Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
ACTU

Appelez moi RISC 5

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
 
Le nom MIPS ne vous dit peut être rien mais c'est une architecture de processeur de type RISC, une concurrente d'ARM. Elle était développée par MIPS Technologies qui s'en servait à la fois en interne pour créer ses propres processeurs mais aussi qui la licenciait à des partenaires comme NEC, Philips et Toshiba. Les processeurs de la N64, PS1, PS2 et PSP sont à base de MIPS.

Mais vous avez noté l'usage du passé. En 2018, MIPS Technologies a été racheté par Wave Computing qui est passé en redressement judiciaire en avril 2020. Ce mois-ci, Wave Computing a annoncé être tiré d'affaire accompagné d'un changement radical : ils s'appelleront désormais MIPS mais surtout la huitième génération de puces MIPS sera fondée sur l'architecture RISC-V, l'architecture MIPS étant donc abandonnée.

RISC-V est une autre architecture de processeur de type RISC avec une différence fondamentale par rapport à MIPS et ARM : elle est totalement ouverte. Elle est développée par UC Berkeley et n'importe qui peut créer un processeur RISC-V sans dépenser le moindre centime en royalties. Au niveau matériel, il y a déjà un chouette écosystème de cartes mères et de processeurs. Il est déjà possible d'assembler un PC complet à base de RISC-V soit de type PC de bureau soit de type Raspberry Pi. Evidemment le tout fait tourner Linux. L'intégralité donc du système est ouvert aussi bien le matériel que les logiciels, le rêve ultime pour les barbus.

Pendant ce temps, les puces M1 d'Apple à base d'ARM continuent de faire des remous. Qualcomm produit ses propres puces ARM (les Snapdragon) depuis plus de 15 ans et elles se retrouvent pour la plupart dans les smartphones Android. Mais contrairement à Apple qui conçoit des puces ARM de fond en comble, Qualcomm ne fait que vaguement customiser les designs fournis par ARM ce qui explique pourquoi les puces Qualcomm se font démonter par les puces Apple dans la plupart des benchmarks. Jusqu'à présent, Qualcomm s'en moquait un peu : ils dominent le marché des smartphones Android haut de gamme. Mais le fait qu'Apple utilise ARM dans ses ordinateurs portables a changé la donne.

C'est un marché qui intéresse fortement Qualcomm mais pour l'instant sans grand succès. Les PC portables à base de puces Qualcomm comme la Surface Pro X ne se vendent pas en partie à cause d'un support logiciel dégueulasse mais surtout à cause de performances désastreuses. Un Mac M1 fait mieux tourner Windows ARM via une machine virtuelle qu'une Surface Pro X en natif... En janvier, Qualcomm a racheté Nuvia et le rachat a été finalisé cette semaine. L'objectif est clair : "La première plateforme Snapdragon qui comportera un nouveau processeur conçu en interne sera en phase de test durant le deuxième semestre 2022 et est pensée à destination des ultrabooks". Que vient faire Nuvia dans l'affaire ? La jeune pousse a été fondée en 2019 par trois anciens d'Apple venant de la division processeurs dont Gerard Williams, architecte en chef des CPUs Apple pendant près de 10 ans. Le but initial de Nuvia était de développer des puces ARM pour serveurs.

Du côté d'Nvidia, le rachat d'ARM annoncé en septembre dernier pour 40 milliards de dollars est loin d'être finalisé. A cause de l'importance stratégique d'ARM et des problèmes concurrentiels posés par le rachat, ce dernier doit être approuvé par l'Union Européenne, la Chine, le Royaume-Uni et les Etats Unis. Et Microsoft, Google et Qualcomm font pression pour que le rachat soit refusé à juste titre : ces derniers détiennent une license ARM et craignent qu'Nvidia limite leur accès aux nouveaux designs d'ARM et/ou augmente les coûts de licence. La solution pourrait être de faire comme MIPS et de passer à RISC-V mais ça signifierait jeter à la poubelle quelques milliards de dollars de R&D.
Rechercher sur Factornews