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TEST

iGrow : 420_LEGALIZE_IT

hohun par hohun,  email
Développeur / Editeur : iDev Games
Chez Factor, en bons républicains, nous mettons le respect de la loi au centre de nos priorités. Alors, quand un dangereux développeur gauchiste nous propose un jeu centré sur la culture dissimulée de produits horticoles à destination de la jeunesse désemparée, nous choisissons de brandir le marteau de la censure. Enfin, en tout cas, jusqu’en mai 2017 et l’élection de Benoît Hamon, le candidat des drogués et de l’assistanat. En attendant, il ne sera fait ici aucune mention de choses illégales, et c’est ainsi que je vous propose notre test de ce jeu sur la culture des fougères.
Dans iGrow, vous jouez le rôle d’un voyou qui tente de lancer un empire de la fougère dans un immeuble résidentiel d’une zone abjecte d’Angleterre où personne ne respecte rien, comme Soho par exemple. Ambiance Attack the Block donc, mais aussi Attack mes rétines parce que les graphismes vous frappent comme un grand coup de surin en pleine poitrine. L’interface, qui rappelle un peu la production des artisans manchots borgnes d’Europe de l’Est pendant la période stalinienne, jure tellement que tous les charretiers du coin lui paient des canons quand ils la croisent. Bref street cred totale pour le jeu qui nique la police d’écriture et veut vous le faire savoir.



Entrons dans le vif du sujet : vous incarnez donc possiblement un clodo qui se retrouve, sans trop de raison, dans une cage d'ascenseur immonde et en possession de 20 000 livres (la monnaie, pas le bouquin ; vous avez déjà vu un clodo lire, vous ?). Immeuble de qualité s’il en est, chaque porte est soit un appart’ à vendre, soit un dealer, bref c’est bien simple on dirait un immeuble de l’OPAC du Rhône. C’est criant de réalisme, et le jeu est tellement à la limite du documentaire qu’on se demande comment ça se fait que Beurnarde of the Villardiouze en a pas encore fait un thème « La drogue, la prostitution et les arabes : la vie quotidienne à [random banlieue] » dont il a le secret. Bref, vous avez le choix entre 3 options : acheter un appart, acheter un truc à un distributeur ou acheter un truc à un autre distributeur. Oui je sais, tant de choix, ça donne le tournis. Si vous voulez faire un voyage, vous pouvez aussi prendre l’ascenseur et aller au 10ème étage pour profiter de la vue. Non je plaisante, y’a pas de vue, les étages sont des copies conformes. Enfin bon, achetez votre appartement, commencez à planter de la fougère et faites pas ièch’, comme on dit en Seine-St-Denis (en 1995).

Votre appartement de criminel se divise en deux zones : un coin chambre de 3m² avec votre sac de couchage de clodo dedans et une salle de 10 m² avec 8 emplacements à fougères. C’est là qu’on rentre vraiment dans l’aspect simulation du jeu. Vous avez le choix entre de nombreux pots, de nombreuses lampes, de nombreux styles de salle, de nombreuses variétés de fougères à planter, quelques options de ventilation, bref, c’est Byzance, si Byzance était un parking reconverti en HLM et habité par des clochards camés à la fougère. Sauf que voilà, toutes ces options, c’est bien cool, mais ceci est un RPG (Rasta Playing Game) et vous devez gagner de l’XP pour les débloquer. Et comment qu’on gagne de l’XP ? En achetant des pots, en cultivant de la fougère et en la vendant aux dealers dont le niveau monte avec l’étage. Donc vous faites tout bien comme il faut après un peu de tâtonnements, la verdure commence à pousser, vous l’arrosez un peu de temps en temps et là bam, elle crève.



Que s’est-il passé ? Eh bien c’est tout simplement que vous n’avez pas assez arrosé ; et l’on touche là au cœur du problème du jeu, c’est qu’il faut passer son temps à arroser les plantes, sans quoi elles crèvent. Bon j’exagère, vous avez quelques dizaines de secondes avant qu’elles ne commencent à manquer d’eau, mais si vous jouez en vitesse multipliée vous allez concrètement passer votre temps à cliquer sur « Water ». Vous me direz, il suffit donc de jouer en vitesse normale. Oui, sauf que dans ce cas le jeu devient chiant comme la mort, parce qu’une fois vos plantes plantées, ben y’a rien d’autre à faire qu’arroser et changer les filtres une fois de temps en temps. Et même en accélérant le jeu, vous ne faites que révéler la répétitivité du jeu et son manque d’intérêt. Au final, on abandonne bien avant d’avoir pu débloquer les nombreuses variantes de décor et de fougère (il est d’ailleurs possible de mélanger les souches pour tenter d’améliorer le rendement, mais c’est apparemment buggué chez moi). À noter qu’une vue du dessus vient simplifier la gestion des plantes, pour éviter d’avoir à aller et venir pour arroser 20 fois une plante en 2 minutes. Et pour ceux qui aimeraient encore se pourrir la vie un peu plus, un mode « survival » est cochable dans les options pour rajouter la gestion de la faim, de la soif et de la fatigue, pour enfin vivre la hobo thug life comme si on y était.

Alors entendons-nous bien : en tant que simulateur de pousse pur et dur, c’est probablement pas si éloigné de la réalité que ça, vu que faire pousser des plantes, ben c’est généralement long, chiant et répétitif. Le souci au final c’est que la seule chose qui s’apparente à une gestion de la criminalité, c’est de remplacer les filtres sous peine de se faire choper par la police, et de revendre sa denrée aux dealos de l’étage une fois la cueillette terminée. Pas de baston, pas de dobermans, pas d’expédition punitive pour violation de turf, pas de descente surprise de la police, et surtout, pas de gangsta rap : une seule musique de type électro-rasta-laidback tourne en boucle et on aura vite fait de la muter pour se coller une bonne galette de The Streets à la place.

Franchement, je crois qu’il est plus amusant d’acheter sa fougère au Jardiland du coin puis de passer la nuit au poste à cause d’un contrôle au faciès inopiné. Mes rêves de devenir le nouveau Scarface se sont endormis en même temps que moi, quand j’ai cliqué sur « Water » pour la 57ème fois en 10 minutes. Ce n’est pas encore cette fois-ci que JE SERAI CELUI QUI TOQUE.

SCREENSHOTS