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ACTU

Ubisoft : marche ou grêve

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
Les employés d'Ubisoft en ont ras-le-bol et le font savoir par une grêve de trois jours. Cinq syndicats sont à l'origine du mouvement (STJV, Solidaires Informatique, CGT, CFE-CGC et Printemps écologique) et il est plutôt bien suivi en France avec 1 200 salariés qui ont arrêté le travail. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est l'obligation de retourner au bureau alors que le groupe venait juste de finir de négocier le télétravail des employés deux jours par semaine. Un salarié qui s'était exprimé publiquement sur LinkedIn contre le retour au bureau a été suspendu puis licencié. Le groupe a aussi lancé un plan de départs volontaires pour 200 personnes à Ubisoft Paris.

Les mêmes syndicats appellent à la démission d'Yves Guillemot. En interne, les employés ne comprennent plus très bien ce qui se passe dans l'entreprise. Une réorganisation en chasse une autre mais une constante reste : les patrons. Elle va même gagner en pouvoir avec la réorganisation actuelle. Pourtant à ce stade, il est clair que les travailleurs ont totalement perdu confiance dans la direction. L'exode des talents est inévitable à moins d'un changement drastique au sommet.

"Oublions" pendant un instant le népotisme insupportable et la gestion désastreuse des affaires de harcèlement sexuels et concentrons nous sur l'aspect business. La stratégie Guillemot a consisté à vouloir absolument tout posséder en interne : moteur, studios et licences. Du coup, Ubisoft compte plus de 40 studios dans une vingtaine de pays différents et plus de 17 000 employés mais le chiffre d'affaires n'a pas suivi et peine à atteindre les deux milliards d'euros.

À titre de comparaison, Bandai Namco Entertainment fait un chiffre d'affaires similaire avec 2 000 employés. Et les plus gros jeux Bandai Namco comme Elden Ring ou Dragon Ball ne sont pas développés en interne ! Pendant ce temps, la politique "tout en interne" d'Ubisoft signifie qu'ils assument l'ensemble des risques et qu'ils doivent payer tous les gens "hors production" comme les RH, les comptables, les gestionnaires... Rien que de devoir orchestrer un développement dans plusieurs pays sur des fuseaux horaires différents et avec des langues et cultures distinctes doit être un cauchemar administratif et un gouffre financier.

La techno est aussi un problème : comme tout est fait en interne, le groupe se retrouve à devoir maintenir une demi-douzaine de moteurs différents (et parfois concurrents) dont la connaissance repose souvent sur une poignée de gens dans une industrie où le turnover est conséquent... À noter que de ce côté-là, les mentalités commencent à évoluer et surtout en France. Prince of Persia: The Lost Crown et les Just Dance récents ont utilisé Unity, par exemple.

Le développement chaotique de beaucoup de titres Ubisoft devrait être un signe que quelque chose ne se passe pas bien. Certains sont devenus célèbres comme Beyond Good and Evil 2 ou Skull and Bones mais en interne, on nous raconte que les reboots de projets sont monnaie courante et que les studios enchaînent les first playable prototypes sans que rien ne sorte. Le fait qu'Ubisoft ne soit pas arrivé à livrer un remake de leur propre jeu (Prince of Persia : Les Sables du Temps) en dit long sur les problèmes que rencontre le groupe.

Et pendant ce temps, c'est la même direction qui annule des jeux ou qui décide d'en rebooter le développement pendant qu'elle donne le feu vert à des projets absurdes car "c'est à la mode". Citons le délire sur les NFT qui n'est allé nulle part, le battle royale Hyper Scape qui a rapidement fermé ses portes ou encore le crossover XDefiant qui a connu le même chemin, tout comme le free-to-play mobile Tom Clancy's Elite Squad. Gag, ce dernier était développé par Owlient et devinez qui dirigeait le studio ? Un certain Charlie Guillemot qui se trouve maintenant à la tête de Vantage... Forcément, Ubisoft est aussi à fond sur l'IA générative. Peut-être qu'ils devraient pousser le concept jusqu'au bout et remplacer les Guillemot par des agents IA. Ils prendraient sûrement de meilleures décisions.
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