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Undertale

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
 
« C’est une fan-fiction interactive d’Earthbound. » Après avoir longtemps tourné autour du pot, c’est la meilleure formulation que j’ai trouvée pour définir ce qu’est Undertale. Il faut dire que la tâche est ardue : sous son apparence de RPG 8 bits poussif réservé aux anglophones accomplis, le jeu de Toby Fox recèle tant de surprises qu’on a du mal à appréhender tout ce qu’il s’y passe. Tentons tout de même l’expérience, sans rien vous spoiler.

Commençons déjà par resituer Toby Fox : jeune musicien et développeur, il était jusqu’ici connu pour avoir composé des musiques pour le très étrange webcomic fleuve Homestuck ainsi que pour son travail dans la communauté d’Earthbound, en particulier son Halloween ROM Hack de 2009. Undertale est son premier projet solo et est presque une caricature de jeu indé : il en est l’éditeur, le développeur, le scénariste et le compositeur, le seul intervenant extérieur étant Temmie Chang, une graphiste qui l’a aidé sur la partie artistique. Cela donne au jeu sa plus grande qualité et son plus grand défaut : c’est une œuvre d’auteur, avec tout ce que ça implique de force, d’originalité mais aussi d’imperméabilité et d’incompréhension. Et cela rend aussi sa critique un peu vaine : tout ce qu’on pourrait relever comme défaut procède vraisemblablement d’une volonté de l’auteur de fabriquer un objet atypique en axant tout, y compris le gameplay, autour d’une certaine forme d’humour.
 
C’est là l’élément essentiel et la première surprise, qui a probablement valu au jeu un tel déluge d’éloges : Undertale est drôle. Drôle là où on l’attend, c’est-à-dire avec des répliques et des références comme dans les autres jeux comiques, mais également de manière plus informelle. Je me suis promis de ne rien spoiler et je ne vais donc pas donner d’exemple concret, mais chaque instant d’Undertale a été pensé, conçu autour de quelqu’un qui rit. Le joueur peut rire de ce que le jeu lui montre. Le jeu peut se rire du joueur en le trompant, l’abusant, jouant sur des années de réflexes conditionnés pour l’amener à se rendre ridicule tout seul. Et en toile de fond, Toby Fox se marre probablement en pensant à tous les joueurs qu’il a piégés en espérant qu’ils prennent suffisamment de recul pour apprécier leurs péripéties. Et le travail accompli.

Car s’il y a bien un point sur lequel on ne peut pas prendre le jeu en défaut, c’est sur le soin et le travail apporté à sa conception. Si tout commence comme dans le plus classique des RPG old school (une petite fille (garçon ?) tombe dans une crevasse et découvre un nouveau monde étrange peuplé de monstres), on constate plus ou moins rapidement que le jeu est bien plus que ça. Certes, il est possible de boucler l’aventure en tuant les ennemis pour looter pièces et XP, mais il y a un autre jeu dans le jeu, basé sur l’évitement des combats, la discussion et l'apprivoisement. Et comme tout passe par le même système de menu, libre à chacun de faire ses choix au fur et à mesure. L’intérêt principal du système réside dans les fins multiples qui s’alignent sur votre pratique de jeu. Sous son vernis de jeu indie arty, Undertale cache en fait un solide système d’embranchements narratifs et de construction de gameplay, le tout enrobé d'une multitude de mini-jeux de plate-forme.
 
Reste néanmoins que le jeu déplaît fortement à bon nombre de gens. Et si je comprends parfaitement ceux qui l'adulent, je comprends tout autant ceux qui restent indifférents voire le rejettent violemment. L’esthétique globale, si elle participe à la construction citée plus haut, n’en reste pas moins décevante. Il est légitime de reprocher à Undertale d’être très moche et de manquer trop souvent de personnalité visuelle. Personnellement, c’est surtout le début du jeu trop poussif qui m’a marqué : il faut attendre une bonne heure avant de tomber sur les premiers vrais éléments venant dynamiser tout ça. Le jeu se bouclant en 5 à 10 heures, ça fait tâche. Précisons enfin que si la plupart des blagues sont universelles, d’autres relèvent du public de niche, et pas seulement celles qui reposent sur de l’argot anglais. Nul doute qu’il faut être familier de l’univers de Toby Fox pour entrer pleinement dans son Undertale.
Undertale fait partie de ces jeux pour lesquels je suis soulagé de ne plus avoir à mettre de note. Démerdez-vous avec ça.
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