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Eastshade : un artiste en balade

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
Développeur / Editeur : Eastshade Studios
Support : PC
J'aurai voulu être un artiste, mais ma prof d'art plastique m'a convaincu que j'étais totalement dénué de talent. C'est mon origin story un peu honteuse, au lieu d'exprimer les tourments qui m'habitent, je les ai enfermés à double tour et j'ai laissé libre cours à mon aigreur en critiquant le travail des autres. Mais ça c'était avant, avant qu'Eastshade vienne souffler sur les braises de ma créativité en me mettant dans les bottes d'un peintre itinérant. Maintenant je le sais, ma vraie destinée est de tout plaquer et d'aller traîner mon chevalet aux quatre coins d'une île totalement paumée, venez donc avec moi.
Eastshade part d'une idée assez originale, celle de proposer une aventure à la première personne sans une once de violence. On vous voit venir, vous allez dire que les très nombreux walking sim ont déjà bien balisé le chemin et qu'il n'y a aujourd'hui plus grand chose d'exceptionnel dans cette posture. Oui sauf que les jeux du genre ont la manie de cloisonner notre exploration et de nous assigner à une certaine passivité pour dérouler tranquillement leur narration. Même un titre comme Everybody's Gone to the Rapture, qui laisse pourtant une grande liberté de mouvement, s'arrange pour que les différentes zones soient visitées dans le bon ordre afin que le tout fasse sens au niveau de l'histoire préétablie. Bref, tous ces jeux ont de belles qualités mais certains s'en sentent exclus pour la simple raison qu'ils ont davantage l'impression d'être spectateurs qu'acteurs d'une aventure. C'est justement là où Eastshade propose une approche différente, plus proche de l'open world blindé de quêtes annexes, mais pondre un Skyrim pacifiste n'est pas chose aisée et reste à savoir si le pari est ici réussi.

Gagner sa croûte

Il faut bien un point de départ et à ce niveau là Eastshade tape dans ce qu'il y a de plus classique avec un bon vieux naufrage des familles. Vous voilà donc très vite bloqué sur cette île éponyme, sans moyen de retour et débarrassé de tous vos bagages... Ce n'est pas si catastrophique qu'il n'y paraît, déjà parce que les habitants anthropomorphes de cette région sont pour la plupart accueillants, mais surtout parce que votre vraie richesse, c'est votre talent de peintre. En gros, vous allez vous faire des copains et gribouiller des paysages, un vrai programme de camp de vacances option arts plastiques, on a vu pire comme purgatoire. D'ailleurs la peinture n'est pas étrangère à la raison de votre présence en ces lieux, si vous êtes là c'est pour respecter les dernières volontés de votre défunte mère qui voulait que vous reproduisiez quatre panoramas qui l'avaient impressionnée lors de son propre passage sur l'île d'Eastshade.



Vous avez donc votre quête principale : réaliser quatre tableaux en suivant les indications de maman. Certes, ça manquera peut-être d'un souffle épique aux yeux de certains, mais ça aura au moins le mérite de vous donner une excuse pour vous balader à travers toute l'île. Pour faire bonne figure, une belle brochette de quêtes annexes vient se greffer à cet objectif principal. Enfin annexes c'est vite dit, une bonne partie d'entre elles constituent en fait autant de passages obligés vous permettant ensuite de débloquer votre progression en vous donnant par exemple accès à de nouveaux moyens de locomotion. Il s'agira généralement soit d'aider directement les habitants du coin, soit de réaliser pour eux des tableaux. Par exemple, très tôt vous serez bloqué par un pont à péage, ça tombe bien juste à côté se tient un pêcheur prêt à débourser une somme rondelette pour une de vos toiles...

Déterrer la gouache du hère

Les quêtes sont assez variées, ça peut aller d'une enquête sur un vol à la récolte d'échantillons d'eau thermale pour une scientifique en passant par la promotion de voyages en ballon dirigeable. Toutefois, il faut bien rester conscient qu'elles donnent un aspect relativement bavard au jeu : on peut apprécier le fait qu'il soit généralement possible de choisir comment conclure une quête, mais ça se fait toujours à travers des dialogues un poil statiques qui pourront décourager les joueurs les moins patients. Comptez tout de même 10 ou 12 heures pour faire le tour de l'ensemble de l'aventure et repartir finalement avec vos quatre tableaux sous le bras. Le terrain de jeu est loin d'être immense, mais finalement il y a pas mal de choses à y faire, et surtout il a été pensé pour être un spectacle de chaque instant.



On ne va pas se mentir, Eastshade est loin d'être exempt de défauts techniques, mais il le compense largement par une jolie patte artistique et par un soin accordé à l'ambiance en général. La découverte de nouveaux paysages s'accompagne en effet de musiques douces propres à vous transporter dans ces contrées féeriques. Vous trouvez les lieux dignes d'être immortalisés sur une toile ? Posez votre chevalet, choisissez le cadrage et le tableau se fera de lui même, il vous faudra seulement une toile vierge en stock et suffisamment d'inspiration pour vous lancer. Cette fameuse inspiration fait un peu office d'énergie, vous en accumulez en explorant de nouveaux lieux, en aidant les gens que vous croisez ou en consommant des thés qui vont étrangement modifier votre perception des couleurs pendant un temps. Bref, se promener langoureusement dans les sous-bois, se défoncer avec des mélanges d'herbes étranges et se faire des potes qui assument leur part bestiale, peut-on vraiment imaginer meilleure illustration de la vie d'un artiste ?

Eastshade est un jeu conçu pour ceux qui cherchent un havre de paix, une occasion de souffler et de se défaire de l'agressivité ambiante perpétuelle. Certes, il lui reste quelques défauts, mais ça ne l'empêche pas de réussir à nous embarquer pour un trip à la cool et empli de bienveillance.

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