TEST
NASCAR 26 : de tout Petty changements qui nous donnent la Dale
Développeur / Editeur : iRacing Studios
« Réveillez-vous, monsieur de Charme. Réveillez-vous... Je n'insinue pas que vous vous êtes reposé sur vos lauriers. Vous méritez bien un peu de répit. Et tous les efforts du monde auraient été gâchés jusqu'à... Eh bien, disons que votre heure est venue... de nouveau. L'homme qu'il faut, là où il ne faut pas, peut faire toute la différence. Alors debout, monsieur de Charme. Debout. Sentez-vous l'odeur d’essence ? »
Je me réveille en sursaut dans un boucan assourdissant et effectivement, ça pue le gasoil. Je suis assis, plaqué par une main invisible et gigantesque dans le fond d’un siège peu confortable. Mes mains sont collées sur ce qui semble être un volant et mes pieds, nus, tout aussi scotchés à une paire de pédales en métal. Il crève de chaud. À l'extérieur, je vois défiler des couleurs, des milliers de personnes et j’entends au loin résonner Sweet Home Alabama. Pas de doute, je suis dans une voiture de NASCAR. Mon véhicule est encerclé de voitures aux livrées chatoyantes fonçant à 300 km/h et le moindre écart de ma part satellisera tout ce beau monde. Le pied au plancher depuis mon réveil m’indique que je ne suis pas sur n’importe quel circuit : je suis sur un Super Speedway, à Daytona ou à Talladega.
Tout ce dont je me souviens, c'est le test de Zero Parades: For Dead Spies et d'une chambre d'hôtel délabrée. La sueur perle abondamment sur mon front et j’aperçois au milieu de l’habitacle un magnétocassette noir. C’est un modèle classique : série de boutons en bas, mangeoir à cassette au milieu et petite enceinte en haut. Le bouton REC est déjà enclenché et un post-it collé sur le haut-parleur indique “CRIE TON TEST, SIGNÉ UN AMI”. Ah oui, c’est vrai que j’ai joué à NASCAR 26 récemment, la suite de NASCAR 25, relançant une série dormante depuis 2022.
Il faut alors m’imaginer hurler la suite de ce test, réalisé sur une version fournie par l'éditeur, tentant de surnager au milieu du vrombissement infernal d’un troupeau de V8.
Laissez-moi donc consulter mes fiches Bristol
"NASCAR 25 ne m’avait pas spécialement enjaillé. La musique d'accueil était nulle, la maniabilité au volant vraiment pas folle, ça cassait pas trois pattes à un Menard graphiquement et le mode carrière était assez famélique. Il faut alors croire qu’iRacing Studios lit les tests parce que pratiquement tout a été corrigé ou va dans le bon sens. Déjà, tchao la chanson nulle : le jeu s’ouvre sur Sweet Home Alabama ! Voilà, ils ont compris l’ambiance que l’on souhaite lorsqu'on installe un titre pareil ! On veut des drapeaux américains, de la country ou du bon vieux rock'n roll, des pygargues à têtes blanches et des vidéos de messieurs blancs à boucs comme l'avait par exemple très bien compris World of Outlaws: Dirt Racing 24.
Pour continuer sur les premières impressions, le design des menus a été revu et ils sont bien plus élégants tout en étant plus clairs. NASCAR 26 s’offre de plus quelques nouveautés du côté des modes de jeu, comme un mode entraînement ou un mode The Chase permettant de vivre uniquement les dix dernières courses du championnat, celles qui valent vraiment pour la coupe. Le cœur du jeu reste le mode carrière, nous faisant commencer en ARCA pour terminer en Cup Series, le top du top de l'ovale (si vous souhaitez plus d’info sur le fonctionnement du NASCAR, je vous invite à aller lire mon test de NASCAR 25).
Celui-ci s’étoffe un peu, avec de nouvelles activités, la possibilité d’acheter du matériel pour améliorer son garage ou l’intégration de séances d'entraînement en amont d’une course particulière, comme par exemple votre premier ovale de taille intermédiaire. Ces séances sont bienvenues pour les débutants, car il n’est pas forcément facile de comprendre comment piloter sur ces circuits bizarres quand on vient de la course sur circuits européens. Malheureusement, les trajectoires présentées sont rarement les plus rapides (peut-être les plus économes en pneus néanmoins) et peuvent donc donner de mauvaises habitudes.
Une fois, ça passe, deux fois, bonjour les Talladega
Une fois en piste, les graphismes sont moins flous que l’année passée et bien colorés mais entre le clipping des ombres, les modèles cubiques des voitures dans le rétro ou certains décors, le titre peine à impressionner. Ce qui chafouine le plus, c’est qu’iRacing propose des visuels certes moins fouillés mais bien clairs et bien nets et sans clipping digne de Need For Speed 2. Ici, ce n’est pas le cas alors que les deux titres partagent le même éditeur.La même chose peut être dite de la maniabilité au volant. Bon déjà, il y a du mieux : le menu de réglage du retour de force est bien plus fouillé et efficace. Une fois en piste, on sent beaucoup plus de choses et il est enfin possible de sentir quand le cul-cul de notre voiture a l’air d’avoir envie de faire un bisou à la tê-tête. Malgré tout, il manque beaucoup de détails, rendant les voitures très lourdes là où leurs équivalentes dans iRacing sont beaucoup plus joueuses et légères. Cela se ressent surtout sur les petits ovales, où l’on passe son temps à freiner et qui m’ont semblé finalement plus compliqués à appréhender dans un NASCAR 26 grand public que dans un iRacing de hardcore simmer. Les options de configuration de la voiture sont néanmoins assez nombreuses avec la possibilité d'utiliser des pré-réglages. Malheureusement, ceux-ci sont assez bourrins et on se retrouve assez vite à conduire une voiture sur la patinoire olympique d'Albertville.

Dans les autres nouveautés, outre les nouveaux circuits, on retrouve le gommage progressif de la piste pendant les courses et des effets de fumée améliorés. Ces derniers sont utiles car on peut maintenant faire une petite séance de burn quand on remporte une course, ajoutant encore un peu de cachet à cette simulation d’Amérique. Niveau IA, les développeurs se targuent de l’avoir amélioré, mais je n’ai pas décelé de différences avec notamment ces adversaires qui lâchent l’affaire dès qu'on les a doublés. Et niveau IA générative, son utilisation est toujours assumée, notamment pour des portraits en mode carrière ou pour les lignes du spotter (qui n’est pas fiable, soit dit en passant). Ce sont des économies de bouts de chandelle rendant le jeu antipathique pour rien…”

J'halète dans mon bolide, je n’en peux plus. Je n’ai rien à boire et je commence à voir flou. Je regarde à gauche, une voiture me dépasse. Le pilote n’a pas de casque, uniquement une paire de lunettes à bord épais et un sourire de ménestrel. C’est lui ! C’est lui qui m’a assommé puis attaché dans cette bagnole des enfers ! Le vide se fait soudainement dans mon esprit et la rage remplit mon crâne. Je braque à droite, écrasant la voiture de mon adversaire contre le mur extérieur. Des gerbes d’étincelles jaillissent de partout, la fumée envahit l’habitacle. Je l’entends rire à gorge déployée et je maintiens la pression.
Sa voiture se lève alors verticalement contre les grillages, s’envole par-dessus la mienne puis un choc terrible survient. Le toit de mon adversaire repose sur le mien et je transporte mon concurrent en équilibre et à l’envers à 300 km/h. Je finis par perdre le contrôle, je zigzague contre deux autres voitures et tout s’envole. Le haut et le bas défilent à une vitesse que je ne saurais décrire, les chocs successifs contre le bitume sont assourdissants, me fracassant les os. Puis mes bras se brisent, n’arrivant pas à contenir les rotations d’un volant devenu fou.
Le temps finit par s’arrêter. J’ai la tête à l’envers et la fumée, les éclats de verre et les étincelles sont soudainement suspendus en l’air. Je sens qu’on me détache de mon baquet, qu’on utilise une spatule pour me décoller les pieds et les mains des contrôles de la machine et qu’on m’emmène au loin. Le bruit et à la fureur s’estompent et, enfin, je m’endors dans un sommeil de plomb.
Je me mets alors alors à rêver du jeu de NASCAR parfait : un titre qui tourne sur Steam Deck, mais dont les contrôles au volant et le retour de force sont parfaits. Je rêve d’un mode carrière plus original, ne se contentant pas de recycler des idées issues de NASCAR Heat. Un jeu généreux qui célèbre totalement un certain art de vivre à l’américaine. Bref, NASCAR 26 s’en rapproche mais se repose encore trop sur le passé. C’est une bonne évolution depuis NASCAR 25, il s’agit maintenant de passer un nouveau cap.