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Planet of Lana II: Children of the Leaf

Laurent par Laurent,  email
Développeur / Editeur : Thunderful Publishing Wishfully
Il y a trois ans, Planet of Lana avait apporté un petit vent de fraîcheur dans le monde du jeu vidéo. Il combinait l'originalité et les graphismes d'un film des studios Ghibli au gameplay d'un Inside ou d'un Flashback en une expérience certes courte mais riche en émotions. On ne pouvait dès lors qu'attendre sa suite avec impatience et cette attente a touché à sa fin ce 5 mars avec la sortie de Planet of Lana II: Children of the Leaf. L'heure est venue de retrouver Lana.
Cinq notes. Comme le code d'activation qu'elles forment dans le jeu pour réveiller les machines, il n'aura suffi que de réentendre les cinq premières notes emblématiques de la bande-son de Takeshi Furukawa pour nous réveiller et nous replonger dans l'ambiance de Planet of Lana. Et le compositeur de la série Star Wars : Clone Wars, de The Last Guardian ainsi que du premier Planet of Lana, signe ici à nouveau une belle prestation qui va accompagner notre aventure dans ses hauts et ses bas, soulignant les menaces, les tensions ou les soulagements qui jalonneront ce nouvel épisode.



Mais revenons à Lana. Après une courte cinématique nous rappelant les événements du premier jeu, nous la retrouvons visitant les ruines du vaisseau spatial qu'elle avait déjà traversé à la moitié du premier jeu. Sous couvert de visiter ces lieux anciens avec une petite fille nommée Anua, on va rapidement revoir toutes les bases de gameplay du titre.

Peu de changements par rapport au premier épisode, mais on notera tout de même qu'on peut désormais marcher ou courir (contrairement au petit trot permanent du précédent opus) et que se baisser durant une course nous permet de faire une glissade. On retrouve aussi rapidement Mui, le chaton le plus noir du monde, à qui on peut demander de nous suivre ou bien de se rendre à un endroit précis. Cette fois, on peut lui indiquer n'importe quel endroit à l'écran, contrairement à avant où le rayon d'action était limité et centré sur Lana.



Tout comme Lana peut désormais reprogrammer certaines machines pour qu'elles lui obéissent au doigt et à l'oeil, Mui a aussi gagné la capacité de nous faire prendre possession de petits animaux. Chacun d'entre eux, ou des machines incarnées, peut être dirigé librement et possède une fonction spéciale assez clairement identifiée. Les contrôles sont très intuitifs et on bascule d'un animal à une machine à Mui puis à Lana en utilisant pour chacun leurs capacités sans aucun souci à part peut-être pour grimper.

En effet, au clavier au moins, on ne peut pas se hisser à un rebord et en même temps diriger Lana dans la direction souhaitée. Du coup, il faut juste appuyer vers le haut puis sauter pour qu'elle monte et seulement ensuite on pourra choisir la direction. On s'y habitue mais ce petit tracas ne se trouvait pas dans le premier jeu. On espère donc qu'il sera corrigé. 



En tout cas, cette facilité dans les contrôles sera la bienvenue pour franchir toutes les situations, puzzles et périls que Lana va rencontrer sur sa route. Une route qui cette fois encore nous fera visiter plusieurs régions de la planète Novo, des montagnes neigeuses aux jungles luxuriantes en passant par un atoll corallien ou une décharge à ciel ouvert. Une fois encore, le jeu est magnifique avec sa patte façon Ghibli, à base de textures dessinées et une légère stylisation d'un monde mêlant nature et ruines mécaniques d'un passé technologique oublié.

Mon gros bémol est cependant que le titre reprend tout de son aîné et n'apporte quasiment aucune nouveauté dans le bestiaire ou la faune rencontrés tout au long de cet épisode. Pire encore, on a pratiquement perdu tous les moments spectaculaires qui avaient fait la force du premier épisode. Ici, pas de machines géantes qui marchent en arrière-plan, pas de chanson qui nous transporte lors d'une traversée du désert et pas de rencontre avec un monstre hideux occupant tout l'écran.



L'autre souci est que le scénario constitue globalement une grosse quête FedEx nous demandant d'aller chercher trois ingrédients pour guérir Anua qui s'est approchée innocemment d'un genre de déchet radioactif et a contracté une maladie. Du coup, on se retrouve à voyager de région en région sans lien entre elles puisqu'on y est emmené en barge anti-gravité, contrairement au premier jeu où le chemin suivi nous amenait naturellement à traverser les différentes contrées se trouvant sur notre route.

En outre, on observe un manque de cohérence un peu partout. À commencer par le déchet radioactif qui a empoisonné Anua alors qu'on traversera plus tard des salles qui en sont remplies, voire des wagons entiers, sans dommage. Pareil pour cet objet rare qui va nous demander de visiter toute une région puis, à peine obtenu, on en découvrira un autre exemplaire à portée de main. Et je passe sur l'infiltration de nuit où on déloge des grilles de ventilation dans le dos des gardes sans éveiller le moindre soupçon.



Le comportement des personnages aussi est difficile à suivre et le fait que leur langue ne soit intentionnellement pas traduite n'aide pas. Une bonne partie de l'aventure, la grande soeur Elo, puis notre mentor Rakuen, vont nous reprocher nos actes, comme si le jeu voulait nous dire que Lana est encore trop insouciante et cause des problèmes par son inattention et son immaturité. Cependant, il n'y a pas de conclusion venant montrer que la protagoniste a appris de ces leçons et on reste donc un peu perplexe sur ces reproches qui lui sont adressés. Enfin, la possibilité de contrôler de petits animaux apporte peu à l'expérience. Si leurs capacités sont mignonnes et originales, le fait de devoir les sacrifier pour déclencher certains mécanismes, avec la possibilité de le faire à l'infini, n'est pas trop dans l'esprit Ghibli.



Enfin, la première moitié du jeu (sur un total de huit heures dans mon cas) est particulièrement hachée. La faute à des transitions au noir un peu trop longues et surtout beaucoup trop fréquentes pour cacher un chargement ou pour annoncer une cutscene. En rejouant au premier jeu, je me suis rendu compte que celles-ci étaient rares et souvent composées d'un écran noir rapide pour masquer un chargement, ou faisaient apparaître sans transition des bandes noires en haut et en bas afin de cadrer une cinématique in-game.

Dans le deuxième opus, toutes les transitions se font par un fondu au noir. Non seulement ça coupe le rythme, mais on perd tout contrôle. Et le problème est inversé lors des flashbacks de l'histoire où, pour ne pas nous priver complètement du contrôle du personnage, on nous laisse diriger Mui en nous disant d'appuyer sur un bouton ou de traverser dix écrans vers la droite sans autre interaction. Si ça permet de laisser le joueur en contrôle, ça n'apporte malheureusement rien à l'expérience, tellement celle-ci est dirigiste.
 
Peut-être que mes attentes étaient trop grandes, mais j'avoue ressortir déçu de ce Planet of Lana II: Children of the Leaf. J'attendais une nouvelle aventure qui nous expliquerait la motivation des machines qui avaient envahi Novo, nous ferait découvrir plus de la faune et de la flore exotiques de la planète ou qui nous dévoilerait un peu plus les origines de Mui. Malheureusement, cet opus constitue finalement davantage un spin-off du premier jeu qu'une véritable suite. On y apprend certes une partie touchante de l'histoire de Mui avec un beau twist final, mais l'aventure est bien trop décousue et apporte trop peu de moments forts pour être vraiment mémorable. C'est dommage.

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