d’une trentaine d’heures, ou ses personnages, qui gagnent en profondeur à mesure que les heures de jeu passent. Tout dans le jeu vous fera tiquer, réagir, comme si son créateur complètement loufoque, Yoko Taro, était à côté de vous, en train de vous asticoter pendant que vous essayez de comprendre ce qu’il se passe à l’écran. Certes, le jeu possède quelques défaut, comme des niveaux qui ont l’air de sortir d’un jeu de PSone, ou un système de combat qui demande pas mal d’entraînement avant de vraiment dévoiler sa profondeur, mais ces problèmes sont ridicules comparé à la qualité globale du titre. J’attends avec impatience de voir ce que PlatinumGames nous réservent pour la suite.



Hell Pé : Apparemment Fougère a su garder sa part d’enfance qui le fait s’émerveiller devant un jeu où on incarne une fille en talons aiguille et jupe trop courte. C’est donc ça le renouveau du jeu japonais ? C’est qui ce Yoko Ono, un rentier à la Kojima qui se met au vert avec les thunes des gacha games Final Fantasy ? Je ne mange pas de ce pain-là, moi. Le renouveau du jeu japonais, c’est évidemment Sonic Mania...
...je viens à l’instant de capter que ce n’était pas un jeu japonais. Je vous jure que c’est vrai en plus, j’étais tellement obnubilé par mon calembour sur Yoko Ono que j’ai failli écrire que Sonic Mania était un jeu japonais. Je m’en vais d’ici immédiatement.



Feed : Nioh. Ce jeu oublié dans les limbes du development hell. Prévu à la base sur PS2, puis PS3, basé sur un script de Kurosawa, démarré comme un JRPG… On ressent ces longueurs et ces difficultés dans la narration, pas évident à suivre pour le néophyte.
Niveau gameplay, on se retrouve avec un mix Dark Souls X Ninja Gaiden X Diablo. On y joue très prudemment au début, puis on prend de l’assurance, et on prend en vitesse. Par la suite, on s’équipe et on détruit les ennemis comme dans un hack'n slash, et on commence la chasse au loot. Ca bouge bien, c'est plutôt beau, et les DLC sont de qualité (et le coop est nickel). Acheté sur PS4 et repris sur PC, tellement c'est bon.



ZeP : Je laisse ma place à Frostis pour rebondir (pas trop fort) sur Feed, parce que je n’ai joué à aucun autre jeu japonais en 2017.

K.mizol : Je prends la place de Frostis pour rebondir sur Zep qui rebondit sur Feed pour dire que l’année 2017 fut celle où j’ai le moins joué de toute ma vie de gamer, la faute à la vie (mais je compte bien me rattraper). Alors bon vous pensez bien que les jeux japonais hein, j’ai fait l’impasse dessus.

miniblob : Visiblement Frostis prend son temps pour rebondir, il est sans doute trop occupé par son étude comparative des sous-vêtements de Peach et de Zelda vu qu’il doit être en train de hiérarchiser les deux grosses exclues Switch de l’année… J’en profite pour lui griller la politesse en remerciant au passage mes petits camarades qui ont déjà cité Nier Automata et Nioh, deux titres que j’aurai bien pu glisser moi aussi dans cette catégorie. Du coup, j’ai les coudées franches pour déclarer ma flamme à Guilty Gear Xrd Rev 2, un bijou signé Arc System Works qui vaut aussi bien le détour pour son gameplay aux petits oignons que pour son look ultra soigné. On a malheureusement un peu trop tendance à oublier les jeux de baston de ce studio talentueux quand il s’agit de faire des rétrospectives ou de donner des prix, reste à espérer pour lui que la sortie de Dragon Ball FighterZ change la donne en lui apportant enfin le succès international qu’il mérite.

Feed : Alors spoiler alert, oui.



Frostis : Ah, ça me fait plaisir. Je vois que mes collègues ont tout de même bon goût. Honnêtement, je n’en ai parfois pas vraiment l’impression, avec tous leurs jeux occidentaux à deux balles auxquels ils jouent toute l’année. Sur PC en plus. Ahaha, les cons. Mais heureusement que je suis là pour ouvrir leurs petits yeux. En même temps, il était certainement compliqué de passer à côté de ce retour du Japon pour cette année, et j’aurais pu citer Splatoon 2, Super Mario Odyssey, Resident Evil 7, Nier Automata, Nioh, Yakuza 0, Metroid : Samus Returns ou Persona 5 sans aucun problème. Mais il faut se rendre à l’évidence. Après avoir découvert The Legend of Zelda : Breath of the Wild, il est compliqué de trouver un jeu qui lui arrive à la cheville. Il s’agit clairement de mon jeu coup de cœur de l’année (ça change des coups de seins de Dead or Alive Xtreme 3 en 2016 me direz-vous), alors que la série commençait doucement mais sûrement à tourner en rond. Un souffle sauvage bienvenu, qui ne change pas pour autant totalement l’univers ni même la formule, puisqu’on retrouve Link, Zelda, Ganondorf et bien d’autres personnages et peuples déjà connus, mais qui donne un vrai coup de pied au cul à tout ce qui s’est fait ces 10 années en matière d’open world. Et même au bout de 160 heures, j’ai toujours envie de courir en Hyrule, de m’émerveiller devant ces paysages somptueux et inspirants, le tout avec quelques notes de piano ici et là. Une chose est certaine : l’après Breath of the Wild sera compliqué.

Le meilleur jeu auquel tu n’as pas accordé assez de temps

Distingue un jeu qui a fait impression sur le rédacteur, mais qu’il n’a pas pu vraiment savourer pour une raison quelconque.


Fougère :  Le jeu auquel j’aurais aimé jouer beaucoup plus cette année, c’est Absolver. Sorti cet été, j’attendais le titre avec impatience, car j’espérais qu’il allait me réconcilier avec les jeux de combat, comme Styx m’a convaincu d’acheter une manette pour jouer sur PC ou Life is Strange m’a fait dire que les jeux “Telltale”, c’est pas si chiant. Et au début, ça a fonctionné : le système de combat est vraiment super cool, que ce soit à travers la personnalisation de votre palettes de coups ou l’affrontement en lui même. Entre le rendu des coups portés, qui défonce, et toute l’astuce qu’il faut déployer pour comprendre son adversaire, j’étais aux anges. Le mode solo faisait son boulot de gros tutoriel, je m’amusais comme un petit fou, et puis j’ai commencé à faire des duels en multi, parce qu’il ne me restait plus que ça à faire. Et c’est là que j’ai déchanté : si le jeu promeut le respect de l’adversaire à travers toute la philosophie inhérente aux arts martiaux, les joueurs eux s’en branlent. Et comme on affaire à des humains normalement constitués, qui veulent gagner le plus vite possible et sans faire d’effort, je me suis retrouvé à me battre contre des adversaires différents mais qui avaient tous la même palette des coups pratiquement imparables, qu’ils avaient juste besoin de répéter dans l’ordre pour me ruiner la face. Je me suis acharné un peu, mais au bout de deux semaines j’ai lâché l’affaire et désinstallé le jeu. Ça me faisait un peu mal au coeur, notamment parce que je savais que l’équipe allait probablement équilibrer tout ça pour rendre le jeu plus fun, mais je n’ai pas eu la patience d’attendre. Et c’est bien triste.



Hell Pé : Eh oui Fougère, mais faut pas t’en vouloir de n’avoir pas assez accordé de temps à un jeu auquel personne n’a accordé assez de temps ; ç’aurait été du temps perdu de toute façon. Alors que, sans mater de let’s play, sans lire la moindre critique (qui doivent toutes se résumer à “omg trop bizarre” ou “c’est une métaphore du capitalisme sauvage”), je sais, je sens que j’aurai dû consacrer plus de temps à Oikospiel, pardon, Oἶκoςpiel, Livre Un. Ne serait-ce que parce que j’ai beaucoup aimé Dyad et Proteus, deux jeux dont la bande-son est signée David Kanaga, le créateur d’Oikospiel. Ce dernier porte donc la patte sonore de son créateur, mais aussi visuelle, et Kanaga a indéniablement une patte visuelle, laquelle trempe dans la vaporwave tendance crado, avec des modèles 3D de surreal memes et des polices d’écritures dignes du Comic Sans MS. J’ai joué quelques minutes à peine à Oiκοςpiel, Numero Uno, en compagnie de copains qui m’ont rapidement supplié d’arrêter tellement ce qu’ils voyaient défiait leur compréhension. OK, le bon goût a gagné cette bataille. OK, il est possible qu’Oἶκoςpiel, الأول كتب ne soit en réalité qu’un troll monumental, un anti-jeu conçu pour tromper le bobo et lui faire crier au chef d’œuvre. Mais même si c’était le cas, je crois que la démarche me serait sympathique. On a bien dit la même chose d’Everything, pas vrai ?



Nicaulas : Quand on passe le plus clair de son temps de jeu quotidien sur Binding of Isaac Arfterbirth +, forcément, d’autres jeux en pâtissent. En particulier ceux qui demandent un minimum d’investissement de la part du joueur, un entraînement régulier et intensif le temps d’apprendre les mécaniques. Dans cette catégorie, c’est l’infortuné Hollow Knight qui a fait les frais de mon impatience et mon indiscipline. J’ai pleinement confiance en mes camarades (Gautoz et Fougère notamment) qui le portent aux nues et ne remet absolument pas en cause les qualités du jeu. Mais pour les apprécier, il faudra que je m’y mette vraiment à fond, un jour. En attendant ces jours meilleurs, il est retourné dans mon backlog Steam.



Zep : Un peu comme Nicaulas, il y a des jeux que j’ai dû sacrifier sur l’autel du Darkest Dungeon (sisi le DLC est sorti en 2017) et de XCOM 2. Si Hollow Knight en fait probablement partie, c’est Hellblade et Dishonored 2 : Death of the Outsider, à égalité, que je regrette le plus de ne même pas avoir encore achetés. Allez, les prochaines soldes approchent…



miniblob : Bravo, ça veut jouer les chevaliers qui défendent l’audace et l’originalité, mais ça attend les soldes pour se procurer des chefs d’œuvre à vil prix ! Moi au moins, le jeu auquel je regrette de ne pas avoir consacré davantage de temps, je l’ai acheté quasiment à sa sortie. Il s’agit de The End is Nigh, le petit dernier d’Edmund McMillen qui s’est cette fois-ci associé à un certain Tyler Glaiel. En tant que fan de Super Meat Boy, je pouvais difficilement faire l’impasse sur ce nouveau platformer sadique, seulement voilà, il fonctionne sur des timings tellement différents de son grand frère, qu’il nécessite une bonne dose d’apprentissage. Je n’ai tout simplement pas encore trouvé le temps de retourner à l’implacable école du saut millimétré.



K.mizol : Moi les platformers ça me fait chier, mais pas autant que Miniblob quand il parle des platformers. Et j’aurais aimé consacrer plus de temps au jeu vidéo tout court, en 2017. J’ai l’impression d’être un junkie en manque mais avec un peu plus de dents en bon état.

Feed : Alors moi le temps je l'ai pris, et j'ai fini un paquet de jeux. La plupart des gros jeux déjà, avec de bonnes expériences et d'autres beaucoup moins (Les jeux EA très décevants cette année). Ensuite, j'ai passé beaucoup de temps sur des jeux sur lequel je reviens souvent (Warframe, Payday 2...). Y a quand même un jeu sur lequel j'aurais aimé passer plus de temps, vu que je n'y ai joué que deux heures, c'est Dragon Quest Heroes 2. Taper sur des centaines de monstres dessinés par Toriyama, c'est chouette.



Frostis : Et voilà, mes collègues retombent dans mon estime. Ces gens sans goût n’ont pas eu le temps de jouer à des (très bons) jeux, parce qu’ils avaient piscine ou poney. Pas un seul ne parle de Zelda. Monde de merde. Bref, il y a de ces jeux auxquels on a envie de jouer et de se plonger des heures durant, mais qu’on préfère laisser de côté pour plus tard, quand le temps sera venu. Et bien c’est exactement ce qu’il s’est passé avec Persona 5, que je me suis pourtant procuré en day one. Je connais bien la série et pourtant, je n’ai jamais joué à un seul de ces jeux ! Juste vu ici et là, et discuté de cela avec des potes accoudés à un bar en buvant des bières (j’ai même acheté un livre chez Pix’n Love pour mieux comprendre cet univers avant de me lancer). Mais comme Persona 5 est certainement le RPG de l’année, il n’est pas pensable de ne pas prendre le temps de s’y investir. La Switch et Zelda étant passées dans la même fenêtre de temps… compliqué. Mais cette année, j’annonce : 2018 sera pour moi l’année Persona 5. Ce sera aussi mon OST de l’année. Oui, parce que ma copine a passé quelques dizaines d'heures sur Persona 5, donc je connais déjà l'OST presque par coeur.



Feed : Ah oui tiens, merci de me rappeler qu'il faut aussi que je fasse Persona 5.

Le Dark Souls des Fact’Or

Distingue le jeu qui a paru tellement difficile au rédacteur qu’il lui a fait comparer chaque aspect de sa vie quotidienne à Dark Souls.


miniblob : Je dois vous faire une confession, j’ai la vilaine manie de me moquer des gens qui viennent pleurer sous prétexte qu’un jeu est trop difficile à leur goût. Je sais, c’est très mal, je manque de compassion envers ces pauvres joueurs qui ont des doigts comme des saucisses apéro et des réflexes aussi vifs qu’un lamantin sous Lexomil. Mais je me rattrape en me disant que moi aussi j’ai la dextérité et la nervosité d’un mollusque, et qu’en général, si j’y arrive, c’est moins par mes talents innés (-xistants ?) qu’à force de persévérer. Bref, j’aime bien les défis, et pourtant cette année il y a un jeu duquel je n’ai pas réussi à me relever, c’est Rain World. On y incarne un chat-limace, une créature aussi trognonne qu'inoffensive, qui doit retrouver les siens dans un environnement qu’on pourrait vaguement qualifier de metroidvaniatesque. Seulement voilà, tout est dangereux, même la pluie y est mortelle, alors forcément la moindre rencontre avec un prédateur devient compliquée… C’est dur, très dur, mais au delà de cette difficulté c’est surtout l’ambiance générale ultra pesante qui donne au jeu un arrière goût de voyage direct vers la dépression. Attention, le titre est quand même très intéressant, d’ailleurs une récente mise à jour permet de faciliter l’expérience (ou de la rendre plus difficile…) et je ne perds pas espoir de m’y replonger à l’occasion pour en revenir avec un petit article.



Nicaulas : J’aimerais bien me moquer de miniblob et de son chat-limace, mais pour avoir essayé le jeu sur une borne à l’E3 2016, être mort plein de fois et n’avoir rien compris à ce que le jeu attendait de moi, je vais m'abstenir. A la place, je vais m’humilier publiquement en vous racontant comment j’ai manqué de respect à la catégorie reine de la PC Master Race : j’ai mis un FPS en facile. Même si je n’avais pas particulièrement apprécié New Order, j’ai cédé à la petite hype autour de Wolfenstein II : The New Colossus (et je ne l’ai pas plus apprécié que New Order, pour des raisons trop longues à expliquer ici). Après avoir commencé le jeu en difficile (et m’être fait fumer une ou deux fois dans certaines zones, mais rien de bien méchant), j’ai buté sur la séquence du tribunal. Après beaucoup trop de morts, je me suis résigné à baisser le curseur d’un cran. Après beaucoup trop de morts, encore un cran. Et ainsi de suite jusqu’au mode le plus facile. Dans lequel j’ai eu toutes les peines du monde à finir le niveau. J’ai pu remonter la difficulté ensuite, mais cet énorme gap de difficulté me hantera longtemps. Moins que les reproches que j’ai à faire au jeu, peut-être, mais longtemps quand même.



Fougère : Je comprends la douleur de Nicaulas. Moi aussi j’ai buté contre cette séquence au tribunal, mais j’ai réussi à la surmonter en mode difficile (au bout d’un nombre de morts trop élevé pour l’assumer complètement). Par contre, ce que je n’ai pas réussi à surmonter, c’est le level design de Nioh. Si j’ai apprécié certains aspects du jeu, comme le lore ou le système de combat super dynamique, je n’ai pas réussi à vaincre l’ennemi le plus mortel du jeu : la gravité ! En effet, si vous tombez par mégarde dans la flotte (mer, rivière, petite flaque), vous mourrez immédiatement, rendez vous au bonfire à l’autel le plus proche, ne récupérez pas votre expérience. Et le problème, c’est qu’IL Y A DE LA FLOTTE PARTOUT ! Ca va du niveau qui se situe sur un pont, au niveau “je suis un équilibriste 9ème dan” qui se passe uniquement sur des poutrelles, en passant par les petits pièges disséminés ça et là dans des gros châteaux forts (faut faire des puits en cas de siège, vous comprenez). C’est amusant, parce que j’ai eu le même problème avec Salt and Sanctuary, un autre jeu qui veut faire comme papy Dark Souls, mais en 2D et avec une composante platformer assez forte, Je passais donc mon temps à crever à cause d’un saut un peu ambitieux, alors que je déboitais des boss 5 fois plus gros que moi. Et ça, ça donne des envies de meurtres !



Feed : Pas tellement de gros jeux difficiles cette année, à part Nioh, qui est bien poilu au début, puis moins par la suite, et puis à nouveau beaucoup dans les niveaux de difficulté supérieurs (mais pas de la même façon, là on approche plus Ninja Gaiden, avec des ennemis qui font horriblement mal). Et puis Nioh, c'est un peu le Dark Souls de... bref, on l'a déjà faite.

ZeP : J’ai utilisé ma boule de cristal, et je sais qu’en plus d’être nul à Nioh, Fougère n’a même pas osé lancer They Are Billions de peur de ne pas passer les 2 jours de survie. Et bien j’en suis à 44 jours en deux essais, et avec un peu de chance, vous aurez déjà pu me voir atteindre les 100 jours en direct sur le beau twitch de Factornews. Parce qu’il me faut au moins la pression du public pour qu’un jeu difficile m’apporte un peu de challenge, bien évidemment.



Frostis : Avant de parler de mon Dark Souls à moi, je me dois d’excuser mes collègues. Quand on se tape des jeux non-Nintendo, il est forcément évidement qu’on part avec un handicap qui s’appelle « prise en main ». Alors si en plus, ils se tapent des chat-limaces nazis vivant au Japon avec des millions de zombis pas loin, faut pas s’étonner d’avoir l’impression de posséder des mains en mousse. Nan, le vrai Dark Souls de cette année, c’est RiME sur Switch, qui m’a fait rage quit au bout d’une heure. Ce n’est pas le jeu en lui-même qui m’a donné du mal, mais plutôt son portage sur la console de Nintendo, qui a pourtant prouvé qu’elle en a dans le bide. Je ne sais pas si l’équipe de Tequila Works est satisfaite de son boulot, mais il y a clairement un problème gâchant la progression sur cette petite île qui pourtant, a l’air pas trop naze.

Le meilleur jeu que tu as préféré regarder plutôt que d’y jouer

Tout est dans le titre.

Nicaulas : Il aurait été particulièrement mesquin de ne citer PlayerUnknown’s Battlegrounds, succès monstre de 2017, dans aucune catégorie. J’ai moi-même fini par céder à la hype tout récemment, bien plus pour continuer à avoir des interactions sociales avec l’équipe de Quickload (tous sont complètement accros et la majorité de nos échanges Discord sont désormais “@here pan ?”) que par réel intérêt pour le jeu. L’équilibrage y est certes remarquable et c’est un formidable générateur d’histoires et de souvenirs quand on y joue en équipe, mais PUBG trouve néanmoins ses limites avec des joueurs comme moi, peu portés sur le compétitif et frustrés de ne pouvoir explorer qu’une toute petite partie de la map à chaque partie. En revanche, j’ai adoré mater des streams, et pas forcément ceux des meilleurs joueurs. mistermv m’épuise, par exemple, mais parmi les trouze millions de vidéos disponibles, on trouve des perles. Parce que ça correspond à mon style de “jeu”, j’ai par exemple surkiffé les runs pacifistes d’Henry Michel (Player Lambda). Et en écrivant ça, je me rends compte qu’en fait je joue à PUBG comme si je regardais quelqu’un d’autre y jouer : en me tenant à l’écart de la bagarre, en me cachant dans les chiottes, et même en team je suis celui qui se tient un peu à l’écart et regarde ses potes jouer. Ouaip, je suis le pire teammate du monde à PUBG.



Fougère : Nicaulas est pas SI mauvais en équipe à PUBG. Je veux dire, des mecs avec qui je joue depuis plus de 5 ans à des jeux en équipes en sont encore au point de me tirer dans le dos par erreur, ce que lui n’a encore jamais fait. Donc ça va. Petite mise en contexte : je vis en colocation avec 2 gugusses, on passe donc pas mal de temps à discuter avec les uns et les autres en jouant à des jeux. Donc quand je dis que j’ai préféré regarder mon coloc jouer à They Are Billions plutôt qu’y jouer, c’est littéralement : lui qui joue devant son PC, mon cul installé sur la chaise juste à côté, à bouffer des chips et rire de son infortune. Petite surprise de la fin d’année (sorti en accès anticipé le 12 décembre dernier), ce jeu de stratégie vous met dans la peau d’une des dernières colonie d’humains sur une planète ravagée par des zombies. Vous devez utiliser vos dernières ressources pour construire une base qui résistera à l'assaut des infectés pendant un certains temps, avant de devoir survivre à l’attaque finale, qui envoie des milliers de mangeurs de chair gratter aux pieds de vos murs. Les parties sont assez longues, et disposent d’une pause active, vous aurez donc largement le temps d’optimiser vos ressources et votre placement de bâtiments, ce qui nous a permis de nous chamailler pendant de longues discussions sur les avantages et inconvénients de différentes stratégies, avant de lever le nez, regarder l’heure, et nous rendre compte avec horreur qu’il est 3h du mat passé. Si le jeu vous intéresse, je vous conseille quand même d’attendre un peu les patchs de contenu, car vous aurez vite fait le tour de ce que cette version alpha propose pour le moment.



Hell Pé : Il y a donc ceux qui regardent les jeux vidéo auxquels ils seraient trop mauvais eux-même, les mangeurs de streams de LoL et de versus fighting, la plèbe. Et il y a ceux, comme votre serviteur, qui préfèrent regarder des jeux pour s’élever et voir quelqu’un s’élever avec soi. Je suis ainsi entré en communion (non sexuelle) avec des amis en me contentant de les regarder jouer à Everything, alias The Witness mais sans les puzzles. Un guémeur trop aveuglé par son skile pourrait croire qu’Everything consiste à déplacer des animaux rigolos dans des décors laids. Mais un observateur, libéré de la contrainte de l’interaction, est alors bien mieux placé pour voir le vrai visage d’Everything : une discours universel sur ce que toute chose a en commun avec toute chose, une démonstration du zen comme seul le jeu vidéo (auquel on ne joue pas) sait le faire. Vous bénéficiez même de la voix-off d’un philosophe beatnik pour vous expliquer le Sens Profond du Jeu si vous ne le saisissez pas vous-même. Vous bénéficiez même d’un mode automatique, où le jeu se joue tout seul si vous laissez la manette posée sans y toucher. Pourquoi jouer à un jeu quand lui-même vous propose de ne pas y jouer ? (rép à ça Jonathan Blow)



ZeP : Comme hellpé, comme chaque année, je me suis élevé spirituellement en regardant tous les Telltale sortis en 2017 sur youtube. Non je déconne, ils étaient tous aussi nuls qu’une série Marvel produite par Netflix.



miniblob : D’habitude, c’est ZeP qui fait un peu office du vieux tonton râleur en fustigeant la moindre nouveauté, là je découvre qu’il regarde des let’s play sur Youtube et des séries Netflix avec des gens en collants… Je me sens très très très vieux… Je m’emmerde assez vite en regardant un autre jouer, les seules vidéos que je supporte sont celles qui concernent des titres auxquels je n’ai pas encore accès. Et en 2017, je dois bien avouer avoir un peu trop bavé sur un certain Dragon Ball FighterZ. J’ai honte, je me sens sale, tout recouvert de hype, littéralement souillé par une campagne marketing qui a su trouver mes points sensibles et les exciter au point de me faire perdre toute contenance. J’ai besoin de prendre une douche !



K.mizol : Pendant que miniblob se frotte le super sayan sous la douche, j’en profite pour râler à la place de ZeP : j’adore jouer mais je déteste regarder les gens jouer. Je ne vois pas l’intérêt. Pour la vanne du thème par contre je dois dire que j’ai un peu bavé aussi sur Dragon Ball FighterZ auquel je ne jouerais probablement jamais (ou une fois ou deux chez un pote), parce que les jeux de VS fighting m’ennuient très vite. Mais putain c’est quand même hyper classe et ça bouge bien… Le pire c’est que je n’aime même pas Dragon Ball Z (j’aurais préféré un jeu d’action-aventure sur Dragon Ball). Allez, je rejoins miniblob sous la douche.



Frostis : Contrairement à mes collègues qui arrivent à trouver du temps à regarder d’autres gens jouer, alors qu’ils pourraient tout simplement jouer à Zelda, ou à se rejoindre sous la douche pour se toucher les boules de cristal, moi, je n’ai pas le temps. Déjà, j’ai bien trop de jeux et je n’aurais probablement pas assez d’une vie pour tous les finir. Heureusement, mon chat en a 9. Reste plus qu’à lui apprendre à allumer les consoles. Néanmoins, je passe un peu de temps à regarder deux ou trois choses, affalé sur mon canapé. J’ai d’ailleurs mes petits rendez-vous que je ne loupe jamais : les émissions de Gamekult du samedi matin et les Gaijin Dash, parce que Japon oblige et que je possède les mêmes références. Sinon, je me suis mis à regarder les streams de notre chaîne Twitch (et paf, la pub !), en me disant à chaque fois qu’il est grand temps que je prenne les pads pour vous montrer de vrais jeux.

Feed : J'ai rien contre le fait de regarder un jeu, mais ça me donne envie de jouer, du coup... (faut pas s'étonner si certains n'ont "pas le temps" de jouer)

C7 : Étant un consommateur invétéré du youtube game, je me dois de prêcher pour ma paroisse. Regarder quelqu’un jouer me procure autant de satisfaction que d’avoir mes mains sur le stick. Il y a quelque chose que je n’arrive toujours pas à saisir mais le fait d’être extérieur au déroulement de l’action tout en y participant offre une expérience différente et toute aussi appréciable. Il y a tellement de jeux qui sortent et si peu d’heures dans une journée que je préfère me concentrer sur Un jeu que je ponce, quitte à laisser passer un tas de pépites que j’aurai tout le plaisir de visionner sur les internets. Sans ça, je serai probablement passé à côté d’Observer, un walking simulator béton on l’on contrôle Daniel Lazarski, un enquêteur dans un univers à la Blade Runner. Son gameplay consiste à jongler entre trois vues (infrarouge, biologique et électromagnétique) pour highlighter des preuves ou activer des mécanismes mais c’est plus par son l'aspect visuel léché et sa narration qu’il m’a harponné. L’univers rétro futuriste ultra-cloisonné, l’éclairage et les glitchs expliqués par le scénario créent une ambiance malsaine et pesante bien plus efficace qu’un screamer de pacotille. Observer c’est aussi un tas de dialogues bien écrit autour de questionnements métaphysiques. Bref, on a affaire à un jeu dirigiste à la limite du cinéma interactif qui demande de pousser le joystick vers l’avant et de kiffer. Finalement, j’ai pris mon pied à regarder le let’s play d’At0mium à qui je laisse tout le plaisir de s’atteler aux mécaniques du jeu pendant que je savoure la narration textuelle et environnementale ainsi que l’esthétisme outrageusement efficace de cet opus.

Le jeu le plus important de l’année

Je croyais qu’on avait dit catégories à la con ?

Nicaulas : À quoi doit ressembler un jeu “important” ? Que doit-il contenir qui rendent les autres “pas importants” ? Et puis ça veut dire quoi, “important” ? Important pour quoi, pour qui, dans quel cadre ? En bon bobo gauchiasse SJW, ma vision du truc est la suivante : un jeu vidéo est important s’il défriche de nouvelles idées de gameplay (ça tombe bien on a une catégorie pour ça) et/ou élargit le public du medium et/ou en renforce son statut de dixième art (enfin, d’art tout court) et/ou propose un discours ayant une portée sociale et politique. De manière plus synthétique : pour moi, un jeu important est un jeu qui, en utilisant les spécificités du jeu vidéo, dépasse le cadre du divertissement classique. De ce point de vue-là, et malgré tout ses défauts, Hellblade : Senua’s Sacrifice mérite d’être qualifié d’important. C’est un jeu indépendant atypique qui a l’apparence d’une grosse production et rencontre un solide succès, prouvant qu’il existe un peu d’espace pour les créateurs et créatrices ambitieuses dans leurs propos, et un public pour les soutenir. C’est un jeu qui apporte un soin tout particulier à la représentation in game de la psychose, sans jamais se moquer ou manquer de respect aux personnes qui en souffrent. C’est un jeu au sound design incroyable, rendant de ce point de vue particulièrement fades tous les autres jeux de cette année (et probablement des années à venir). Et malgré un gameplay chancelant, il contient dans ses dernières minutes une mécanique de jeu mémorable parce qu’elle s’imbrique parfaitement avec le propos et la narration. Pour tout ça, Hellblade est le jeu le plus important de l’année.



miniblob : Donc si je comprends bien Nicaulas, le jeu le plus important de l’année c’est un titre dont le joueur moyen n’a jamais entendu parler mais qui aura fait frémir les trois pékins qui l’ont terminé… Je vais être un peu plus pragmatique, à mon avis, pour qu’un jeu soit jugé comme important, sa sortie doit marquer son temps en créant un avant et un après. Ca ne veut pas nécessairement dire que le titre est bon, en l’occurence le jeu qui me semble le plus important de l’année écoulée a même l’air plutôt médiocre, je n’y ai pas touché dans sa version finale et je n’ai aucune envie de le faire : c’est Star Wars : Battlefront II. Je ne vais pas en rajouter des couches, s’il a fait parler de lui c’est bien entendu pour ses micro-transactions de la honte et pour son système de progression online laborieux. On connaissait déjà les pay-to-win dans le domaine du free-to-play, avec Battlefront II le monde a découvert que ces merveilleuses mécaniques pouvaient aussi se retrouver dans des jeux payés au prix fort. Il faut être honnête, ce n’est pas le premier titre qui essaye de nous faire les poches plusieurs fois de suite, mais de par son exposition médiatique, c’est bien dans ses bottes que s’est déversé tout le torrent de merde qu’une telle pratique a déclenché. Ca ne veut pas dire qu’EA a miraculeusement entendu la vox populi, lui et ses petits potes chercheront sans doute encore à entuber le consommateur lambda, mais il leur faudra désormais se montrer un peu plus subtils s’ils veulent éviter ce genre de scandale.



Hell Pé : On reconnaît bien là miniblob, l’ancien salarié de la presse vidéoludique, épingler son badge UFC-Que Choisir pour nous dire que le plus important en 2017, c’est dénoncer les lootboxes. Retourne donc faire les Jim Sterling de supermarché pendant que je proclame haut et fort que le jeu le plus important de l’année, c’est sans conteste Sonic Mania. Oui, Sonic Mania, ce fangame sur lequel Taxman, Stealth et leurs potes travaillent d'une manière ou d'une autre depuis quinze ans. Sonic Mania, ce jeu composé à 70% de décors et de mécaniques déjà vues sur Mega Drive dans les années 90. Sonic Mania, ce jeu de plateforme 2D en pixels, comme si on n’avait pas quatre mille jeux comme ça qui sortent chaque année. Mais que voulez-vous, j’ai côtoyé ces malades pendant si longtemps, je les ai vus scénariser des BD entières, débattre âprement des qualités des anciens Sonic, décortiquer leurs mécaniques de jeu à la virgule flottante près, entamer puis annuler puis rebooter des dizaines de projets codés sur leur temps libre, se déguiser en ours sexy aux conventions de rétrogaming, pour enfin se faire embaucher par Sega et infliger le camouflet que la société à la fanbase la plus conne du monde mérite depuis tant d’années. Vous vous rappelez qu’ils ont osé faire Sonic 4 avant de se rendre à l’évidence, ces fous ? Enfin en 2017, justice est faite.



ZeP : Non mais enfin, non seulement il y a 70% de mécaniques déjà faites, mais 50% des niveaux sont des copies de ceux de 1992 ! Et tu veux nous faire croire qu’un jeu déjà surcoté à l’époque est le meilleur jeu de 2017, alors que Prey est sorti la même année !? On a rarement/jamais vu un level design aussi abouti dans un FPS (ou même ailleurs?), où des niveaux qui semblent conçus comme des puzzles uniques s’imbriquent les uns dans les autres pour former un simili open-world cohérent. Des mécaniques de jeux variées, un scénario pas trop con et des scènes en zéro-gravité, je vous en veux personnellement de ne pas l’avoir acheté.



Fougère : Ralalala, ils ont rien compris. Le jeu le plus important de l’année, c’est le jeu sur lequel t’as passé des dizaines d’heures sans te forcer, qui t’a fait rire, qui t’a fait réfléchir, bref qui t’a fait vivre une aventure ! (A la limite, ZeP est le plus proche du sujet, mais il révèle son manque de patriotisme en soutenant la concurrence). Et a ce niveau, on aura du mal dépasser le savoir faire de Larian avec Divinity Original Sin 2 ! Le nouveau bébé de nos belges favoris est enfin sorti de l’accès anticipé, et a tout défoncé sur son passage, avec un succès critique et commercial retentissant. Le jeu se base en grande partie sur les mécaniques du premier épisode (du RPG en tour par tour) en les raffinant pour permettre aux joueurs de résoudre toutes les situations par tous les moyens possibles et imaginables. Le studio a également passé un temps fou sur une galerie de personnages fabuleusement bien écrits et sur un doublage audio intégral, narration incluse. Et parce que c’est des mecs sympa, ils en ont profité pour donner aux joueurs un outils de création de mini scénario de JdR, permettant d’utiliser les assets du jeu pour faire des parties de jeux de rôle avec ses potes, lancer de dés et maître du jeu compris dans le package. En gros, si le jeu de rôle vous intéresse de près ou de loin, sur papier ou sur écran, Divinity 2 est fait pour vous !



K.mizol : Allons, allons, quand on se respecte un minimum on peut difficilement apprécier un jeu vidéo conçu par des Belges... FIFA 18 fut le jeu le plus important de l’année pour la simple et bonne raison que c’est un des rares jeux de 2017 que j’ai pu poncer un tant soit peu. En homme de goût.



Frostis : The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Je pourrais m’arrêter là, mais c’est vrai que l’année 2017 nous a donné quelques perles, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens. Mais au final, quand je vois les avis de mes collègues, à base folle qui se peint la gueule en mode Braveheart, de FPS piou piou, de fangame Sonic, de jeux de rôle comme on en trouve des centaines sur PC, ou encore de jeux de foot (mais je pense que c’est une blague), je pense sincèrement que le vrai jeu important de l’année, c’est Bayonetta dans sa version PC. Bah oui, grâce à ce portage, les joueurs PC ont enfin la joie de découvrir un vrai beat’em all. Et ça pour moi, c’est important.


Feed : Le jeu le plus important de 2017, c'est Warframe, parce que 4 ans après, le jeu continue d'évoluer, c'est joli et c'est rigolo. Et puis c'est un F2P bien fait, où l'on n'a pas l'impression qu'on se fout (trop) de notre gueule. C'est aussi Payday 2 parce que le jeu a aujourd'hui quatre fois plus de contenu qu'à sa sortie facilement, supporte les mods qui permettent d'ajuster le gameplay ou rajouter des maps, et qu'on peut y jouer en VR, et en VR avec des gens qui sont pas en VR (le futur!). C'est également Marvel Heroes, petit ange parti trop tôt, alors qu'il avait tout sur le papier pour réussir (hack'n slash, Brevik, Marvel).





C7 : Non, non et non ! Le jeu le plus important de l’année est PUBG et le mode Battle Royale à mille lieues d’un fangame du hérisson bleu ou d’un  AAA indépendant. Enfin, je pense … En fait, tout dépend de ce qu’on met derrière le mot  important. Une petite parenthèse sémantique pourra nous éclairer. Dans le Petit Larousse est  « important » quelque chose « dont la place, le rôle, l’intérêt ou les conséquences possibles sont considérables ». Finalement, on peut caser n’importe quel jeu derrière ce mot. Cependant, si l’on doit chercher un jeu qui implique des conséquences non personnelles mais générales dans le milieu du JV, c’est bien la formule battle royale.
« Oui mais ce mode de jeu existe depuis belle lurette avec Arma II sorti en 2013 puis avec H1Z1 alors franchement, je ne vois pas ce qu’il y a de novateur dans la formule » s’esclaffe un rageux lambda.
C’est vrai, il a raison. Néanmoins, ce qui diffère entre 2013 et aujourd’hui c’est le nombre de joueurs. Si à l’époque le battle royale était réservé à un public plus cloisonné et plus hardcore, on retrouve aujourd’hui une population de joueurs bien plus variés. Je dois avouer que j’ai longtemps dénigré cette façon de jouer, en vociférant avec ma voix d’ado qui n’a pas fini de muer mais il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, pas vrai ? Avec plus de recul et plus de parties à mon compteur j’ai fini par entrevoir « le pourquoi du comment c’est bien ». En fait, si j’essaie de m’éloigner un maximum de ma subjectivité bidon, le battle royale est une évolution de la façon de jouer. On décloisonne l’aire de jeu et on donne au joueur une boite à outils avec laquelle il pourra inventer son histoire. Les maps de PUBG ou de Fortnite sont composées d’un ensemble d’objets (cabanes, arbres, roches, villes, buissons etc.) placés intelligemment pour créer un nombre de situations quasi-infini. Cette manière encore neuve d’aborder le plaisir de jeu va continuer de faire son chemin, que ce soit sur des jeux multi-joueurs ou des jeux solos. Dans un autre registre qui ravira Frostis, si  Zelda Breath of the Wild est aussi bon, c’est parce qu’il laisse au joueur la possibilité d’agir comme il veut et dans l’ordre qu’il veut sur l’aventure. On retrouve là l’idée de boite à outils ou de bac à sable. Le mode battle royale n’est pas l’innovation de gameplay du siècle mais pousse un peu plus, comme a pu le faire Minecraft en 2011, l’industrie du JV vers une façon de jouer concentrée autour de l’inventivité du joueur et sa capacité à créer des situations uniques. N’en déplaise à ceux qui, comme moi, ont besoin d’être un minimum accompagné pour savourer un jeu.
 

Le meilleur jeu qui a du chien

2018 c’est l’année du chien dans le calendrier chinois, au début on voulait prendre le signe de 2017, ça semblait plus logique, mais c’est le coq, alors un jeu qui a du coq ça aurait pu être marrant mais c'était un peu plus compliqué (et c'est Zelda qui aurait encore gagné).

ZeP : X-Com 2 : War of the Chosen bien évidemment ! Un DLC qui se fout pas de ta gueule avec une campagne améliorée, de nouveaux ennemis, environnements, mécaniques et types de missions, et me voilà avec 60h que je n’ai pas vu passer de plus au compteur Steam. Hein ? Comment ça il n'y a pas de chiens dedans !?



miniblob : Quand même, ne pas différencier un chien d’un alien, faut le faire ! Pour ma part, mon titre canin de l’année, c’est sans aucun doute Tacoma, ce jeu où on explore une station spatiale déserte en essayant de recoller les morceaux pour comprendre ce qui est arrivé à l’équipage. C’est par les créateurs de Gone Home, ils ont revu leur copie pour proposer un truc plus interactif, plus vivant, en nous donnant accès aux enregistrements 3D du personnel. Et forcément dans le lot il y a un animal de compagnie qui est souvent bien planqué… Oups, tout compte fait je crois que c’est un chat.



Nicaulas : OK, donc le principe c’est de répondre pile à côté de la catégorie, c’est ça ? Eh bien moi aussi je vais m’y mettre, en parlant d’un jeu qui a VRAIMENT du chien (des chiens, en l’occurrence), auquel j’ai joué en 2017, mais qui est sorti en 2016 (c’est une autre manière de répondre à côté) : Inside. Successeur de Limbo, toujours développé par Playdead, Inside est un jeu de plate-forme narratif. Et ses séquences les plus retorses sont celles où on se fait courser par des chiens, où l’on meurt en boucle jusqu’à trouver la bonne série d’actions pour s’en sortir. Et hors Zelda, ce sont les seuls chiens dont je me souvienne en 2017.



Hell Pé : Bien tenté Nicaulas, mais moi je connais TROIS jeux de 2017 qui ont du chien : Zelda Breath of the Wild, Oἶκoςpiel, Книга Первая et Everything. Et si y’en a un qui dit que ce sont les seuls jeux de 2017 auxquels j’ai joué, eh ben c’est qu’une mauvaise langue de cacaboudin d’abord (parce que j'ai aussi joué à Sonic Mania)



Fougère : Moi c’est pas mieux, parce que depuis que je l’ai acheté, je ne joue presque que à un seul jeu : PUBG. Mais qu’est ce que vous voulez, le frisson de la chasse, c’est addictif. Les soirées à jouer entre potes aussi, entre les instants de grâce où tout marche bien et les fails à répétition, y’a rien de mieux pour passer un bon moment. Comment ça je suis pas non plus dans le sujet ?



Feed : Dans Horizon: Zero Dawn, y a des dino-robots. Ça a du chien ça. 



Frostis : J’ai deux chats. Vous pensez vraiment que je vais jouer à des jeux avec des clebs ? Ces sous-animaux totalement cons ?
 
C7 : Tu n’es qu’un spéciste Frostis, hiérarchiser les animaux c’est méchant comme dirait le grand Aymeric Caron (heum, heum) et puis de toute façon Le jeu qui a du chien ne peut être qu’Okami HD. Si vous n’avez pas encore fait l’original il est encore temps d’ajouter le remake à votre gamelle. Bon ok c’est plus une louve qu’un clebs mais on est bien dans la catégorie hors sujet alors Fi !

La mécanique de gameplay de 2017 qui t’as le plus fait câbler

Distingue le plus gros mindblown de l'année.

Hell Pé : De tous les jeux de 2017 que j’ai terminés en 2017, le meilleur auquel j’ai joué ne mérite pourtant pas, à mon sens, les 20/10 que tout le monde s’est empressé de lui donner. Les combats y sont bordéliques, son scénario est rasoir, ses secrets décevants, et il vient un moment fatal où, après en avoir fait à peu près le tour, sa magie s’estompe et il ne reste plus qu’à y faire des salles de Portal et soulever des centaines de cailloux pour trouver des petites crottes dorées. Il n’empêche, malgré tous ces défauts, je ne crois pas qu’un autre monde ouvert soit plus savoureux à explorer que celui de Breath of the Wild. Après cent heures sur ce jeu dont cinquante à délibérément rien foutre de constructif, comment apprécier les sentiers d’Horizon Zero Dawn jonchés de marqueurs jaunes et de PNJ robotisés (ironique pour un jeu où on chasse des robots har har har) ? Comment tolérer le moindre openworld Ubisoft où tout semble vous hurler dessus ? Comment ne pas se sentir frustré en relançant un Zelda plus vieux et en se rappelant que, tout petit déjà, on (comprendre : je) rêvait de grimper sur cette skybox pixelisée en pensant que c’était une montagne ? Avec BoTW, Nintendo a enfin compris, sept ans après sa sortie, que le futur du monde ouvert et de la liberté de mouvement, c’était Minecraft. Maintenant, qu’ils s’occupent de peaufiner le reste, et le prochain Zelda ne sera pas seulement le jeu de l’année, mais celui de la génération.



ZeP : Zelda c’est certes sympathique, mais cette année, il y a quand même eu un jeu qui a inventé un nouveau genre. Le but est de résoudre des énigmes grâce au maniement de la souris sur des éléments du décor, afin de récolter et combiner des objets ensemble. On peut également utiliser cette mécanique pour répondre à divers personnages, comme dans Fallout 4 ou un jeu Quantic Dream, mais avec de vraies phrases construites. Bref, l’innovation en 2017 porte un nom : Thimbleweed Park.



Nicaulas : Pas besoin d’open world gigantesque ni de point’n click surréférencé destiné aux quarantenaires nostalgiques pour avoir LA mécanique de gameplay la plus incroyable de 2017. Elle se trouve dans un petit walking simulator tout simple : What Remains of Edith Finch.
*hurlements de rage et flopée de moqueries dans la salle*
Houla, calmez-vous, je sens dans votre réaction une légère pointe de mépris de classe envers les simulateurs de marche. Celui-ci, développé par Giant Sparrow, est une collection de saynètes douce-amères dans lesquelles on revit les décès étranges des membres de la famille Finch. Celle de Lewis Finch est incroyable : ex-toxico, dépressif et employé d’une conserverie de poissons, il passe ses journées à trancher la tête de saumons. Le joueur doit donc, avec sa souris, mimer le mouvement répétitif et aliénant consistant à prendre le saumon à gauche de l’écran pour le déplacer à droite, sous le tranchoir. Mais Lewis imagine un monde fantastique dans lequel il s’échappe et qui prend de plus en plus de place dans sa tête, et donc à l’écran. On y dirige donc, avec ZQSD, son avatar fantasmé qui explore le monde, combat des monstres et conquiert des royaumes. Ce gameplay main droite/main gauche soutient non seulement le propos sur l’aliénation (j’ai continué machinalement à faire le mouvement pour trancher les saumons alors même que le fantasme avait pris le pas sur la réalité), mais il renvoie aussi et surtout le joueur à ses responsabilités : en avançant dans le niveau, on précipite Lewis vers sa mort. Pour le sauver, il faudrait arrêter de jouer. C’est une mécanique centrale dans Edith Finch, tous les flashbacks fonctionnant un peu sur ce principe, mais c’est dans le segment de Lewis qu’elle fonctionne à plein régime.



miniblob : Qu’est ce que j’aurai aimé pouvoir rebondir sur la proposition de Nicaulas en bandant les muscles et en prenant la position du trou gaymeur défendant l’orthodoxie du jeu vidéo ! Pas de bol, je suis de son avis : cette conserverie m’a aussi embarqué dans la plus chouette expérience de gameplay de 2017. Du coup, je me rabats sur mon dauphin en la matière, l’hypnotique Gorogoa. La mécanique du titre est ultra simple : l’écran est divisé en quatre, autant de fenêtres vers des décors ou des atmosphères différentes dans lesquelles on peut zoomer ou dézoomer. Les éléments ainsi découverts peuvent créer des logiques d’une fenêtre à l’autre, compléter des puzzles ou être déplacés un peu à la manière de calques. Le tout est à la fois hyper intuitif et ingénieux, tout ça pour un résultat épuré au possible : c’est court mais c’est ciselé. Pas de temps mort, pas de redite, le cerveau est constamment titillé sans pour autant être accablé. Bref, c’est un vrai plaisir de sentir son esprit s’emparer de ces énigmes et de les laisser y trouver leur place comme dans une mécanique bien huilée.



Fougère : Meh. Pendant que mes collègues sont en pâmoison devant des jeux arty, ils oublient que Supergiant Games a complètement redéfini le mot “immersion” dans le JV avec leur dernier titre, Pyre. Sorti discrètement cet été, et injustement boudé par les joueurs, Pyre est un jeu narratif entrecoupé de matchs de sport ritualisés, qui vous fait suivre la vie d’un groupe de bannis dans un monde mystérieux, qui se dévoile à mesure que les heures de jeu s'égrènent. Comme on s’y attendait, le jeu brille tout d’abord par ses graphismes, des illustrations 2D réalisées avec amour, et sa bande son, enchanteresse et entêtante, mais le coup de génie se cache derrière la place du joueur dans l’histoire, et comment le jeu a été designé autour de cette contrainte. En gros, littéralement tout ce que vous allez voir à l’écran est justifié. Pourquoi votre personnage ne peut pas parler, la place que vous occupez parmi vos compagnons, la musique que vous entendez, les règles qui régissent le monde, absolument tout est expliqué, en détails, de manière logique et sensée. Cela permet une immersion facile et robuste, que ce soit dans l’univers ou dans les relations que vous allez entretenir avec la galerie de personnages fabuleusement bien écrits. Bref, c’est doux, c’est bon, c’est beau, vous devez y jouer !



Feed: Le mindblown de l'année, c'est Assassin's Creed Origins. Qui s'attendait à autre chose que la même soupe qu'on nous ressert depuis 10 ans ? Qui s'attendait à des personnages "humains", attachants ? Qui s'attendait à s'amuser sur un Assassin's Creed en 2017 ?



Frostis : Excuse-moi de te dire ça, mon pauvre Hell Pé, mais tu confonds un peu tout. Tu fais un amalgame entre la coquetterie et la classe. Heureusement, tu as tout de même un peu de bon goût en mettant de côté les rageux et en citant The Legend of Zelda : Breath of the Wild, qui renouvelle tout simplement l’open world et l’aventure comme on nous les donne depuis des années. Mais j’en vois encore jouer à des Point’n Click moisis ou à des jeux de découpe de saumons. Arrêtez tout. La meilleure mécanique de gameplay se trouve être dans Super Mario Odyssey. Sérieux, la possibilité de sauter sur sa casquette afin d’atteindre de nouvelles hauteurs, c’est pas complètement dingo ça ? Ok. J’aurais aussi pu citer la roulade dans Splatoon 2.



(merci à Léo pour nous avoir traduit "Book One" en russe ! suivez-le sur Twitter il est très gentil)
Comme quoi, même avec des catégories un peu à la con et un concept débile, il y avait matière à mettre en lumière un paquet de bons jeux. 2017 a été une année d'une richesse incroyable, et 2018 a commencé sur les chapeaux de roues avec Dragon Ball FighterZ, Monster Hunter World, Opus Magnum ou encore Celeste, pour ne citer qu'eux. Quelque chose nous dit que dans un an, on se retrouvera avec un nouveau concept et pleins de jeux à mettre dedans.
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