ARTICLE
Expériences et recommandations de cette première moitié d'année
Afin d’alléger mon article de Fact’or de fin d’année et parce que les soldes d’été sont en cours, j’ai décidé de parler des jeux auxquels j’ai joué en ce début d’année. En bonus, je vous parle aussi d'autres œuvres culturelles.
J'ai longtemps été bercé par les articles permettant d'avoir des aperçus rapides de certains jeux, le plus souvent peu connus, pour élargir ma connaissance du milieu et découvrir comment dépenser mon argent et mon temps de façon satisfaisante. Voici donc un article bien bavard me permettant de parler de titres qui ne sont pas récents et sans avoir à en écrire le test !Sur la première page, je vous propose la grande majorité des jeux auxquels j’ai joué en ce début d’année et que j’ai globalement plutôt appréciés.
En seconde page, vous trouverez un descriptif plaintif de Diablo IV et Path of Exile 2 que j’ai séparés car ils sont très longs et probablement dispensables, mais j’avais besoin d’évacuer ma frustration quelque part.
Enfin, la troisième page est là pour lister des recommandations en dehors du jeu vidéo.
RV There Yet?

RV There Yet nous promet un moment de rigolade avec jusqu’à trois camarades prêts à rentrer de vacances en camping car. C’est un jeu basé sur la physique pour amener des situations ridicules et drôles, tout en nous demandant de gérer une certaine forme de survie, en guérissant nos blessures et en réparant notre véhicule.

Pour poser l’ambiance, c’est un jeu dans lequel, pour sprinter, il faut sortir une cigarette et tirer un taffe.
On est mis face à des sortes de puzzles le long de la route que nous parcourons avec notre van plutôt fragile et c’est à nous de décider comment on traverse tel ravin ou tel pont. Si certaines méthodes s’avèrent être toujours efficaces dans toutes les situations, on reste libre de tenter des trucs idiots avec une catapulte ou un cric.
C’est super pour passer un moment entre copains, c’est pas cher et vous pourrez y passer une dizaine d’heures.
Endless Legend 2

J’avais parlé d’Endless Legend 2, le superbe 4X, l’année dernière pour exprimer ma déception philosophique concernant la présentation de la narration du jeu et il se trouve qu'Amplitude m’a écouté, moi, et uniquement moi. Ou tous les gens qui ont dit la même chose bien avant. Allez savoir.
En effet, une nouvelle version, plus proche du titre précédent et parfois un peu moins individualiste, a été annoncée puis introduite. La narration ne se déroulant plus uniquement en dialogues façon visual novel mais sur un écran dédié et magnifiquement illustré.

Cependant, j’y ai joué avant ces changements, profitant d’une soirée avec un ami pour me lancer une petite partie de quelques heures. C’est toujours aussi bien en termes de gameplay, à des années-lumière d’un Civilization, mais c’est peut-être parce que j’en ai marre des jeux historiques et de leurs limites.
Alchemy Factory

Super petite découverte de début d’année, ce titre nous propose d’utiliser les mécaniques des jeux d'industrie (Inifinifactory, Factorio, Satisfactory…) pour créer des potions et autres objets à vendre dans notre petite boutique d’alchimie.
C’est mignon, on peut y jouer à plusieurs et c’est de l’automatisation. Si vous n’aimez pas ça, ça ne vous plaira pas, mais si vous aimez ça, ça vous plaira. Simple. Basique.
The Bazaar

Au détour de quelques vidéos parlant de jeux vidéo, j’avais vu des mentions de ce titre mêlant construction de deck et auto battler. À la fois intrigué et méfiant, connaissant mes tendances à jouer sans modération à certains jeux (coucou Slay the Spire), j’ai décidé de profiter d’une promo pour me jeter dessus.
Effectivement, le jeu est solide, proposant les synergies habituelles des constructions de decks qu’on va ensuite tester en regardant la victoire ou la défaite inexorablement arriver lors de combats automatisés sur lesquels on n’a pas la main.
À la place d'un vrai deck de cartes à piocher, on a ici un plateau à remplir d’objets ayant chacun une taille donnée. À nous de choisir si nous désirons accumuler beaucoup de petits objets qui s’alimentent les uns les autres, ou si on préfère se tourner vers quelques très gros items puissants qui auront plus d’impact individuel.

Au fur et à mesure des premières manches qui constituent chaque partie, notre plateau va s’agrandir, nous permettant d’exploiter plus de place. L’emplacement de plusieurs objets a aussi une importance, via des systèmes d'adjacence ou d’amélioration d’items à certaines positions particulières.
Un super avantage de ne pas proposer d’affrontements en temps réel, comme un jeu de cartes typique, est de pouvoir mettre les joueurs en face de decks d’autres joueurs “fantômes”, sauvegardés lorsqu’ils en étaient à la même étape. Ainsi, peut-être que votre configuration sera jouée pendant plusieurs jours alors que vous n’êtes plus devant votre jeu, obstacle d’un joueur qui tente de gagner sa partie et qui se retrouve à devoir vaincre votre plateau. En supplément, on peut arrêter sa partie en cours à n'importe quel moment pour y revenir lors d’une autre session.
Le jeu de base nous offre trois personnages ayant des mécaniques et objets différents, bien qu’il soit possible d’avoir des items d’autres personnages et que certains autres sont neutres et accessibles à tous. En supplément, quatre DLC, chacun au même prix que le jeu de base, ajoutent quatre personnages supplémentaires pour encore plus de diversité.

C’est malheureusement très addictif. La première fois que j’ai lancé The Bazaar, j’y ai passé la nuit entière. J’ai testé les différents personnages, j’ai pu gagner une partie et en perdre plein d’autres et il y avait à chaque fois cette tentation immense de refaire une “petite” partie de plus.
Pour me protéger, j’ai décidé de désinstaller le jeu. Un titre sans fin avec des parties modulables en temps de jeu et un potentiel addictif via la découverte et l’auto-persuasion qu’on fera mieux si on relance tout de suite une partie, c’est un peu dangereux pour moi. Préférant me poser des limites en me tournant vers des titres proposant une fin (à moins de jouer avec des copains), je reste loin de The Bazaar. Peut-être pourra-t-il vous convaincre de lui donner sa chance et de passer de bons moments mais consommez le avec modération !
Ravenswatch

Voici un roguelike plein de variété auquel je joue avec des amis. Je m’y amuse beaucoup, même si la difficulté en multijoueur est plutôt élevée. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai décidé d’essayer tout seul et que j’ai roulé sur le premier niveau de difficulté, alors que nous avions du mal à traverser les niveaux à plusieurs.
Il y a plein de personnages gratuits et des ajouts de contenu qui ont été assez généreux. Un protagoniste supplémentaire et des modifications cosmétiques sont disponibles en DLC, si on souhaite soutenir l’équipe de développement.

Seul point noir notable, il s’agit d’un titre édité par Nacon et développé par l'un de ses studios. Fort heureusement, Passtech Games n’a, semble-t-il, pas été fermé et donner des sous pour Ravenswatch ne fait donc pas qu’enrichir un éditeur pas franchement méritant.
Petit rappel qu'avec la fermeture de Spiders et de Big Bad Wolf, acheter leurs jeux ne fait qu’engraisser leur bourreau, Nacon. Si vous souhaitez tout de même profiter de leurs jeux de rôle parfois maladroits mais manifestement chéris par certains, sans vous conseiller de passer par les hautes mers, je vous incite à vous faire plutôt prêter les jeux, ou à trouver des clés d’occasion.
Project Wingman

Enfin ! J’ai mis la main sur un casque de VR !
J’avais testé la techno il y a plus d’une dizaine d’années et j’ai enfin pu essayer pour de vrai. J’ai donc lancé Elite: Dangerous et mon PC m’a invité à aller me faire voir. Manifestement, ma bécane n’est pas adaptée et si je ne veux pas jouer en pixel art, je ne peux pas bouger la tête sans voir les chargement du décor à cinq images par seconde.
J’ai donc lancé Project Wingman. Plutôt que d’avoir un super vaisseau spatial, je me retrouve donc aux commandes d’un avion de chasse, chantant la gloire du complexe militaro-industriel.
C’était marrant trente minutes mais j’ai trouvé le tout assez limité. La mission qui m’était proposée était affreusement longue et pas très satisfaisante, détruisant ma patience et mon envie de continuer. J’imagine que ce n’est pas un jeu pour moi. Pour être honnête, si j’avais pu jouer à Elite, j’aurais été en admiration pendant quinze minutes puis j’aurais de nouveau été happé par la boucle de gameplay du titre : s'emmerder et tourner en rond.
URBO

Continuant ma lancée dans la VR, j’ai lancé ce petit jeu de puzzle mignon et très simple. En posant trois structures de même taille côte à côte, elles fusionnent en une seule de plus grande taille. Le but est donc de gérer l’espace disponible pour faire grandir nos constructions de plus en plus puis de prévoir leur positionnement plus tard.
Au fur et à mesure, on débloque de nouveaux environnements et des variations cosmétiques de nos bâtiments, ainsi que des modes de jeu comme des puzzles préconstruits à résoudre, plutôt que le côté bac à sable du mode de jeu par défaut.
URBO possède des vertues relaxantes, que ce soit dans la mécanique ou l’ambiance sonore.
C’est pas cher et ça peut vous occuper quelques heures. Je n’ai pas tout débloqué donc je ne sais pas à quel point ça tourne en rond rapidement mais c’était une expérience sereine pendant laquelle je n’ai pas vu le temps passer. Parfait pour se dissocier d’un quotidien aliénant.
Trover Saves the Universe

Voilà un petit jeu qui me faisait de l'œil depuis un petit moment. Développé pour la VR, bien que jouable sans, j’attendais avec impatience de pouvoir y jouer. J’aime bien l’humour pipi caca et ce titre, créé par le studio Squanch Games dont faisait partie Justin Roiland, co-créateur de Rick et Morty, et qui se vautre dans l'absurde le plus délicieux.
Peut-être avez-vous découvert le studio avec leur titre suivant, High on Life, FPS déjanté qui se trouve aussi sur ma liste de jeux à faire.
Ici, nous incarnons un alien sur un fauteuil volant dont les deux caniches ont été kidnappés par une entité maléfique qui s’en sert d’yeux. Oui, il a inséré nos chiens dans ses globes oculaires. Trover nous propose de nous aider à aller les récupérer et on contrôle ce dernier à la manette, grâce à un lien nous unissant.

On incarne donc un personnage qui possède une manette pour contrôler Trover. C’est alambiqué mais ça permet d’expliquer la mise en scène adaptée à la VR. Notre avatar ne se déplace pas, c’est Trover qui se promène et qui tape les ennemis ou effectue des déplacements le long des plateformes.
Dans chaque scène, il y a un téléporteur qui, si activé, y déplace notre personnage, et donc la caméra, vers une nouvelle scène. Grâce à ce stratagème, impossible d’avoir la gerbe à cause des mouvements de caméra. Finalement, c’est assez proche de ce que pourrait faire Half-Life: Alyx sauf que le déplacement n’est pas libre mais contraint aux points de téléportation.
L’histoire et les personnages sont stupides et délirants, c’est vulgaire et insolent, Bref, c’est un chef-d'œuvre.
Nordhold

Il y a de nombreuses lunes, je vous avais proposé une petit review après avoir essayé la démo du jeu lors d’un événement Steam Neo Fest.
J’ai enfin pu mettre la main sur le jeu complet, et c’est toujours aussi bien !
Il s’agit d’un tower defense qui allie construction de village (somme toute assez légère) et massacre de vagues d’ennemis. Toutes les dix vagues, un vilain boss apparaît et s’il atteint la porte du village, la partie est perdue, là où les autres ennemis réduisent simplement la santé de la porte.
À chaque vague, ou presque, on nous propose un événement nous permettant d’améliorer un type de tourelles, d’acheter des reliques ayant différents effets ou d’avoir divers types de bonus impactant un certain nombre de vagues suivantes.
Pour avoir accès à tout ça, on devra d’abord se contenter d’une expérience austère qu’on pourra améliorer grâce aux points d’honneur obtenus en éliminant des vagues d’ennemis. Cette monnaie nous permet de débloquer des bonus permanents qui affecteront toutes nos parties futures.

Après avoir réussi à repousser les 30 vagues, la partie est officiellement terminée on peut choisir de l’arrêter ou de continuer en mode infini avec des vagues qui gagnent très rapidement en puissances et qui rapportent plein d’honneur, tout en nous permettant de nous hisser dans un classement global.
Les autres modes de jeux sont très similaires, du classique mode à la difficulté qui augmente au fur et à mesure qu’on termine avec succès une partie (comme Slay The Spire) au mode permettant d’utiliser nos points d’honneur pour avoir des bonus.
C’est efficace et relativement varié. Cependant, certains choix d’améliorations semblent bien moins intéressants que d’autres, ce qui réduit un peu la diversité (sauf si l’expérience prime sur l’optimisation). Pour vingt balles, il y a largement de quoi nous occuper quelques heures si refaire toujours la même chose mais en plus difficile est notre délire.
Fellowship

La troisième saison de ce dungeon crawler reprenant les mécaniques de World of Warcraft est sortie !
J’aime toujours autant y jouer, même si je ne suis pas convaincu de la pertinence du planning de sortie des nouveaux personnages. Lors de la première saison, le goulot d’étranglement était au niveau des tanks, il n’y en avait simplement pas assez par rapport aux autres pour avoir des temps d'attente très rapides.
La saison deux avait introduit un nouveau tank et une nouvelle soigneuse, ce qui a surchargé ces deux rôles, déplaçant le goulot vers le troisième rôle, les cogneurs, ce qui est plutôt rare dans ce type de jeu. En effet, beaucoup de joueurs voulaient jouer les nouveaux personnages.
Pour cette troisième saison, nous avons un nouveau cogneur, ce qui re-déplace le goulot du côté des tanks. Il aurait probablement été judicieux de faire attention aux rôles des nouveaux personnages à chaque saison pour que les gens qui se dirigent vers la nouveauté soient mieux répartis.

Ce genre de jeu, basé sur la trinité tank, soin, dégâts et très souvent limité par le nombre de joueurs souhaitant jouer tank et avoir des groupes de quatres joueurs (un tank et un soigneur pour deux cogneurs) fait encore plus pencher la balance alors que WoW, qui utilise des groupes de cinq (avec trois cogneur) souffre déjà grandement de ce problème.
Quoi qu’il en soit, je m’y amuse beaucoup, même si j’y joue seul le plus souvent, ce qui n’est pas l’idéal. C’est tout à fait possible et rien n’empêche de trouver des gens via le matchmaking (surtout si on joue tank) mais je suis une créature sociale qui a besoin de copains pour être épanouie.
Comme tous les jeux étant uniquement en multijoueur, le nombre de joueurs est un facteur déterminant et chaque début de saison permet de voir revenir les gens et de réduire les files d’attente. L’ajout d’un mode permettant de jouer avec n’importe quelle configuration de groupe (et dépassant la trinité) accentue cette accessibilité. Cela dit, dans quelque semaines, l’engouement sera parti et le nombre de joueurs va redescendre brutalement, ce qui rendra le jeu solo bien moins sympathique.
The Mageseeker

Il y a des plaisirs simples, dans la vie, comme une bonne révolution qui fait tomber des têtes aristocratiques.
Dans cette adorable aventure en pixel art, nous incarnons Sylas, un mage fraîchement sorti de prison, avec des envies révolutionnaires quelque peu violentes. J’y trouve une certaine similarité avec Wizard of Legend, dans le sens où on se choisit des sorts à lancer parmi une sélection pour partir en mission et castagner du vilain.
Ici, les vilains sont incarnés par l’ordre génocidaire des magseekers, qui cherche à éliminer les mages, jugés dangereux. Le souci, c'est que “mage” décrit toute personne ayant des dons magiques et une partie non-négligeable de la population développe un don magique vers l’adolescence. Peu importe qu’une personne n’ait que la possibilité de catapulter des choux et citrouilles, ou de conjurer du feu, tous, enfants et vieillards, sont considérés comme dangereux et doivent être éliminés.

Sylas, qui a commencé sa carrière en tant que mageseeker dans son enfance grâce à son don de détection de la magie, a fini en prison après un petit accident mortel. Il lui est en effet possible d’absorber la magie des gens et ainsi utiliser les différents pouvoirs qu’il capte mais, mal contrôlée, cette magie lui a pété à la gueule.
Après deux décennies derrière les barreaux, il trouve le moyen de s’enfuir et il met à feu et à sang la capitale pendant sa fuite.
Avec ses chaînes toujours attachées à ses bras, il fouette les vilains et peut voler leur magie pour la retourner contre eux. On passe donc nos parties à tabasser des mageseekers et des créatures qui se trouvent en travers de notre chemin, à grands coups de chaînes ou à l’aide de sorts débloqués au fur et à mesure de l’aventure, une fois qu’on a pu les voler aux différents ennemis.
Ca bouge bien, même si la visée à deux sticks n’est pas mon point fort (je n’ai pas essayé au clavier) et la difficulté me semble correcte. Peut-être y a t’il une trop grosse différence entre les combats normaux qui sont parsemés de checkpoints qui nous rendent notre santé et nos potions, et les combats de boss qui peuvent s’avérer un peu compliqués.

Le système de magie joue sur les vulnérabilités, avec trois groupes de deux éléments qui sont contraires l’un à l’autre, nous rendant plus efficace contre un élément opposé et moins efficace si notre cible est du même élément que notre sort. Cette variété permet de faire changer notre sélection de sorts fixes (on ne peut en avoir que jusqu’à 4 en même temps) en fonction des ennemis rencontrés à chaque mission et des spécificités des boss. On pourra toujours voler les sorts des ennemis du niveau pour les lancer, augmenter donc les possibilités.
L’histoire se déroule dans l’univers de League of Leagends, comme le très bon Ruined King, et j’imagine qu’on ne va pas nous laisser buter les personnages importants de la licence (j’aurais bien pris la tête du roi Jarvan). N’ayant pas encore terminé le jeu, j’ai peur que ça se finisse par un magnifique “ils ont décidé d’arrêter d’être méchants et un gentil roi, c’est pas si mal” ou une débilité du genre mais, pour l’instant, avec mes camarades révolutionnaires, on s’amuse pas mal à éclater de l’oppresseur.
Cependant, c'est assez étrange que tout le monde considère notre personnage comme un grand guerrier ayant une connaissance poussée de la magie alors qu'il est parti en prison dans son adolescence lors de ce qui semble avoir été sa première utilisation de la magie. Heureusement pour lui, il ne semble pas soufrir du syndrôme de l'imposteur.