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Runaway 2 : The dream of the turtle

Netsabes par Netsabes,  email  @netsabes
Le jeu d'aventure est un genre bien à part dans le jeu vidéo. Largement délaissés par la plupart des développeurs, les point & click ont pour eux un rythme bien spécial. Lent, très lent. On est loin des explosions et de l'action à tout crin de la majeure partie de la production mondiale. Surtout, le jeu d'aventure met ses artifices ludiques au service d'une histoire, ce qui dans les autres jeux ne sert que de prétexte. L'histoire, les personnages, les situations, c'est finalement la seule base du jeu d'aventure. Parfois, ses formes divergent (voyez In Memoriam et sa suite). Mais les bases, le squelette, eux sont toujours là. Et un jeu d'aventure avec la colonne vertébrale tordue, ça donne Runaway 2.

Fondamentalement, Runaway 2 : The dream of the turtle n'est pas mauvais. Les artistes de Pendulo ont fait un excellent travail. Les graphismes et les animations sont sublimes, certains dialogues sont drôles, les énigmes sont parfois imbitables mais globalement ça va... Alors quoi ? Alors le problème, c'est que la narration est malfoutue. Pendulo ne sait tout simplement pas raconter une histoire. Pour rester dans l'ambiance fun et blagues débiles, le jeu est rempli de personnages comiques et caricaturaux, de situations rigolotes, de dialogues marrants, de private jokes ou de références... Et pourtant, tout cela ne sert qu'à raconter une histoire très sérieuse et surtout très premier degré.


La vie de Brian


Ce décalage incessant entre les situations et l'histoire est pénible. On a en permanence l'impression que Pendulo n'est pas arrivé à choisir le jeu qu'il voulait faire. Pile : faire un jeu délire et potache. Face : raconter une histoire avec des militaires en quête de pouvoir et des aliens en train de mourir. On ne sait jamais trop où l'on est, où l'on va. L'histoire est extrêmement décousue, racontée uniquement via de longues scènes cinématiques. Dommage, c'est pourtant ce scénario qui est censé motiver le joueur à poursuivre l'aventure. Les actions du joueur se limitent finalement à alimenter la partie rigolote du jeu entre deux cut-scenes. Elles sont bien jolies, ces cinématiques, mais elles laissent beaucoup trop le joueur de côté.

Ce problème de maîtrise de la narration apparaît encore plus quand Pendulo tente de raconter son histoire de façon un peu originale. Si le (long) flashback du début est bien trouvé, le quatrième et dernier chapitre de Runaway 2 ressemble à une mauvaise blague. Il s'agit d'un très long hommage à Monkey Island, qui se déroule en rêve. C'est loin d'être la partie la plus trépidante (ou la plus amusante) du jeu et pourtant ça le clôt. L'histoire n'a plus avancé depuis longtemps, le suspense est au plus bas. C'est le moment que choisit Pendulo pour introduire son cliffhanger final. Et rendez-vous dans Runaway 3 pour la fin de l'histoire. Ca tombe totalement à plat. Une nouvelle fois, un bon principe mal exploité.

Avec une narration maîtrisée, Runaway 2 : The dream of the turtle aurait pu être un chouette jeu d'aventure. Là, il passe complètement à côté. Les jolis graphismes et les efforts réalisés pour avoir des énigmes plus accessibles n'y font rien : on ne progresse dans l'aventure que par habitude pavlovienne du point & click, pas parce qu'elle est intéressante. Ni d'ailleurs parce qu'on s'amuse.

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