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River City Girls, à fond dans la kun-erie mais pas trop

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Arc System Works WayForward
Supports : PC / Xbox One / PS4 / Switch
Avec les années, les barbus élevés au beat-them-all arcade façon Double Dragon avaient perdu espoir de voir débouler un énième épisode de la légende Kunio-kun en occident. Downtown Nekketsu Monogatari, le dernier jeu de la série à avoir quitté l'archipel nippon est sorti sur NES en 1990, ça ne nous rajeunit pas ! Qu'à cela ne tienne, un petit groupe de canadiens a pris le problème à bras le corps pour publier en 2017 le kickstarté River City Ransom: Underground, revisite moderne de River City éditée par un certain Arc System Works. Faut croire que le géant de la baston y a vu un créneau dans lequel s'engouffrer puisqu'ils ont confié en secret la réalisation d'un vrai nouvel épisode au talentueux Wayforward. C'est donc en ce mois chargé de septembre que River City Girls sort sur PC et consoles. Mais au-delà du nom, doit-on y voir une simple opportunité commerciale ou un véritable jeu de fans pour les fans ?
Ce qui est certain c'est que le jeu fait tout pour s'intégrer dans la saga et mériter qu'on lui accorde le sacro-saint statut de canon. L'action se déroule après River City Ransom, Kunio et Rikki sont désormais copains comme cochons, mais vont bientôt se faire kidnapper en pleine rue par de mystérieux agresseurs. Et c'est au tour de leurs copines respectives Misako et Kyoko de partir dans une aventure bourre-pif à la poursuite des grands méchants. Ce n'est pas la première fois qu'on joue les filles dans la série de Technos Japan, mais elles sont fois-ci au premier plan et plutôt bien mises en valeur par les papas de Shantae. Le jeu commence par une cinématique d'introduction entièrement dessinée à la main du plus bel effet, accompagnée d'un thème musical chanté par l'égérie vocale d'Atlus et NIS America Cristina Vee. Y'a pas à dire, ce petit teaser nous met tout de suite dans une ambiance qui ne laisse présager que du bon ! On va d'ailleurs retrouver ce look manga animé dans les quelques (trop) rares cutscenes qui ponctuent les investigations de nos deux lycéennes. En jeu par contre, on se trouve en face d'un pixel-art moderne et tranché, le bon compromis selon le studio entre les sprites 8bits aux gueules déformées caractéristiques de la NES et l'ultra-modernisme de Shantae: Half-Genie Hero.

Avec un pédigrée comme le leur, difficile de douter du boulot abattu par Wayforward. Les californiens font en effet encore une fois des miracles tout en conjuguant avec l'esprit Kunio-kun (comme ils l'avaient fait sur l'improbable The Mummy Demastered). Les personnages sont propres et bien animés, des héroïnes au simple quidam qui passe furtivement dans le fond du décor. Le choix de personnages enclins dans la modernité est un prétexte pour des coups plus acrobatiques et aériens exécutés avec brio à l'écran. Les séquences de dialogues sont agrémentées de représentations des moues et expressions surjouées des deux copines, encore une fois rien à dire à ce sujet. Mais alors qu'en est-il des mécaniques de combat si chères au cœur des fans ? River City Girls reprend à peu de choses près la formule de ses prédécesseurs : du beat-them-all exigeant jouable seul ou à 2 avec de nombreuses prises à disposition mais aussi une IA plus agressive que chez la concurrence, un système d'assist et un pendant RPG/progression qui fait passer notre avatar de simple bagarreuse du dimanche à véritable princesse du couloir sombre de la baston en quelques heures seulement.



Légers, forts et plus tard spéciaux uniques à chaque héroïne, la panoplie de coups ne cesse de s'étoffer au fil des level-up (jusqu'au niveau 12) et des séances d'entrainement au dojo du coin. Sans surprise, il faudrait user de combinaisons direction+bouton pour effectuer l'un ou l'autre des mouvements/projections uniques, dans le plus pur style de ce que fait la série depuis des années. Les développeurs se sont inspirés de la vie de lycée japonaise pour ce qui est des acrobaties que vont déclencher les filles : saut avec accroche sur les murs, smash de volleyball, uppercut, german suplex, coup de sac à dos dans la truffe jusqu'à un DAB, oui un DAB, pour le moins puissant. Il y a en tout une dizaine de tatanes différentes par héros. Et si cela ne suffit pas, il est tout à fait possible d'attraper les armes (cassantes, sic!) et objets trainants dans l'environnement et de s'en servir contre les mobs.

Alors oui, les puristes lui reprocheront peut-être son accessibilité. Le jeu étant pensé pour un public inexpérimenté, il se taille une IA un peu sage dans la moyenne des poncifs du genre et des hitbox/allonges raisonnables, alors qu'on pouvait se faire punir gratuitement dès les premiers instants de River City Ransom: Underground ou encore Scott Pilgrim qui lui ressemble à bien des égards. Malgré cela, il ne faut pas non plus s'attendre à une promenade de santé. Le jeu fait l'impasse sur les éventuels packs de soin. Le seul moyen de regagner de la vie, c'est d'aller s'acheter de quoi manger au 7-Eleven ou des médocs à l'officine du quartier.

En cas de KO, pas de véritable Game Over. Le titre ponctionne "juste" 20% de tout le pognon qui traine au fond de vos poches, ce qui peut tout de même représenter une certaine somme si on est du genre radin à conserver précieusement sa ferraille pour la dépenser plus tard dans du coaching intensif d'arts martiaux ou des goodies hors de prix. D'ailleurs, River City regorge de boutiques dans lesquelles craquer pour des trucs inutiles... ou presque. Buffs divers, passifs assez intéressants (empêcher un type particulier d'armes de casser, faire plus de dégâts à un genre d'ennemi, booster tel ou tel attribut), les accessoires à équiper (deux maximum par héroïne) sont loin d'être ridicules et peuvent faire la différence en combat, surtout dans le dernier tiers de l'aventure qui nous rappelle un peu à la difficulté de ses aînés. Il n'est pas rare de voir débarquer une demi-douzaine de baraqués dans la scène, tous prêts à en découdre et certains boss sont loin d'être évidents à appréhender (oui Hibari, c'est à toi que je pense). Le joueur peu aguerri peut tout de même compter sur un mode assist à la Marvel VS Capcom qui permet à un allié précédemment recruté chez l'ennemi de débouler de nulle part le temps de balancer une grosse baffe avant de repartir aussi sec.



Le jeu est découpé en une demi-douzaine de chapitres qui se déroulent dans des quartiers accessibles via des lignes de bus. A n'importe quel moment il est tout à fait possible de visiter à nouveau tel ou tel endroit pour accomplir des quêtes secondaires, discuter avec un PNJ, farmer l'argent ou tout simplement faire du shopping. S'il est quasi-irréprochable sur ses systèmes de jeu, le jeu se paye quand même quelques défauts irritants. Le premier est évidemment la démultiplication des commandes assignées au bouton X de la manette : choppe, ramassage d'objet, action contextuelle, validation de passage d'un écran à l'autre... les rixes au bord de l'écran sont rapidement pénibles et il faut penser à se décaler du bord pour ne pas déclencher un changement de stage plutôt que de frapper un ennemi. Idem pendant les situations de stress au beau milieu d'un attroupement de gangsters, attraper une batte à terre devient un véritable parcours du combattant.

Enfin et surtout, malgré la relative variété de lieux visités (lycée, centre commercial, chantier de construction, etc.) on fait beaucoup d'aller-retour parfois un peu inutiles dans un jeu finalement pas bien long. OK les arrêts de bus relativement bien placés aident à éviter de perdre du temps mais on se trouve quand même parfois obligé de traverser 3 ou 4 écrans pour atteindre un endroit précis. Heureusement que la délicieuse bande originale punchy "à la Wayforward" permet d'éviter la monotonie inhérente à la revisite de ce simili-monde ouvert avec des thèmes composés par Megan McDuffee, Dale North qu'on ne présente plus et même Chipzel qui signe les rythmes chiptunes effrénés de chacun des boss du jeu.

River City Girls ne comblera peut-être pas l'arrière-garde de la vieille licence aux 50 jeux, mais il fait office de bon matériel introductif pour la plupart des autres joueurs, qui ne connaissent de toute façon pas River City Ransom et sont passés sans s'arrêter devant Scott Pilgrim vs. the World: The Game. Avec sa plastique impeccable et son gameplay acidulé et somme toute agréable, le dernier né du spécialiste de l'action gentillette est un sympathique beat-them-all à partager.

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