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Le Relief, partie 1 : au cinéma

divide par divide,  email  @divideconcept

La guerre des standards



Face à la montée du téléchargement dans les années 2000 les studios mettent à nouveau en avant cette technique, avec les évolutions qu'elle a connue depuis.
À toute vitesse, les salles s'équipent principalement avec deux techniques :

- RealD : projection polarisée circulaire, obtenue par un déphasage des vibrations. Avantage : les lunettes sont légères, ne coutent rien et ne peuvent pas tomber en panne. Inconvénient : l'équipement coute cher, puisqu'il faut également changer l'écran (la polarisation nécessitant un écran métallisé).

- XpanD : projection à lunettes actives à une fréquence de 120Hz, synchronisé par impulsions infrarouge (capteur situé entre les deux yeux, un moyen facile de tester si vos lunettes marchent avant la projection : une fois dans la salle, passez rapidement le doigt devant, un des verres devrait scintiller). Avantage : la mise en place est facile. Inconvénient : les lunettes peuvent tomber en panne.

Une troisième technique est également développée, Dolby 3D, mais malgré son ingéniosité elle n'est que peu utilisée : elle fonctionne sur le principe de la décomposition chromatique, comme les antiques anaglyphes, mais en bien plus perfectionné. Chaque œil reçoit en effet une image en couleurs pleines grâce à l'utilisation de filtres dichroiques qui peuvent filtrer précisément plusieurs fréquences d'une même couleur. Avantage : facile à mettre en place et les lunettes ne peuvent pas tomber en panne. Inconvénient : comme les filtres sont en verre les lunettes sont lourdes, et la dichroie ne filtre parfaitement que dans une direction précise, la vision sur les cotés est donc perturbée par du « ghosting » (image destiné à l'autre œil qui passe malgré tout partiellement).
Cette technique est utilisée entre autre à la Géode, où il était difficile de remplacer l'écran...

Quand aux 3€ supplémentaires demandés pour chaque séance en relief, ils servent principalement à rembourser l'investissement en projecteurs numériques, le cout des lunettes ne représentant qu'un tiers de cette somme (certains cinéma proposent une réduction d'un euro si on fournit ses propres lunettes).

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Les lunettes RealD, XpanD et Dolby 3D


Une relance artistique



Fin 2008 commence donc le nouvel âge d'or du relief, avec comme premier film Voyage au centre de la Terre (Brevig, 2008) : pas un chef d'œuvre, mais de quoi relancer la machine ! À coté de ce genre de productions grand public à effets, commencent à apparaître petit à petit quelques œuvres de réalisateurs reconnus, notamment les films de Zemeckis (qui n'avait pas attendu la nouvelle vague relief pour s'y essayer dès 2004 avec le Pôle Express), Coraline de Selick, Avatar de Cameron, Alice au Pays des Merveilles de Burton et bien sûr les productions Pixar.

Si la vague des années 50 n'a pas laissé un grand souvenir, cette nouvelle vague est l'occasion d'essayer d'établir une grammaire du cinéma en relief, auquel contribue principalement Zemeckis.

Ce réalisateur prolifique, auteur du Pôle Express (2004), de Beowulf (2007) et Le Drôle de Noël de Scrooge (2009) a mis en avant une utilisation à la fois spectaculaire et réfléchie du relief au travers de la motion capture et ce bien avant Avatar... À coté des séquences à effets type roller coaster, il tente d'utiliser le relief à des fins narratives, par exemple dans Beowulf (séquence subjective à travers le trou d'un tonneau) et le Noël de Scrooge (l'ombre de la mort qui se matérialise et se dématérialise).

Avatar crée le plus gros buzz jamais vu pour un film en relief, mais au final son utilisation dans le film est anecdotique : près de deux-tiers des plans sont presque plats, Cameron reconnaissant avoir pensé son film avant tout en 2D. Tout juste fait-il un clin d'œil à cette technique dans l'un des plans d'ouverture, lorsqu'un point se matérialise au dessus du héros. Les particules flottantes de Pandora rappellent de temps en temps sa présence, mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à dire à ce sujet... D'autant que Cameron a concentré la convergence sur le plan écran afin de réduire la fatigue visuelle (ces problèmes seront abordés dans la troisième partie du dossier), mais réduisant du même coup son impact.

Enfin, le cas Alice au Pays des Merveilles est un peu problématique puisque le relief des prises de vues réelles a été rajouté en post-production (et non au moment du tournage), ce qui se trahit par des scènes un peu plates ou découpées en une série de plans 2D. Dans le reste du film, composé à 80% d'images de synthèse, ce problème n'est plus visible puisque les informations 3D sont là pour générer un relief correct.
Quand aux proportions des personnages, le relief est ici à double tranchant : tantôt erronés d'un plan à l'autre, tantôt sublimant les disproportions et les profondeurs de cet univers (Alice caché sous le chapeau face au chien, le Chat disparaissant pour dévoiler l'arrière plan...).

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Le Chat d'Alice vu par Burton


Les films en relief à suivre prochainement : Toy Story 3 (Lee Unkrich, 18 juin 2010), Shrek 4 (Mitchell, 30 juin 2010), Tron l'héritage (Kosinski, 15 décembre 2010), Tintin : Le Secret de la Licorne (Spielberg, 2011), Yellow Submarine (Zemeckis, 2012).

Dans la 2eme partie de ce dossier, nous aborderons le relief à la maison.
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