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Les expériences à la con du week-end : épisode 4 - Ubuntu sur une Surface

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
Les Surface Pro ne sont pas des appareils fiables. Voilà, c'est dit. Au boulot, on a eu une vague de Surface Pro 4s qui ont décédé ces derniers temps pour diverses raisons. Pour l'une d'entre elle, c'est le SSD qui a claqué. Je demande donc à mon gentil admin réseau si on ne peut pas tout simplement le changer et il me répond que démonter les Surface est une vraie galère, qu'il faut des outils spéciaux et qu'il y a de grandes chances que l'écran soit fissuré dans la manoeuvre.

Je me dis qu'il n'a tout simplement pas envie de le faire car il préfère passer son temps à consulter des catalogues de pièces détachées pour sa BMW. En regardant un peu sur le net, je me rend compte qu'il a raison. Il faut un kit type iFixit et l'écran est super fragile. Vu que je ne suis pas doué de mes dix doigts, je pense laisser tomber.
Mais je me rappelle que la SP4 comporte un port microSD et j'ai justement une microSD de 32 Go qui traine. Je l'avais utilisé pour coller Windows 10 sur un Raspberry Pi 3. La conclusion est simple : ne le faites pas. C'est une perte de temps. Ca rame comme c'est pas permis. Mais par contre Windows 10 sur une SP4 devrait fonctionner au poil vu que c'est prévu pour. En cherchant plus, je tombe sur un type qui a booté sa SP4 à partir de sa carte microSD. Mais il n'a pas utilisé Windows 10. Il a collé Ubuntu. LINUX. Le tuto mentionne qu'il faut une clé USB, une souris et un clavier. Je m'empare donc des deux premiers et pour le clavier, j'espère que celui intégré à la Type Cover fonctionnera.

J'installe l'ISO de Ubuntu 18.04.2 LTS sur la clé USB en utilisant Universal USB Installer, je désactive le Secure Boot sur la Surface, je change l'ordre des périphériques bootables, j'insère la clé et la microSD et je reboote. Je suis accueilli par un bel écran noir avec juste une ligne de texte indéchiffrable m'expliquant qu'une interruption a merdé. Me voilà bien avancé. Le tuto mentionne Ubuntu 16.04.2 LTS au lieu de la 18 donc je trouve l'ISO sur le net et réessaye. Victoire! Je suis maintenant dans l'interface d'installation d'Ubuntu.

J'arrive au point où il faut créer des partitions. La bonne nouvelle est que la microSD est reconnue. La mauvaise est que je n'ai aucune idée de ce que je fais. Je lis encore quelques tutos et choisis de créer 5 partitions : 1 Go pour boot, 10 Go pour root, 18 Go pour home, 2,5 Go de swap et le reste pour la partition UEFI. La Type Cover fonctionne tout comme ma souris USB. Ubuntu me demande si je veux aller à fond dans l'UEFI au risque de perdre l'accès à d'autres OS. Vas-y mon gars. Même pas peur. Et l'installation démarre.



Et tout se passe bien. Et la Surface reboote. Non pas sur la clé USB mais sur la microSD. Et le WiFi fonctionne tout comme la batterie et le Bluetooth. Je suis en résolution native et tout semble super réactif. L'écran tactile ne fonctionne pas par contre. En cherchant un peu, je tombe sur Linux On Surface, un noyau spécial pour les idiots dans mon genre. Je tape une ligne de commande pour installer un client git et une autre pour cloner le repo git. (Petite parenthèse : git a été créé par Linus Torvald pour versionner le code de Linux. Et le code de git est versionné sur un serveur git). Puis je lance l'installation du noyau via un script. Sur Linux, la plupart des pilotes sont directement inclus dans le noyau. Du coup pour installer un nouveau pilote, il faut installer un nouveau noyau voir en recompiler un soi-même. Dans la pratique, c'est moins effrayant que cela en a l'air mais ce n'est pas pratique vu qu'il faut rebooter.

Dans mon cas, rebooter est effrayant vu que je ne l'ai pas encore fait post-installation. Je réponds "oui" à toutes les questions qu'on me pose sans en comprendre la moitié et je reboote la bécane. Suspense. Un message d'erreur apparait mais la séquence de boot continue et me voilà de nouveau sur Ubuntu. Avec le son. Et l'écran tactile. Etape suivante : Steam ! Je choppe l'installeur sur le site web qui est en fait un lien vers des repos Debian. Ubuntu installe les fichiers comme un grand ainsi que tout plein de dépendances qui ont une bonne tête de pilotes graphiques. Steam se plaint que je n'ai pas assez de place mais après un redémarrage il se rend compte que tout va bien. Steam se lance et je me rends compte que j'ai près de 300 jeux supportés.



Je commence avec Doom 2. Ecran noir. Mais j'entends le son. J'ai peut être poussé le bouchon un peu loin : la version Steam de Doom 2 se lance via Dosbox qui se lance via Proton. Je tente avec un jeu natif : Half-Life. Et même pas la version Source. Il se lance sans problème. Je ne peux pas changer la résolution mais 1024x768 passe bien sur un écran 3:2. Avec un peu de bidouillage, je peux lancer le jeu en résolution native. Test suivant : Hotline Miami. Il se lance sans problème directement en 2736 x 1824. L'expérience est concluante. Je songe même à acheter une microSD de 128 Go.
Le but de l'exercice était double : ressuciter une Surface Pro 4 et tester Linux. Concernant ce dernier, j'aurais dit "plutôt mourir" il y a quelques années mais ces derniers temps ma position a changé principalement grâce à Valve et Steam et au fait qu'on peut jouer sur Linux à des vrais jeux. Accessoirement, les plans de Microsoft concernant Windows semblent assez obscurs donc il vaut mieux être préparé. Je songe aussi à tenter d'installer Hackintosh dans le futur (macOS sur un ordinateur qui n'est pas fabriqué par Apple) mais il faut d'abord que je trouve un PC cobaye.
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