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Waifu Simulator : la mort du bon goût

Fougère par Fougère,  email  @JeSuisUneFouger
Développeur / Editeur : Nintendo Monolith Soft
Support : Switch
J’avais beaucoup d’espoir pour Xenoblade Chronicle 2. Je n’avais jamais touché à la série, donc j’aurais le plaisir de la découverte, ça faisait quelques années que je n'avais pas joué à un JRPG, j’allais pouvoir utiliser la Switch, la toute première console que j’ai achetée. Puis j’ai reçu le jeu, mes espoirs se sont faits marraver la gueule à coups de batte en acier, j’ai fini par enterrer les cadavres au milieu de la nuit à la va-vite, et j’ai commencé mon deuil.

Etape 1 : Le Déni

Dès le début, j’ai senti qu’un truc n’allait pas. Les voix, déjà, parce que les versions preview étaient bloquées avec des voix anglaises et des sous-titre français. Si on omet les problèmes de lip sync (et les pauses de 4 heures entre chaque phrase), on se retrouve quand même avec un voice acting catastrophique. Entre les accents anglais ridicules et des persos qui sonnent comme des robots, c’est dur d’arriver à rentrer dans l’histoire et à s’attacher aux personnages. Le chara design des Blades ensuite, notamment du côté des personnages féminins, les devs se sont lâchés et nous ont sorti Pokémon avec des waifus. Les Blades sont des personnages qui vont assister votre héros, Rex, que ce soit lors des combats ou de l’exploration du monde, ils sont donc très utiles et vous devrez en débloquer un bon paquet si vous voulez pouvoir tout explorer et éliminer les ennemis les plus coriaces. Et bien sachez que l’écrasante majorité de ces personnages sont féminins, avec toutes les morphologies possibles et imaginables, même les plus ridicules. Mais malgré ces premiers signaux alarmants, il y avait des aspects positifs : la découverte de l’univers, des différentes régions que l’on va explorer (qui sont vraiment immenses et promettent de belles heures de jeu), le tutoriel bien foutu qui présente clairement l’intégralité des mécaniques et comment elles interagissent entre elles. Croiser des monstres gigantesques de niveau 85 quand j’étais à peine niveau 10 était vraiment excitant, parce que ça suggérait une sacrée montée en puissance.

Etape 2 : La Colère

Au bout d’une trentaine d’heures, toute la magie du début avait laissé place à un énervement latent, devant la centaine de petits trucs débiles qui venait pourrir une expérience qui aurait pu être agréable. La navigation par exemple, car vous allez voir du pays. Et de beaux paysages en plus, chaque région ayant son thème, avec toujours une impression de gigantisme qui laisse béat d’admiration la première fois qu’on la découvre. Il faut constamment vous téléporter entre les zones si vous voulez progresser, que ce soit dans le scénario ou dans le développement de vos persos. Sauf qu’il faut à chaque fois passer par 4 écrans différents pour déclencher un voyage rapide, qu’il est impossible de pin un endroit sur la map et que les objectifs de quêtes ne s’affichent sur la carte que si vous êtes sur le bon continent. Les combats ensuite. Les systèmes mis en place, à base d’auto-attaques et de gestion des synergies entre vos persos, sont super intéressants. Chaque personnage dispose de 3 attaques, qui ont des effets comme déséquilibrer votre adversaire ou soigner vos compagnons, plus une attaque élémentaire qui va pouvoir se charger et qui dépend de votre Blade. Si vous exécutez les attaques élémentaires dans le bon ordre, vous allez déclencher un combo qui va mettre un débuff sur votre adversaire. Ce debuff peut être utilisé pour booster votre attaque ultime, un enchaînement de QTE qui fait intervenir tous vos persos et qui fait de très gros dommages. Il y a largement assez de profondeur pour que les accros à l’optimisation puissent faire des équipes très spécialisées, tandis que les joueurs plus relax pourront y aller à l’arrache et s’en sortir en ayant quelques niveaux d’avance sur les ennemis. Mais que vous soyez l’un ou l’autre, vous allez devoir supporter des personnages qui gueulent le nom de leur attaque TOUTES LES PUTAINS DE 5 SECONDES, les problèmes de lisibilités de l’action parce que trop d’effets spéciaux et l’IA qui fait sa tambouille dans son coin sans s’intéresser aux stratégies que vous essayez de mettre en place, vous empêchant de réaliser les combos que vous tentez désespérément d’initier.


Etape 3 : Le Marchandage

Après la barre des 50 heures dépassée, j’essayais de rester optimiste, de relativiser des éléments qui m’auraient énervé avant. Oui, même au bout de 50 heures, je me cognais encore des écrans de didacticiel qui introduisaient une nouvelle mécanique de jeu, mais au moins, c’était clair et puis ça continue d’enrichir l’expérience. Oui, le scénario est bateau et handicape le joueur en l’empêchant d’utiliser des personnages importants pour la progression, mais ça renforce l’implication si on joue le jeu, et puis il y a plein de retournements de situation pour nous garder accrochés. Oui, la Switch crache ses boyaux quand je fais un voyage rapide, j’atterris régulièrement dans un monde de forme approximative après un chargement, mais je peux jouer au jeu le soir dans mon lit et dans les transports en commun, et ça c’est cool. Les voix sont horribles et me cassent les oreilles, mais la musique est sympa, apporte une espèce de souffle épique à une aventure qui en manque cruellement. Certes, pour faire évoluer une des Blades, il faut jouer à un mini jeu méga chiant pendant des plombes avant d’avoir assez de matériaux pour faire quelque chose, mais les autres petites activités secondaires sont amusantes, et permettent de faire autre chose que de la chasse aux monstres de temps en temps.


Etape 4 : La Dépression

À partir des 80 heures, j’ai arrêté de jouer et j’ai décidé d’attendre la sortie du patch japonais pour terminer le jeu. Ca me donnait une bonne excuse pour faire une pause, dont j’avais besoin parce qu’on descendait vraiment profond dans le mauvais goût. Au final, votre capacité à apprécier le jeu ou pas dépendra de votre tolérance au fan service, si vous arrivez à passer outre, tout ira bien, sinon vous risquez de passer un sale quart d’heure. Entre le chara design qui va du « un peu limite » à « carrément craignos » et les dernières zones du jeu qui se résument à avancer en ligne droite pendant 30 secondes avant de se taper une cinématique de 5 minutes et / ou un boss , l’impression de jouer à un jeu créé par un mauvais fan de culture japonaise se faisait trop sentir. Littéralement toutes les bonnes idées que le jeu propose sont sabotées par du fan service dégueulasse : la relation entre Pyra et Rex, le duo qui porte l’aventure, prend une tournure romantique ultra rapide, alors que l’un est un gamin de 15 piges et l’autre est l’incarnation d’une arme de destruction massive qui a plus de 500 ans. Tous les personnages ont une histoire intéressante, avec des messages de fond forts, mais entre le doublage et leurs réactions complètement à côté de la plaque, censées faire rire et les rendre attachant, impossible de les prendre au sérieux et d’éprouver une once de sympathie pour eux. [Spoiler] A la fin, histoire de pousser la dramaturgie au maximum, toute la cohérence narrative est balancée par la fenêtre, et on peut tranquillement aller faire des quêtes secondaires alors que les zones de jeu sont censées être assiégées par des méchas gigantesques. [/Spoiler]
Etape 5 : L’Acceptation
Une fois le patch japonais installé, après avoir terminé et joué quelques heures de plus au jeu, je me suis rendu compte que mes espoirs étaient futiles. Au fond, le jeu est bon, intéressant, mais surtout, il est taillé pour une audience : les fans d’anime occidentaux. Il n’y a aucun doute qu’il va rencontrer son public, pour les autres, il faudra vous faire une raison et serrer les dents pendant les séquences les plus crindgy.
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