TEST
Turtle Beach Stealth Pro II
Calquant son agenda sur celui de son concurrent direct SteelSeries depuis des années, Turtle Beach sort lui aussi le nouveau fleuron de sa gamme Stealth juste avant l'été. Impossible donc de ne pas jouer au jeu des différences dans notre test, surtout lorsque les deux produits ont à peu près les mêmes fonctionnalités, dont une base sans fil (quoique...), des batteries interchangeables, du Hi-Res Audio Wireless et un positionnement prix proche. Alors, est-ce que le Stealth Pro II a de quoi rivaliser avec l'Arctis Nova Pro Omni ? Que la bataille commence !
Test réalisé à partir de la version PC/PlayStation du casque dans son coloris cuivre, prêté par le constructeurComme dans notre test de son rival, on précise tout d'abord le prix de lancement du casque : 349,99 euros, soit 50 euros de moins que son concurrent, mais qui reste quand même une sacrée somme à débourser pour se payer le haut de gamme de Turtle Beach. Et pour ce prix-là, le constructeur californien annonce déjà la couleur à l'ouverture de l'imposante boîte en carton bien épais, puisqu'on y trouve un étui de transport à l'effigie de son iconique palmier. Un étui ma foi assez imposant de 28 x 23 x 8 cm qui prendra forcément pas mal de place dans un petit sac à dos ou une valise. En tout cas, l'intention est bonne.
À l'intérieur, on retrouve le casque en position couchée dans une mousse de protection, son micro à bascule détachable, la base sans fil équipée d'une batterie de rechange, un adaptateur CrossPlay 2.0 qui permettra de connecter un périphérique supplémentaire et un câble USB-C vers USB-A de 2 m pour relier la base à un PC, un Mac ou directement sur une console. Le constructeur a également eu le bon goût de creuser un second emplacement dans la mousse de protection pour y placer un adaptateur, puisqu'il sera possible d'en acheter jusqu'à deux autres pour relier tous ses périphériques dans la maison (35 euros l'unité). Il est également à noter que le casque vient en deux versions : PC/PlayStation et Xbo, cette dernière comprenant un bouton poussoir sur sa base pour pouvoir être connectée sur PC/PlayStation.

Par contre, elle ne dispose ni du Hi-Res Bluetooth, ni du micro large bande, ni du mix chat/jeu sur PC. Alors, à moins de vouloir absolument son coloris blanc exclusif, il vaut mieux investir dans la version PC, quitte à ajouter le prix d'un adaptateur supplémentaire. Pour en revenir au casque, au déballage, on est étonné par un design qui tranche avec le côté bulky de la gamme Stealth actuelle. Les lignes sont beaucoup plus affinées, les matériaux choisis sentent le premium, entre le métal brossé des branches, l'aluminium anodisé sur l'extérieur des oreillettes et le liseré cuivré qui entoure les oreillettes et le haut du casque. Mais le plus gros changement pour moi, c'est le choix de l'arceau qui fait une croix sur un revêtement simili-cuir et opte pour un filet en tissu qui ressemble beaucoup à celui... des AirPods Max !
En effet, Turtle Beach a tendu un filet entre une structure double-branche en aluminium recouverte de gomme sur l'arceau qui redescend sur d'imposantes branches en métal. Un choix qui fait forcément réfléchir quand on sait que la même architecture est le point faible chez Apple puisque le filet a tendance à se détendre avec le temps. Qui plus est, je trouve cette solution moins repose-tête qu'un bandeau à la SteelSeries ou même un bon vieux recouvre-arceau en cuir. Ça se sent sur la tête après des dizaines d'heures d'utilisation : il a beau être tendu au repos, le filet est facilement aplati une fois porté et même s'il ne touche pas directement l'arceau en aluminium, mon crâne chauve est un peu moins à l'aise que chez la concurrence.
Il n'y a rien de dramatique pour l'instant et heureusement, le casque a une force de serrage moins importante que d'autres, ce qui évite une pression supplémentaire sur le filet. Mais ça nous laisse quelques inquiétudes sur la durée, alors que côté Apple, de très nombreux utilisateurs ont dû acheter une protection supplémentaire pour atténuer la détente du filet. Avec un arceau aussi léger, il fallait bien des branches en métal brut pour soutenir l'ensemble, surtout lorsqu'on est face à un beau bébé de 394 g avec son micro. Les branches sont ici coulissantes sans crantage, ce qui pour moi n'est pas l'idéal pour maintenir un parallélisme parfait entre les oreillettes. Cependant, elles offrent assez de résistance lors du coulissage pour éviter qu'elles ne descendent d'elles-mêmes.
Au bout des branches, on retrouve le même système de fourches en métal reposant sur un crochet à une seule fixation, comme ailleurs sur la gamme. Il offre un pivot multi-axe et une rotation à 90° sur l'axe vertical, pratique pour poser le casque sur les épaules en mobilité. C'est d'ailleurs le casque le plus confortable que j'aie eu dans cette position-là. De par sa structure et son filet qui fait office de matelas, il n'a pas tendance à revenir serrer le cou comme chez la concurrence. Qui plus est, la construction respire la qualité et on n'a pas de jeu particulier, que ce soit au niveau des fourches ou des oreillettes en elles-mêmes.

Celles-ci sont d'ailleurs équipées d'un revêtement intérieur respirant étudié pour offrir un confort à ceux qui comme moi, portent des lunettes. Et dans les faits, ça marche ! Malgré des heures passées sur The Adventures of Elliot: The Millennium Tales et 007 First Light, je n'ai pas ressenti de gêne particulière. En plus de ça, ce matériau synthétique est bien plus efficace lorsqu'il s'agit d'isoler les bruits extérieurs que son cousin en simili-cuir. Même sans activer la réduction de bruit, on n'a pas de mal à supprimer le bruit d'un ventilateur dans un coin de la pièce. De plus, on respire et ce n'est pas un mal lorsque le thermomètre frôle les 34° à l'intérieur en pleine canicule. Les oreillettes possèdent en outre une batterie de quatre boutons et trois molettes différentes.
Je l'avais déjà noté sur mon test du Stealth 700 Gen3, je suis adepte de la simplicité, et même si tout ce petit monde est bien placé sur le casque et que Turtle Beach a troqué le plastique pour du vrai métal sur ses molettes, je préfère quelque chose de moins chargé. Toujours est-il qu'on retrouve sur la gauche un sélecteur de mode (par défaut activation de l'ANC, mais qui peut être reconfiguré via l'application), une molette de volume général assez agréable car offrant une sacrée résistance, une molette supplémentaire (par défaut l'amplitude du sidetone reconfigurable via l'application) et un bouton Power qui peut aussi activer l'Advanced Superhuman Hearing.
On aurait d'ailleurs aimé pouvoir désactiver cette fonctionnalité qui se déclenche à la simple pression sur le bouton et qui casse le son du casque plus qu'autre chose (j'en avais déjà parlé sur le Stealth 700 Gen 3). C'est assez rare pour être mentionné, le micro détachable qui vient s'enficher dans l'oreillette gauche utilise un port Mini-USB à l'ancienne. À droite, le bouton CrossPlay permet de basculer en une pression entre la base et les adaptateurs, une molette de réglage du volume Bluetooth et un bouton Bluetooth multifonction. On oublierait presque de parler de la batterie interchangeable du casque qui se loge astucieusement sous une plaque aimantée recouverte d'aluminium anodisé sur l'oreillette gauche.
Bon plan, on ne galère pas comme avec l'Arctis Nova Pro Omni pour détacher la plaque, qui possède juste ce qu'il faut d'aspérité sur l'un des côtés pour l'enlever très facilement. Ainsi, en laissant la seconde batterie en charge sur la base, on dispose d'une autonomie virtuellement infinie (comptez entre 30 et 35 h de batterie par charge environ en fonction des options activées). La base justement dispose d'un unique port USB-C et de deux LED circulaires affichant l'état de la batterie en charge et celui de la connectivité. On peut même jouer avec sur l'application en les atténuant ou en les désactivant complètement et unitairement, ce qu'on conseille de faire a minima pour l'indicateur de charge de la batterie qui n'est pas très utile au quotidien.

En tout cas, la connexion sans fil avec la base est immédiate, ainsi que la bascule entre les adaptateurs, et la portée est tout à fait acceptable puisque je capte encore très bien en me baladant dans mon immeuble deux étages en dessous de mon logement. C'est aussi beaucoup plus pratique au quotidien qu'un Arctis Pro Omni et ses grappes de câbles qui partent depuis la base dans l'appartement. Pour le son, Turtle Beach réutilise son architecture de transducteurs double Eclipse 60 mm intégrant un woofer et un tweeter distincts qu'on avait déjà vus au travail sur le Stealth 700 Gen3, cette fois-ci tunés pour être certifiés JAS (Hi-Res Audio).
Et ce n'est pas pour rien si ce modèle est déjà mon casque au quotidien. Le son était déjà excellent sur son petit frère. Ici, il est toujours aussi clair, puissant et efficace. Les basses sont présentes sans éclater le reste du spectre, mais on conseillera un passage vers l'égaliseur dix bandes de l'application pour calmer un peu les ardeurs du casque et le rendre encore plus satisfaisantes lors de l'écoute musicale. Encore plus ici, car on est particulièrement épatés par la stéréophonie. On imagine que le revêtement isolant y est sûrement pour quelque chose. Le casque est également compatible Dolby Atmos, la base incluant une licence d'utilisation. On est également surpris de voir qu'il prend nativement en charge le Hi-Res Audio Bluetooth 24 bits / 96 kHz et intègre les codecs LDAC de Sony et même le LC3+ de Fraunhofer-Institut, ce qui permet de gagner encore en fidélité.
Le micro fait lui dans la nouveauté cette année avec une cellule 9 mm unidirectionnelle qui repose sur des tenseurs, ce qui lui permet de "flotter" dans un petit cerceau et d'éviter d'attraper tous les bruits liés au mouvement de la tige flexible et du casque en plus de basculer vers le haut de celui-ci pour épouser au mieux les formes des oreillettes. Avec une réponse de 32 kHz, la captation vocale fait encore mieux que chez SteelSeries, recréant une voix super claire et punchy en utilisant le profil Signature sonore de Turtle Beach. Mieux encore, elle n'est pas écrasée automatiquement par la réduction de bruit IA et le Noise Gate réglés au maximum. Ça fait vraiment plaisir de voir cette technologie enfin mature et efficace. Les voix les plus nasillardes doivent pouvoir encore corriger le tir en utilisant l'égaliseur dix bandes de l'application.
La vraie bonne surprise de ce casque, c'est l'ajout d'un second microphone intégré au casque pour pouvoir prendre des appels en mobilité. Bon, ici on ne fera pas mieux que les standards du marché, et on se retrouve avec pas mal d'écho, mais cela peut s'avérer pratique pour assister à une réunion dans un métro bondé. Et puisqu'on parle de transports, le casque est évidemment équipé de quatre microphones servant à la réduction de bruit active. Là encore la technologie s'améliore et on a pour ainsi dire pas d'impression de souffle. On a surtout une réduction qui permet de gommer complètement le bruit d'un vieux monobloc de clim qui tourne à fond pendant la canicule. Il s'avère par contre un peu moins efficace lorsqu'il s'agit de gommer les aigus.
En plus du second microphone peu documenté, le Stealth Pro II inclut également un gyroscope qui va réveiller le casque en veille lorsqu'on vient le poser sur la tête. C'est plutôt malin et aussi surprenant qu'efficace au quotidien. L'application Swarm 2 est quant à elle toujours aussi ergonomique dans sa version mobile (pas de version Mac à l'horizon). Que ce soit pour mettre à jour casque et accessoires ou pour configurer toutes les options disponibles sans toucher à sa machine, je n'ai rien à dire dessus et on est toujours sur le meilleur outil du marché. Par contre, là où on peut trouver à redire, c'est sur la qualité du firmware à l'heure actuelle. Si on ne rencontre pas de problèmes dans la grande majorité des cas d'écoute, de nombreux utilisateurs sur Reddit remontent des soucis de volume sonore très bas sur PlayStation 5 et Switch 2 (ça n'est pas mon cas).
D'autre part, il reste quelques bugs malvenus comme le fait de devoir éteindre/rallumer son casque pour basculer entre les deux micros, ou lorsqu'on perd la connexion avec une source 2,4 GHz ou Bluetooth. J'ai aussi eu de très rares micro-pertes de son pendant quelques dixièmes de seconde lorsque le casque était connecté à la base, sans que je sache pourquoi. Le constructeur a écouté ces premiers retours et travaille déjà sur un nouveau firmware qui, en plus de corriger ces bugs logiciels, optimisera également, selon ses dires, les fréquences de balayage de la réduction de bruit et ajoutera des fonctionnalités supplémentaires. Wait & see...
Avec le Stealth Pro II, Turtle Beach capitalise sur ses transducteurs Eclipse tout en tentant un design plus moderne, moins typé gamer et en embarquant dans son modèle premium tout ce qu'on attend d'un haut de gamme, y compris la promesse d'une véritable liaison sans fil entre lui et les différents périphériques, un microphone dernière génération encore meilleur que la concurrence et pour moins cher ! On est aussi épaté par le confort offert par ses nouveaux coussinets respirants à l'isolation étonnante. Reste que le design du filet de son arceau a de quoi réveiller des traumas chez les possesseurs d'AirPods Max et nous fait nous poser des questions sur sa durabilité d'ici quelques années.











