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Portal Stories : Mel

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
 
Si on devait écrire un papier sur ce qu’est Valve aujourd’hui, les angles d’attaque seraient probablement « vanne sur Half-Life 3 » et « les soldes Steam détruisent-elles le marché ? ». Heureusement, quelques personnes moins aigries que nous profitent d’outils comme le Source Engine, mettent les mains dans le cambouis et créent des jeux. Souvent, c’est mauvais ou médiocre. Mais parfois, c’est très bien.
1952. Fraîchement médaillée olympique, vous êtes une cible de choix pour assouvir les ambitions scientifiques du jeune et fringuant Cave Johnson. Enrôlée pour un simple test d’hibernation de quelques heures, vous pénétrez dans un caisson d’isolement au plus profond de la mine de sel d’Aperture... pour vous réveiller, seule, au bout d’une durée indéterminée, guidée par la voix d’un Cave Johnson bien moins sûr de lui. 



C’est la première réussite du mod : il maîtrise parfaitement le background d’Aperture, qui n’était pourtant qu’évoqué dans Portal 2. Ici, point de Glados, mais AEGIS, une I.A. décidée à noyer l’Enrichment Center pour détruire toute vie organique et mécanique s’y trouvant. Dans la peau de Mel, on retrace l’histoire d’Aperture à grande vitesse, en remontant vers la surface à travers les époques. Mais, beaucoup plus que dans la deuxième partie de Portal 2, on passe beaucoup de temps en dehors des circuits de test, en faisant des détours par les bureaux, les coursives, les salles d’observation. Alors même que le chemin est tout aussi tracé et étriqué que dans Portal 2, il en résulte une sensation de liberté accrue, ou du moins l’impression de sortir des sentiers battus. D’autant plus que les décors sont soignés, en particulier toutes les parties « XXème siècle » et le travail sur la végétation.



La contrepartie, c’est que toutes ces salles éventrées, inondées ou disloquées deviennent difficiles à déchiffrer. Le style clinique et épuré des salles de tests des Portal était certes redondant, mais permettait une lisibilité impeccable des niveaux : on repérait immédiatement les surfaces à portail, la sortie, les boutons, et il n’y avait plus qu’à assembler les pièces du puzzle. Dans Portal Stories : Mel, l’observation scrupuleuse est nécessaire pour repérer tous ces éléments, et la reconstruction mentale du puzzle s’en trouve compliquée. Ce n’est pas nécessairement un défaut : la trop grande facilité de Portal 2 est le plus grave reproche que j’avais à faire au jeu. Mais soyez prévenus : ce mod va vous faire vous arracher les cheveux par moments. Il est cependant un peu dommage que la difficulté soit parfois involontaire et liée à une technique perfectible : j’ai eu droit à un cube qui reste bloqué dans son tuyau, et j’ai bloqué une bonne heure sur une salle avant de m’apercevoir en regardant une soluce qu’une surface à portail ne s’était pas chargée et qu’il ne me restait plus que le noclip pour sortir…



Plus globalement, pas mal d’erreurs de game design traînent ici et là : les easter eggs lourdingues placés un peu partout (il y a des vannes sur Half-Life 2 Episode 3 !), l’autoréférence obscure pour qui n’a pas suivi le développement, le fait qu’on peut passer 30 minutes sur une salle alors qu’on est censé être dans une course contre la montre, les personnages de Virgil et d’AEGIS dont il faut attendre la cinématique de fin pour qu’ils prennent un peu d’épaisseur, et surtout la pire idée possible pour le boss de fin d’un Portal. J’avais déjà pesté contre l’incohérence de celui de Portal 2, et il m’est difficile d’expliquer sans spoiler en quoi celui de Portal Stories : Mel est irritant. Un indice : il fait intervenir les objets les plus instables du jeu de base.



Mais c’est être trop tatillon que de lister par le menu toutes les petites erreurs commises par un mod amateur pour lequel on ne débourse pas un centime (ça existe encore, les gens qui n’ont pas Portal 2 sur Steam ?). Sans compter qu’au regard des autres mods du jeu, qui sont souvent de nouvelles salles de test complètement hardcores, Portal Stories : Mel propose une production value complètement folle. J’ai déjà évoqué les décors particulièrement originaux et soignés, mais c’est surtout l’audio qui frappe fort. Les voix sont assurées par des spécialistes du mod et du Source Filmmaker tels Dr. Doozer, DragonNOR et Harry101UK. Et c’est ce dernier, connu pour ses reprises dans l’univers de Valve (c.f. This is Aperture) qui compose les musiques. Bien qu’il faille baisser leur volume pour éviter de devenir fou sur les salles les plus difficiles, ses longues nappes synthétiques sont étonnamment efficaces. Plus que les musiques de Portal 2, même.
Portal Stories : Mel traîne quelques défauts techniques et souffre de lacunes de game design, des défauts que la gratuité d’un mod amateur aide à faire oublier. Mais sa difficulté supérieure à Portal 2, l’énorme travail sur les voix et les musiques ainsi que la visite des coulisses d’Aperture rendent le jeu incontournable pour les fans.
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