Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
TEST

Need for Speed Most Wanted (2012)

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
Un open world, des flics qui ne demandent qu'à être nargués, des points gagnés pour toute destruction volontaire, des caisses de luxe indestructibles qui n’ont pas besoin de faire le plein... Bienvenue dans le monde merveilleux de Need for Speed Most Wanted.

Fairhaven’s Gate


Par honnêteté, je tiens à préciser que le jeu a été testé sur une config légèrement inférieure aux recommandations minimum. Il m’est donc difficile de juger l’aspect technique et graphique du jeu, du moins de son rendu dans des conditions optimales. Énorme point positif tout de même, malgré une bécane fluette, le framerate est acceptable, on relève quelques freezes temporaires mais aucun crash, pas de clipping ni de temps de chargements malgré un open world parcouru à grande vitesse… En bref, si vous avez un PC qui tient la route (huhuhu), vous devriez profiter de quelque chose de sympathique. N’hésitez pas à confirmer ou infirmer dans les commentaires.



Même avec les options au minimum, on profite de Fairhaven, un open world assez convaincant, notamment par sa taille et sa variété. Il vous faudra plusieurs minutes pour le traverser de part en part, et même après plusieurs heures de jeu on découvre de nouvelles zones. Voies ferrées, cimetière d’avion, routes de montagne ou encore zones portuaires s’ajoutent aux rues et aux voies rapides pour créer un réseau varié, réservant quelques surprises. S’il n’y a aucun piéton à écraser, un cycle jour/nuit et un trafic plus ou moins dense selon l’horaire viennent donner un peu de vie à la ville, constituée de nombreux éléments de décors destructibles (panneaux, réverbères, bancs…) ou pas (plots, voitures garées, arbres…).

Mais l’essentiel reste la modélisation des voitures, qui remplit son office. 50 bagnoles de (grand) luxe, instantanément reconnaissables, détaillées, et dont les caractéristiques techniques et le comportement sont conformes à la réalité. On remarquera également les cinématiques d’introduction des courses, sortes de mini-films conceptuels « je teste tous les filtres de Photoshop », mais sympathiques. Le tout sur fond d’une bande son typique d’un Need for Speed, c’est-à-dire tournée vers le rock et l’électro, avec beaucoup de titres branchouilles sur lesquels vous shakez votre booty en boîte, mais qui seront démodés dans six mois. Cela dit, c’est raccord avec l’ambiance du jeu, et c’est assez efficace.


Car Crash Simulator 2013


Malheureusement, la conduite desdits bolides n’est pas tout à fait optimale. Certes, après plusieurs heures de jeu, on finit par maîtriser un peu mieux la latence des commandes, les techniques de drift, le comportement des voitures civiles, celles de vos concurrents et celles de la police pour mieux les éviter, ou les gêner. Cela étant, une grande part de frustration persiste, à cause d’un système de collision à la logique parfois impénétrable. En gros, en fonction du véhicule que vous conduisez, de votre vitesse, de l’obstacle que vous touchez, et de l’angle de contact (de plein fouet, de front, par l’arrière…), vous pouvez infliger ou subir un takedown, autrement dit un accident. Autant on comprend immédiatement pourquoi un pick-up Ford résiste mieux aux chocs qu’une Ariel Atom [insérez ici votre blague de mauvais goût sur Jocelyn Quivrin], autant on subit régulièrement des takedowns venus de nulle part qui semblent un peu injustes, et mieux vaut compter sur la chance et ne pas s’embêter à calculer ses trajectoires pour en infliger aux adversaires. Les premières heures du jeu, où nos drifts sont un peu larges et où on apprécie mal la vitesse des autres véhicules, sont une plaie à ce niveau-là, et ce côté « simulateur d’accidents » persiste par la suite. D’autant plus qu’un cruel manque de lisibilité aggrave la situation. Entre les éléments de décors, la poussière dégagée par vos concurrents, le trafic, votre vitesse affichée en bas à droite, la minimap en bas à gauche, les checkpoints affichés directement sur la route et les respawns arbitraires après un takedown, la prise d’information est plus que délicate. Sauf si on roule à 50 km/h, éventuellement.



Rappelons tout de même que le principe du jeu est de devenir le Most Wanted de Fairhaven, autrement dit le pilote le plus célèbre et le plus recherché par les flics. Pour y arriver, il faut cumuler des speedpoints en multipliant les infractions au code de la route et les destructions volontaires. Une fois un nombre suffisant de speedpoints en poche, on peut défier l’une des 10 voitures Most Wanted, la battre, lui infliger un takedown, prendre sa place dans le classement, et ainsi grimper les échelons. En clair, quand on démarre une partie on est lâché dans Fairhaven, et on a le choix entre disputer des courses liées à la voiture qu’on pilote (circuits, sprints, time attack, courses poursuites…), ou bien tout simplement profiter de l’open world pour rouler au gré de nos envies. Le tout est pimenté par la police, qui patrouille en permanence dans la ville et peut nous prendre en chasse dès qu’on commet une infraction. Plus la poursuite dure, et plus la jauge d’alerte se remplit, débloquant des effectifs supplémentaires pour vous arrêter. Avec des voitures au moins aussi rapides que les vôtres, des herses, des tentatives d’immobilisation, des voitures béliers voire des véhicules blindés, c’est peu de dire que les flics de Fairhaven sont coriaces. Trop, même. Pour les semer, il faut être casse-cou, mais surtout au bon endroit et au bon moment, par exemple pour prendre un tremplin ou une voie de garage qui vous masquera le temps que votre jauge d’alerte revienne à zéro. Il n’est pas rare qu’une poursuite dépasse les dix (longues) minutes. Et tout ça pour rien d’autre que des speedpoints supplémentaires, puisqu’il n’y absolument rien à perdre à se faire arrêter.


Most Bored


En effet, la progression est basée sur l’exploration et non sur votre maîtrise du pilotage. Contrairement aux Need for Speed d’antan, il ne s’agit pas de gagner des courses pour débloquer des voitures ou gagner de l’argent, mais de trouver des voitures (garées un peu partout dans Fairhaven) pour débloquer des courses. Chaque modèle a 5 courses prédéfinies, accessibles depuis un menu rapide et liées au type de véhicule : une Porsche 911 aura plutôt des courses sur route, un Land Rover des épreuves en hors-piste. Mais comme on gagne des speedpoints également en conduite libre, il n’y a aucune obligation à se lancer dans les courses pour progresser dans le classement Most Wanted. J’ai personnellement poussé l’absurde jusqu’à ne disputer aucune course pendant plusieurs heures, mais à progresser malgré tout, me contenant de faire des tours d’autoroute, de narguer un peu les flics, et de pimenter un peu le tout en roulant à contresens ou en faisant des burns au milieu de la chaussée.



Heureusement, disputer et gagner des courses reste un plus : c’est ce qui va vous permettre de débloquer des améliorations pour vos bolides, par exemple des kits nitro ou des pneus autogonflants. Il n’y a ni argent ni tuning à la Underground, tout passe par vos résultats dans les courses puis par des achievements à atteindre (du style « rouler 40 km à contresens ») pour en améliorer l’efficacité. Cela dit, il ne s’agit pas de se monter un bolide personnalisé, ne serait-ce qu'il suffit de traverser un garage pour retaper votre carrosserie, regonfler vos pneus et changer arbitrairement la couleur de la peinture. Les améliorations sont seulement destinées à adapter votre voiture aux conditions de courses : des pneus slicks pros amélioreront vos performances sur route mais feront de vous un veau en hors-piste, à l’inverse des pneus mixtes pro, et ainsi de suite. Certes, on peut prendre un peu de plaisir à gagner toutes les courses d’une voiture et à débloquer toutes les améliorations, éventuellement le refaire pour une voiture d’un profil différent, mais au bout de 4 ou 5 voitures, on sature vraiment. Les courses se répètent, se déroulent rarement dans les lieux originaux de Fairhaven, et on n'a aucune sensation de progression.

Pour finir sur une note un poil plus positive, on retrouve dans le mode multi des sensations plus arcade, ou plus bourrines pour être précis. Le terrain de jeu reste le même, et vous mets en compétition avec 11 joueurs. Au programme : des successions d’épreuves variées, seul ou en équipe, avec évidemment des courses, mais aussi des concours de takedowns, des rois de la zone… Le facteur humain apporte du fun, notamment en transformant Fairhaven en gigantesque stand d’auto-tamponneuses. Et rien n’est plus vicieux, et donc jouissif, que de gagner une course puis de revenir en arrière pour se crasher volontairement sur ses concurrents. De quoi évacuer la frustration d’un solo qui tourne trop vite en rond.

Criterion rate sa cible avec ce remake de Most Wanted. Malgré un vaste open world et un multi défouloir, l’ensemble sonne creux, avec une progression prémâchée, une conduite plutôt frustrante et un contenu trop vite lassant. Une belle carrosserie, mais on aurait aimé que ça rugisse un peu plus sous le capot.

SCREENSHOTS

Rechercher sur Factornews