Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
 
TEST

Fire Emblem Warriors : le FE occulte

Frostis Advance par Frostis Advance,  email  @FrostisAdvance  
Support : Switch
Au pays du jeu vidéo japonais, tout peut se faire. Il est même possible de fusionner Fire Emblem, une référence du tactical-RPG à la sauce permadeath, avec la série Dynasty Warriors, modèle du beat‘em up sans cerveau. Ce résultat absolument improbable donne Fire Emblem Warriors, le premier Musô de la Nintendo Switch. Et autant l’annoncer dans l’intro : ça déboîte un peu.

Musô vinaigrette

Avant de se lancer dans la bataille, parlons un peu de Musô, puisqu’on en discute assez peu sur Factornews. Le genre est né en 2000 sur PlayStation 2 avec Shin Sangoku Musō, plus connu chez nous sous le nom Dynasty Warriors 2, et développé par Omega Force. Le premier épisode sorti 3 ans plus tôt sur PlayStation ne compte pas vraiment, puisqu’il s’agit plus d’un jeu de combat à la Tekken. Depuis, le but a toujours été le même, à savoir contrôler plusieurs personnages pour se fritter contre des méchants dans des zones en 3D, le tout avec un gameplay basé sur le beat’em up et évidemment toujours développé par le même studio.

Alors oui, il s’agit donc depuis 17 ans de taper à tout va sur des milliers de PNJ qui n’ont rien demandé, mais la série est un peu plus profonde que cela. On remarque par exemple que les Dynasty Warriors se focalisent sur la période des Trois Royaumes de Chine, qui a commencé en 220 après la chute de la dynastie Han et s'est terminée vers 280 suite à la réunification de la Chine par la dynastie des Jin occidentaux. Tandis que la série des Samurai Warriors (par le même développeur) se focalise quant à elle sur des batailles mettant en scène des Daimyō, qui étaient de puissants gouverneurs féodaux au Japon, entre le XIIe et le XIXe siècle. Et voilà pour le côté : « Mais non chéri(e), je ne fais pas que taper ! C’est un jeu historique, c’est hyper profond, j’apprends des choses. »


Une série qui s’étale sur 20 ans et qui ne baisse pas en qualité ni en ventes. Du coup, son éditeur de toujours, Koei Tecmo, ne s’est pas gêné pour gérer quelques partenariats ici et là, histoire de développer des Musô dans les univers de Gundam, One Piece, Bersek, Ken le Survivant, Arslan, Attack on Titan, mais aussi en s’associant avec des licences jeux vidéo comme Dragon Quest, The Legend of Zelda, et donc cette année pour la première fois, avec Fire Emblem.

Si l’habillage change suivant les différents partenariats, le fond du jeu reste fondamentalement le même, à savoir bourriner des soldats par milliers en se promenant dans des grandes arènes, tout en suivant les objectifs que l’on nous donne. C’est ultra répétitif, mais c’est aussi ce qui fait le charme des Musô. 

Pas de fumée sans FE

L’avantage avec Fire Emblem, c’est qu’il n’est pas bien compliqué de créer une histoire qui passe crème. Depuis la naissance de cette licence en 1990, Nintendo et Intelligent Systems n’ont pas lésiné sur la partie création de personnages et ne se sont pas fermés les portes du crossover non plus, quitte à partir en live comme avec Tokyo Mirage Sessions #FE sur Wii U, faisant cohabiter les personnages de la licence avec ceux de la série Megami Tensei d'Atlus, dans un Tokyo futuriste sur fond de J-Pop. Fallait oser. De là à créer un Musô, il n’y avait qu’un pas.
 
Comme pour Hyrule Warriors, le studio Omega Force a été très précis dans l’utilisation de la licence Fire Emblem en évitant de tomber dans la bête exploitation mal gérée, et créant même deux protagonistes pour l’occasion. Nous faisons connaissance du prince Rowan et de sa sœur Lianna, tous deux du royaume d'Aytolis. Alors qu’ils s’entraînent pépouze au combat à l’épée avec un certain Darios, leur château est attaqué par des créatures d’un autre monde. Panique à bord, il faut s’enfuir comme des loosers et, dans cette fuite, le duo est séparé de leur mère, la reine Yelena. Elle prendra tout de même quelques secondes pour leur expliquer ce qui se passe et leur donner un bouclier. Leur quête les amènera à faire quelques voyages dimensionnels afin de trouver de l’aide dans les royaumes de Ylisse, Hoshido, Nohr et Altea, et remettre les différents joyaux composant le blason magique, afin de défoncer le roi Ozosid qui s’est mis en tête de réveiller le dragon maléfique Velezark.

Le fan service est présent et vous aurez tous compris que les voyages dimensionnels servent à entremêler les différents personnages des jeux de la série, un peu comme dans Fire Emblem Heroes. Enfin, pas tous, puisque le casting se focalise exclusivement sur les derniers épisodes 3DS, à savoir Fire Emblem Awakening et Fire Emblem Fates, avec un peu de Fire Emblem Shadow Dragon. Un casting bien complet, avec 23 personnages jouables comme Chrom, Corrin, Ryoma, Lucina, Cordelia, Lyn, Marth, Tiki ou encore la merveilleuse Camilla. Mais du coup, grosse déception de ne pas avoir Ike, Roy, Sheeda, ou encore la mage noire Tharja provenant d’Awakening, qui aurait très bien pu faire du beach-volley. De même, le dernier épisode Fire Emblem Echoes: Shadows of Valentia a été légèrement mis de côté, en proposant uniquement Celilia, mais pas Alm.

Shifumi

Comme dit plus haut, Omega Force n’a pas changé la recette gagnante du Musô. Tout au long du jeu, le but sera toujours le même que dans les autres épisodes. On débarque sur un champ de bataille et on suit les ordres apparaissant régulièrement à l’écran. On commence par péter du péon pour libérer un fort gardé par un demi boss, puis un autre ordre nous précise de tous les prendre, pour au final changer de tactique et aller aux 4 coins de la carte afin de dégommer des mages, libérant ainsi un passage menant au boss de fin de niveau. Et ainsi de suite, le tout en appuyant frénétiquement sur X, Y et A pour lâcher des attaques dévastatrices. C’est certes ultra répétitif, mais Omega Force a cette fois-ci eu la bonne idée, contrairement à Hyrule Warriors, de proposer une action frénétique et des chapitres pouvant se terminer en vingtaine de minutes en prenant son temps. Le rythme est donc bien présent et l’action assez variée pour donner envie d’essayer la plupart des personnages, ce qu’il faudra faire sous peine de galérer dans un niveau de difficulté un peu élevé.
 

Fire Emblem oblige, les développeurs ont pris plaisir à nous proposer pas mal de détails si cher à la série, à commencer par le système du triangle des armes, repris du Shifumi ou pierre/feuille/ciseaux chez nous. Cela se traduit par une base assez simple : les épées sont plus fortes que les haches, qui sont elles-mêmes au-dessus des lances, fermant le triangle en étant plus efficaces contre les épées. Ça peut paraître tout con, mais la liste des personnages étant assez longue, la variété dans le maniement des armes l’est tout autant. Il sera donc plus judicieux d’aller taper ce gardien de fort portant une hache avec Rowan, un épéiste, plutôt que de tenter le coup avec un cavalier qui pourrait se faire one shot comme un débutant.

L’aspect tactique n’est donc pas qu’en option et chaque mission débutera par une petite mise en place de son équipe via une mini carte. Le jeu proposant de jouer avec 4 personnages en même temps, il est donc pratique d’affecter quelques tâches à ces derniers, à base d’ordres assez simples, comme de se déplacer vers un point précis, rester en soutient ou attaquer une unité ennemie. De même, c’est par cette mini carte que l’on pourra commander nos alliés gérés par l’IA. Evidemment, le jeu nous propose des personnages précis, mais il est tout à fait possible de modifier notre équipe avant de partir à l’attaque. Cette formation faite, il faudra garder en tête que l’on peut switcher à tout moment d’un personnage à l’autre d’une simple pression de la croix directionnelle, ce qui peut éviter les nombreux allers/retours chiants de certains épisodes Dynasty/Samurai Warriors.



Alors vous me direz, c’est cool d’avoir 4 personnages jouables, mais ceux gérés par l’IA, on en fait quoi ? Et bien Omega Force, décidément pas à court de bonnes idées, est allé voir du côté de Fire Emblem : Awakening et Fates, qui avaient introduit un système de duo. Ici, il est possible de former un duo avec un autre personnage allié. Ce dernier disparaîtra, mais pourra servir en cas de combos dévastateurs. C’est aussi une bonne technique pour garder un personnage un peu faible et faire grimper son EXP sans avoir peur qu’il se fasse défoncer, puisqu’en étant en duo, il sera protégé contre toute attaque. En plus, il est possible de permuter de protagoniste, ce qui peut grandement aider dans le cas du fameux triangle d’armes.
 
Enfin, un petit mot sur les personnages se battant à cheval ou à dos de créatures volantes, type pégase et wyverne. Les premiers ont la particularité de pouvoir déglinguer les ennemis juste en prenant de la vitesse. Quant aux seconds, puisqu’ils volent, ils peuvent carrément passer au-dessus de toute une armée ou même traverser un lieu qui ne dispose pas de pont. Par contre, il est tout de même bon de préciser que ces personnages à montures sont un peu plus compliqués à manier que ceux au sol, la faute à une caméra pas toujours bien placée. On se rend parfois compte trop tard que nous sommes placés un peu trop haut par rapport à l’ennemi, ce qui peut être énervant lorsqu’on lâche une super attaque dans le vide. De plus, ils craignent énormément les archers, donc c’est aussi à prendre en compte. 

Le feu dans les stats

Comme dans n’importe quel Dynasty/Samurai Warriors, il est possible de faire progresser l’XP de nos personnages au fil du jeu, mais avec une touche Fire Emblem. On retrouve donc pas mal de critères pour chaque héros : points de vie, force, magie, technique, vitesse, chance, défense et résistance. Honnêtement, si sur le papier ça peut faire classe, en vrai, on s’en fout totalement. Par exemple, on sait très bien qu’un épéiste sera une buse en magie, et inversement avec un mage, qui en plus n’a pas d’épée. Mais ça fait tout de même plaisir de voir les petits chiffres de statistiques grimper au fur et à mesure du niveau global du personnage.
 


Pour le reste, il faudra faire avec les options du marché, the place to be. On y retrouvera pas mal de choses qui feront vraiment progresser nos personnages, comme l’emblèmerie, permettant de booster nos capacités d’attaque et de défense, mais aussi d’obtenir quelques améliorations un peu pétées une fois que l’on aura promu le personnage choisi. En effet, dans chaque stage se trouve un Magister, sorte d’objet que l’on trouvera ici et là en combattant. Ce dernier permet de changer la classe de niveau d’un combattant, une fois passé le niveau 15. A partir de là, un vrai bond en avant dans les stats se fait ressentir avec quasiment une multiplication par deux de chaque critère. Il est donc fortement recommandé d’arriver au niveau 15 d’XP le plus rapidement possible, ce qui se fait assez simplement. Et comme si cela ne suffisait pas, il faudra aussi se débrouiller pour faire apparaître Anna dans les aires de jeu, délivrant des parchemins qui feront encore un peu plus grossir le champ des possibles.

Evidemment, tout cela ne s’acquière pas comme ça d’un coup de baguette magique. Il faudra bastonner sec et tenter d’obtenir des rangs S un peu partout en fin de chapitre afin de récupérer un max de fric et de matériaux, ou ouvrir les quelques trésors planqués dans les niveaux. Parce que s’il suffit de claquer un peu de piécettes pour s’offrir quelques niveaux d’XP supplémentaires, il est en autrement des emblèmes, qui demanderont argent et matériaux. Ces derniers ne sont heureusement pas bien compliqués à obtenir, puisque chaque gros ennemi mourra en donnant argent et matos.



En parlant de matos, il est évidemment possible de changer d’arme, en récupérant des récompenses en fin de niveau, mais aussi en allant faire un tour à la forge afin de fusionner des armes ou placer des attributs bien sentis comme par exemple, un petit bonus de force à 50% sur une épée anti-dragon ou anti-monstre, très pratique pour one shot en fin de jeu…

Point amiibo : sachez que si vous en possédez, c’est cool, puisque le jeu accepte jusqu’à 5 figurines par jour, donnant matériaux et argent, mais aussi la possibilité de choper une arme puissante en utilisant l'amiibo d'un personnage de Fire Emblem Warriors. C’est toujours bon à prendre.

Longue sera la route

Qui dit Fire Emblem, dit forcément difficulté. Même si avec le temps, la série a su s’adoucir un peu, il était une époque où les règles des combats étaient basées sur le fameux permadeath. Un guerrier perdu en combat était un guerrier perdu jusqu’à la fin du jeu. Forcément, l’aspect tactical-RPG s’en faisant ressentir, les joueurs se devaient de réfléchir chaque déplacement et chaque coup comme dans un jeu d’échec. Evidemment ici, Omega Force a gardé ce concept, mais pas totalement. Il est en effet possible de jouer à la dure, comme les vrais de vrais, avec permadeath et difficulté maximale. Mais il est aussi tout à fait possible de jouer à la cool, en normal et sans mort permanente. Dans cette configuration, comptez environ 11h de baston pour arriver au bout de l’aventure.

Mais dans le premier cas de figure, il vous faudra être prudent et un peu plus stratège, jouant même à fond la carte des duos puisque le niveau de soutien entre deux personnages grimpe au fur et à mesure des combats gagnés, renforçant leur amitié, mais aussi les combos possibles. De même, il faudra faire extrêmement attention aux déplacements sur la carte, sous peine de perdre bêtement une unité montée sur pégase via une flèche perdue. La tension est donc bien plus palpable alors qu’en normal, on peut jouer la main dans le slip. Mais heureusement, il est toujours possible de ressusciter un héros perdu au combat, contre 300 000 G, soit une somme astronomique.


 
Outre le mode Histoire, Omega Force propose un mode Chroniques, nous plongeant dans des scènes et des batailles d’anciens jeux Fire Emblem. Oui, c’est une sorte de placement produit, mais on est dans un jeu fan service, donc ça passe. En plus, les missions sont assez variées pour passer encore quelques heures supplémentaires à taper du péon, faire grimper les stats, mais aussi débloquer d’autres personnages, dont Lyn. Et rien que pour elle, ça vaut le coup d’y passer un peu de temps.

Tout cela est malheureusement un peu gâché sur l’autel du DLC, dont la série est très friande depuis les épisodes 3DS. Un pass saisonnier à 19,99€ est déjà disponible à l’achat, contenant trois pack de DLC, inspirés des épisodes Fates (décembre 2017), Shadow Dragon (Février 2018) et Awakening (mars 2018), proposant chacun 3 personnages, 3 cartes du mode Chroniques, de nouvelles armes et costumes, ainsi que de nouvelles conversations de soutien. 

Catch Fire

On le sait, on ne joue pas à un Musô pour ses graphismes. Si généralement, l’ambiance est là, le reste est par contre totalement à la ramasse. Une fois n’est pas coutume, ce Fire Emblem Warriors ne fera pas office de vitrine technologique pour la Switch. On se retrouve avec un jeu pas forcément ultra travaillé, mis à part les artworks pour les scènes de dialogue. Si pour les personnages, l’effet dessin animé passe encore, malgré des détails qui auraient pu être plus travaillés, il en va tout autrement pour le reste. La plupart des environnements sont ternes et monotones, passant de l’aire de combat en mode prairie avec quelques arbres qui se battent en duel pour le paysage, au château totalement vide avec 30m de hauteur sous plafond, en passant par le niveau volcanique tout marron moche.

Alors oui, ça passe. Mais on aurait aimé un peu plus de détails, de couleurs, d’effets de lumière et des textures un peu plus travaillées. Il en va de même pour les ennemis, formant une armée flippante de clones, que ce soit en humains ou en montres. Quant au charisme des boss, il est proche d’une moule s’ouvrant à l’approche d’une grande marée.

Sachez aussi que cela est pire en mode multijoueur. Si sur Wii U, il est était possible de jouer à Hyrule Warriors sur la TV pour le premier joueur et sur l'écran du GamePad pour le second sans trop perdre en qualité, nous faisons un retour en arrière sur Switch avec ce Fire Emblem Warriors. L'écran se retrouve coupé en deux à l'horizontal, avec toute la partie HUD sur la partie du joueur numéro 2, placé en bas. C'est déjà très moyen, mais en plus de cela, les ennemis ont tendance à popper de nulle part et les baisses de framerate sont fréquentes. Il est donc assez compliqué de passer plus de 10h dans cette configuration. Et encore, je parle de cela sur un 46". En mode nomade, c'est vraiment une blague.



Heureusement, il reste la musique ! Et bien non. Là aussi, c’est assez moyen, Omega Force ayant opté pour ce que j’appelle « du rock SEGA », à savoir un random rock avec un peu de guitare électrique. Ça fait le job, mais on voit que les développeurs ne se sont pas autant cassés le poignet que pour dessiner les courbes de Camilla. Et que dire des voix ? Doublées intégralement en Anglais par des acteurs pas forcément à fond dans leur jeu. Heureusement, Nintendo propose un pack gratuit en téléchargement, contenant les doublages japonais, qui eux, donnent une patate d’enfer !

Enfin, il existe dans les options deux modes de réglages, passant le jeu en 720p / 60 FPS que ce soit en mode TV ou portable, assurant une fluidité à toutes épreuves. Personnellement, je suis resté en mode 1080p / 30 FPS sur TV, puisque je n’ai été gêné par aucun ralentissement notable, ni baisse de framerate. 

Avec Fire Emblem Warriors, le studio Omega Force a rempli la feuille de route du Musô fan service avec brio : des milliers de PNJ, du bourinage en règle, une part de stratégie, pas mal de personnages, une patate d’enfer et beaucoup d’heures de jeu si l’objectif est le 100%. Si vous aimez les Musô et/ou Fire Emblem, ce jeu est fait pour vous. Néanmoins, il faudra tout de même plisser un peu les yeux sur certains passages franchement bas de gamme sur la technique.

SCREENSHOTS

Rechercher sur Factornews