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Forza Horizon 4 : Solstices des thés

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : Microsoft Turn 10 Playground Games
Supports : PC / Xbox One
Pour sa quatrième édition, et après avoir foulé le Great Sandy Desert australien, le festival Horizon revient sur le vieux continent et installe son camp de base dans le nord de l'Angleterre. La formule du jeu de course "à la cool" de Playground Games fait donc une halte à deux pas du studio, aussi on s'attendait à une fidélité dans les environnements visités mais on espérait surtout le retour à quelque chose de plus dans le ton des deux premiers épisodes.
 
Instant confession : si je n'ai pas de problèmes avec le modèle de conduite de Forza Horizon qui fait toujours l'unanimité d'épisode en épisode, je dois vous avouer que le trip grand patron du festival de l'opus précédent m'avait un peu dérangé. Horizon, c'est avant tout le plaisir de débarquer en tant que simple festivalier et de gravir uns à un les échelons jusqu'à finir dans le TOP 12 des pilotes à se tirer la bourre dans LA course ultime tout autour de la carte. Une expérience que cristallisaient parfaitement FH2 et sa Riviera méditerranéenne. En axant son histoire sur la création de chapiteaux aux quatre coins de la carte plutôt que sur le challenge à bord des bolides du jeu, c'est comme si FH3 reniait son héritage. Voilà en partie pourquoi la manette m'était tombée des mains après une petite dizaine d'heures seulement. Vous imaginiez donc mon attente pour cette suite.

Dès les premières minutes de jeu, me voilà rassuré. On joue à nouveau un quidam qui déboule comme une fleur de nulle part avec sa Ford Focus même pas bidouillée et va enchaîner épreuves, voitures, reconnaissance jusqu'à truster les hautes sphères du festival. Petite nouveauté, on peut ici choisir son avatar en début de partie parmi une sélection ma foi assez réduite de tronches de cakes aux coupes parfaites et au teint immaculé. Forza Horizon 4 nous met en suivant directement dans le bain avec un petit tutoriel qui présente la principale évolution mise en avant dans cet épisode : la gestion des quatre saisons. A certains moments, en vrai lorsque le jeu-service se met en place (sic!, voir plus bas) on passe d'une saison à l'autre. Cette transition occasionne un relooking intégral de la carte et quelques petits trucs en plus, des lacs gelés qui deviennent praticables ou un léger manque d'adhérence en hiver par exemple.

Brexit enneigé, mais brexit quand même

Dans l'absolu ça ne change pas fondamentalement le jeu mais cette pirouette technique à au moins le don de bien mettre en valeur les formes généreuses de l'Angleterre made in Playground. On en a enfin fini avec les faux reliefs décevants du pays des Kangourous, l'aire de jeu de FH4 nous offre des territoires vallonnés, des monts à gravir, d'immenses forêts entrecoupées de courts d'eaux, des champs de lavande bosselés... bref on respire, à la différence de nos suspensions qui elles souffrent à chaque instant ! Et c'est bien là le deuxième point fort de ce 4e volume, des reliefs accidentés dès qu'on sort des routes de campagne qui s'offrent au joueur en autant de tracés sinueux et délicieusement jouissifs. Les designers font à nouveau des miracles en proposant des dizaines d'épreuves toutes craftées avec une seule optique : les sensations fortes.

Chaque boucle, chaque bosse, chaque chicane que l'on soit sur route, dans la boue ou dans les graviers semble placée toujours au bon moment pour permettre le petit dépassement au rupteur qui va bien et ainsi distancier un adversaire un peu trop collant ou un Drivatar trop agressif. On a par contre à faire avec une carte un peu plus petite que dans l'épisode précédent mais qui compense ce défaut par un vrai travail d'amour sur tout le reste entre terre et mer, de Liverpool à Edimbourg en passant par le Lake District et Bamburgh sur la côte est : jamais le Royaume Uni n'aura été aussi agréable à découvrir. Et justement, on est désormais plus libres dans l'exploration, FH4 s'affranchissant de presque toutes les contraintes d'objets venant entraver l'envie de partir en hors-piste. Tout ou presque est maintenant destructible, y compris les rambardes d'autoroute, les barrières de sécurité et la plupart des arbres. On en vient donc à parler du modèle de conduite qui n'a finalement pas bougé d'un iota.



FH4 conserve cet habile compromis entre simulation permissive et arcade assumée qui lui sied si bien depuis le tout premier épisode. Les plus acharnés des mécanos pourront tout de même tuner leur bolide en passant par le garage mais les réglages de base sont déjà plus qu'honnêtes surtout lorsqu'on sait que le jeu ne met pas en avant les performances où la recherche du temps parfait. En termes de contenu, comme expliqué plus haut, FH4 démarre par un petit tutoriel d'une heure qui explique au nouveau-venu le principe des saisons et les différents types de courses qui vont paver sa campagne pendant les dizaines d'heures qui vont suivre. Ici par contre, pas de réelle innovation : on y retrouve championnats classiques joutes de rue, sur route, mix terrain et country cross agrémentées de la personnalisation héritée d'Horizon 3, les fameuses épreuves de rassemblement iconiques de la série, des activités annexes saupoudrées d'un semblant de scénario qu'on expédiera rapidement (cascades de films, société de location de super cars, Youtubeuse gaming) et enfin le grand retour des #Forzathon, des évènements limités dans le temps introduits dans FH3 qui demandent à de vrais joueurs d'atteindre des objectifs en coopératif.

VrooMMO

Petite révolution qui n'en est pas vraiment une, les #Forzathon sont désormais "LIVE" comme tout le contenu multi renommé Forza Horizon LIVE pour l'occasion. Au lancement du jeu, on rejoint automatiquement un serveur pouvant accueillir jusqu'à 72 joueurs par instance et on voit physiquement ces joueurs sur la carte en plus des célèbres Drivatars. On peut aussi chatter avec eux, les inviter dans une session compétitive, pour accomplir une course de la campagne à plusieurs ou éventuellement aller chopper des panneaux uniquement accessibles à l'aide des rampes en #Forzathon. A noter que pour des raisons évidentes de bonne conduite, les voitures des vrais joueurs sont ghostées dès qu'on en approche d'un peu trop près, ce qui est particulièrement apprécié lors des #Forzathon où des dizaines de joueurs roulent dans des espaces restreints.

On le voyait venir avec ses gros sabots y'a deux ans et c'est aujourd'hui une réalité : Microsoft a définitivement succombé au doux chant des sirènes du jeu-service initié par ses concurrents. En dehors de la campagne qui fait plus que jamais office de hors d'oeuvre, tout dans Forza Horizon 4 est conditionné par un changement de saison obligatoire en début de semaine, véritablement imposé par les développeurs. Ainsi championnats, gains d'items, voitures disponibles à l'achat, trésors de granges (plus faciles à dénicher avec les autres joueurs certes, c'est un moindre mal), c'est une véritable foire au tout saisonnier ! En calculant bien, on a même plus besoin de terminer les compétitions solo mis à part les 4 dernières épreuves pour "finir" le jeu. Mais, et si on veut enchaîner l'hiver après le printemps ? Et bien il faut patienter 3 semaines, sagement comme tout le monde...



On tient là le seul regret autour de ce titre. Comme chez les autres, on retrouve les syndromes du "game as a sévice" à savoir beaucoup trop de loot inutile : des biens immobiliers accessoires mais demandant des sommes folles aux émotes et fringues ridicules en passant par des points de prouesses par voiture pour rajouter artificiellement de la durée de vie et des jauges de progression à gogo pour tout ou presque dans le jeu. Pire, certaines épreuves sont même totalement anecdotiques comme les courses de drag. Au final, c'est un peu triste à dire mais le gimmick des saisons est rythmé par le jeu-service et pas l'inverse. Toujours sur notre calepin dans la colonne défauts, l'impossibilité de créer des playlists de courses ou encore les dialogues calés sur les avatars masculins qui ne fonctionnent pas du tout dès qu'on en choisit un féminin. Et c'est d'autant dommage que Forza Horizon 4 fait mieux que son prédécesseur dans tous les autres domaines, on y retrouve une bande originale bien plus punchy qu'auparavant qui colle bien plus avec l'esprit Forza Horizon. Côté technique, la version PC que nous avons testé n'est plus encapsulée dans une machine virtuelle, on gagne ainsi en performances et en stabilité. Le jeu se permet même toutes les excentricités technologiques actuelles et s'acclimate bien avec l'écosystème Windows 10, ce qui prouve la volonté de bien faire de la division Xbox.
Si l'on participait à la troisième édition d'Horizon en parfait dilettante, c'est en tant que conquérant qu'on est véritablement de retour dans ce nouvel épisode. Alors oui, il a fallu faire des compromis et s'accommoder avec les petits travers d'une composante jeu-service pour pouvoir goûter aux joies de la conduite par tous temps dans la campagne anglaise. Mais qu'importe, ce qui prime avant tout c'est le plaisir de conduire et qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, Forza Horizon 4 en est une célébration de tous les instants.

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