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Spore

CBL par CBL,  email  @CBL_Factor
Pour parler de Spore sans à priori, il faut faire quelques efforts. Oublions le matraquage marketing impressionnant. Oublions les déclarations de la presse généraliste qui a découvert les jeux vidéo avec la DS et le docteur Kawashima. Oublions les DRM pourris.

Bref, concentrons-nous sur le seul point qui compte : Spore c'est rien de moins que le nouveau bébé de Will Wright. Ceci étant dit, on va pouvoir parler du jeu. Ca tombe bien car il y a plein de choses à dire.
Le jeu est découpé en 5 phases. On part d'une cellule qui mange pour grossir pour ensuite arriver sur la terre ferme et devenir une créature. Puis on dévore ou on devient copain avec d'autres créatures pour finir par fonder une tribu. Après, on détruit ou on fait ami-ami avec d'autres tribus pour devenir une civilisation. Ensuite, on détruit, convertit ou fait une alliance avec d'autre civilisations pour unifier la planète. Enfin, on part dans l'espace avec son vaisseau pour conquérir la galaxie.

5 phases pour les joueurs, un jeu pour les gouverner tous



Certes, il y a 5 phases mais c'est un tout cohérent. En passant en rase-motte avec son vaisseau au-dessus de ses villes, on aperçoit les créatures qu'on a créées quelques heures plus tôt. On recrée en phase espace les évènements qu'on a vécu en phase créature comme la pluie de météores. C'est assez impressionnant de se rendre compte qu'on est parti d'une cellule pour aboutir avec un empire galactique. Malheureusement, c'est au prix de nombreux compromis. Quand un jeu est multi-phases, on ne s'attend pas à ce que chaque phase soit aussi complexe qu'un seul jeu. Par exemple, on ne s'attend pas à retrouver la richesse d'un Civilization pour la phase gestion d'un Total War.

Le problème de Spore est que chaque phase est vraiment trop simple. La phase cellule est une mis en bouche sympathique. Dans les trois phases d'après, le schéma est le même. Il s'agit de choisir entre trois voies (bourrin/sympa/mitigé) pour dominer les autres. On pardonne la faiblesse du gameplay de la phase créature car on rigole bien en découvrant l'éditeur (on en reparle plus bas) et en faisant chanter ses bestiaux. Par contre, on se demande vraiment à quoi sert la phase tribu. En plus d'être le zéro absolu du STR, l'IA est d'une débilité impressionnante. Gloabalement, il suffit d'attendre qu'une autre tribu attaque. Elle ne va envoyer que la moitié de ses troupes que vous n'aurez aucun mal à tuer. Après, il n'y a plus qu'à attaquer le village, tuer les rares gars qui restent, massacrer les nouveaux-nés pour éviter qu'il n'y ait de nouveaux guerriers et brûler la hutte principale.

Sim Aurabais



La phase civilisation ne vaut pas beaucoup mieux. On gère légèrement le bonheur et la production, c'est le même véhicule terrestre qui sert à attaquer et à récolter l'épice et il suffit de produire un gros tas d'avions pour dégommer n'importe quelle ville. Le pire est le pouvoir ultime : avec suffisamment d'argent, on peut finir la phase en un click par exemple en utilisant le pouvoir "missile intercontinental" qui dégomme toutes les villes ennemies. Au fond, ces deux dernières phases ne sont pas désagréables à jouer. L'interface est bien conçue et c'est toujours marrant de dominer le monde mais ça reste trop simple. Je recommande fortement de ne pas jouer les belliqueux et de jouer en normal ou en difficile pour un peu plus de challenge.

Heureusement, la phase espace arrive. Et là tout devient merveilleux. C'est un peu comme découvrir le sexe avec une mannequin spécialisée en lingerie après des années de branlette devant les films érotiques d'M6. A bord de son petit vaisseau, on parcourt l'Univers en allant d'étoile en étoile. En quelques coups de molettes, on est dans un système solaire. En quelques coups de molettes, on est dans l'atmosphère d'une planète. En quelques coups de molettes, on est au ras du sol de cette planète... Et inversement. C'est assez grisant surtout quand au hasard de ses voyages on tombe sur une supernova ou un trou noir. Avec la musique douce du jeu, c'est une phase très planante.

The final frontier



Le gameplay est très riche dans cette phase. On colonise des planètes pour récolter différentes sortes d'épice, on entre en contact avec d'autres civilisations avec qui on peut faire des alliances, on vend les épices (avec cours fluctuants) pour acheter des améliorations pour son vaisseau, on affronte des pirates de l'espace et d'autres civ, on effectue des missions consistant généralement à récupérer/tuer des créatures d'une planète, on entre en contact avec des crétures en faisant des crop circles ou en lançant des monolithes, on détruit les villes des civ ennemies à grands coups de laser...

Le plus jouissif est le terraforming de planètes. Selon l'orbite d'une planète par rapport à son étoile, une planète peut être plus ou moins viable. On peut la viabiliser en réglant son atmosphère et sa température pour se rapprocher du modèle "Terre". Enfin, il faut importer des plantes et des créatures d'autres planètes pour constituer des nouveaux éco-systèmes. Une fois une planète viabilisée, on peut améliorer sa colonie et en implanter une nouvelle afin bien entendu de récolter plus d'épice. Bref, cette phase est bien plus riche que toutes les précédentes réunies et on y passe un bon bout de temps. Malheureusement, elle n'est pas exempte de défauts. Elle manque déjà fortement d'automatismes. C'est sympa d'avoir un empire galactique mais il faut tout faire soi-même. Du coup, quand on essaye d'aller au centre de la galaxie pour débloquer le succès "42", on doit rapidement faire tout le chemin inverse pour revenir à la maison car une de ses planètes est attaquée (les tourelles de défense sont inefficaces). De même, malgré l'existence de routes commerciales, on doit faire soi-même les transactions et trimballer l'épice d'une planète à une autre.

Pimp my tribe



L'éditeur est surpuissant. On peut tout customiser : sa cellule, sa créature, l'équipement de sa créature (en phase tribu), ses bâtiments, ses véhicules, son hymne et son vaisseau spatial. Très rapidement, on comprend que c'est un jeu dans le jeu. A vous de recréer une architecture soviétique ou des véhicules sortis d'un trip sous acide. Les éléments choisis influent sur les caractéristiques mais ça n'empêche pas de se lâcher complètement. Si vous n'avez pas la fibre artistique, vous pouvez piochez dans les créations de Maxis ou celles des internautes. On a déjà dépassé les 25 millions de créations et on trouve de tout. Un petit côté réseau social permet de savoir ce qu'ont fait vos potes ou de ne piocher que dans leurs créations. Ainsi, chaque planète que vous coloniserez pourra avoir son propre style architectural. On peut aussi customiser ses planètes mais pas depuis l'éditeur. Depuis son vaisseau, on génère des montagnes, des rivières, des canyons, des mers... On peut même faire du coloriage.

Spore n'est pas spécialement une réussite artistique. Dès qu'on survole une planète, on frôle souvent le mauvais goût. Par contre c'est une jolie claque technique. En phase espace, tout se fait sans temps de chargement au prix d'un léger clipping. Mme CBL a testé le jeu sur son PC. Elle a exactement la config' minimale et le jeu s'en tire plutôt bien en 1024*768 sans compter qu'il n'y a pratiquement pas de bug. Par contre, malgré l'existence de la Sporepedia, on regrettera l'absence d'un vrai mode online. Pourtant avec la phase Espace, il y avait de quoi faire...
Objectivement, je ne peux pas mettre plus de 7 à Spore. La majeure partie des phases sont bien trop simples et la phase la plus intéressante comporte des défauts majeurs. L'excellent éditeur remonte un peu le niveau mais ne fait pas tout. Pourtant je me suis beaucoup amusé en jouant à ce jeu. L'ambition était surement demesuré mais le résultat est frais, original et bourré d'humour et de références à la SF. Le jeu ayant du succès, on peut espérer que des addons sortent pour par exemple étoffer à fond la phase espace, transformant ainsi un coup d'essai en un grand jeu.

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