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ACTU

Les doubleurs donnent de la voix

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
Souvenez-vous : en 2008, Michael Hollick, l'acteur qui incarnait Niko Bellic dans Grand Theft Auto 4, se plaignait de n'avoir reçu que 100 000 dollars pour 15 mois de travail et pour un jeu qui a rapporté plus d'un milliard de dollars. Michael n'avait rien contre Rockstar : il était en colère contre son syndicat qui imposait des contrats inappropriés à l'industrie vidéoludique.

Depuis, le syndicat en question, le Screen Actors Guild, a fusionné avec l'American Federation of Television and Radio Artists pour créer ainsi le SAG-AFTRA qui regroupe tous les acteurs quel que soit le média. La majorité des doubleurs des jeux vidéo y sont syndiqués. L'union faisant la force ouvrière, le salaire des doubleurs s'est amélioré mais ces derniers continuent de s'estimer floués et exigent des royalties sur les ventes des jeux. Ils exigent aussi de limiter les sessions d'enregistrement trop "intenses" à deux heures et d'avoir un coordinateur de cascades s'ils font aussi de la mocap.

S'ils n'obtiennent pas tout cela (enfin surtout l'aspect pognon), ils vont tout simplement faire grêve. Le mouvement est soutenu par tous les grands doubleurs comme Jennifer Hale (Mass Effect), David Hayter (Metal Gear Solid) ou Will Wheaton et est regroupé autour du hashtag #PerformanceMatters. Si la grêve est déclenchée, tous ceux sous la branche Interactive du SAG-AFTRA arrêteront de bosser c'est à dire à peu près tout le monde.

Au sein du milieu des doubleurs, le soutien est massif. 96.5% des doubleurs ont voté en faveur de la grêve. Mais de nombreuses voix dissidentes se font entendre. Elles ne viennent pas des doubleurs mais du reste de la profession : game designers, développeurs, artistes... En effet, ces derniers n'ont pas toujours le droit aux royalties. Alex Hutchinson (creative director chez Ubi sur Far Cry 4) trouverait gonflé que les doubleurs puissent négocier un tel contrat avant les devs. Shawn Elliot (ancien d'Irrational désormais chez Arkane) trouve les demandes gonflées alors que certains doubleurs touchent en 12 heures de travail plus qu'un développeur en un an.

Le problème est que mis à part chez les doubleurs et les scénaristes, il n'existe pas de syndicat pour les développeurs de jeux vidéo aux US. Du coup ils n'ont aucun moyen de pression et continuent d'enchainer les périodes de crunch sans broncher et souvent sans même qu'il y ait une carotte à la clé. Même chez les studios relativement généreux comme Activision, les guerres autour des bonus sont fréquentes. Il serait peut être temps que tout ce petit monde s'organise et la grêve qui s'annonce va surement leur donner des idées. S'ils veulent, j'ai déjà un slogan : "United We Code. Divide By Zero We Can't".
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