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PREVIEW

Blacksad : Under the Skin

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
Développeur / Editeur : Pendulo Studios Microids YS Interactive
Depuis son annonce il y a deux ans, Blacksad : Under the Skin s'est montré finalement plutôt discret, surtout au regard du succès de la BD dont il est l'adaptation. Quelques screenshots, quelques trailers, un report de quelques mois, et pas mal d'inquiétudes : sur le rendu visuel d'une part, et sur le gameplay d'autre part. Il faut dire que le matériau de base est visuellement superbe, les attentes des fans hautes, qu'YS Interactive (rien à voir avec Shenmue) est inconnu au bataillon et que Pendulo donne l'impression d'être en déclin depuis le troisième Runaway. En prévision de la sortie du jeu le 26 septembre 5 novembre prochain (le jeu a été reporté à nouveau), Microids nous a invité à poser nos pattes sur une démo et à poser quelques questions à des membres de l'équipe, pour se faire -enfin- notre propre idée.
Pour celles et ceux qui s'intéressent autant à la fabrication des jeux qu'aux jeux eux-mêmes (genre, moi), on a demandé des précisions sur la genèse du projet. Initialement porté par YS, qui a notamment écrit la première mouture du scénario, Blacksad s'est retrouvé chapeauté par Microïds, qui a pensé à faire intervenir l'expertise de Pendulo. Le studio espagnol a notamment retravaillé le script pour lui donner plus d'ampleur. La direction artistique a été faite en amont et validée par les auteurs de la BD, YS et Pendulo se sont ensuite réparti le travail technique. Bref. Pensé comme un album interactif, le jeu revendique sa filiation à la BD en adoptant la tradition du sous-titre (ici, Under the Skin) ou en reprenant cinq personnages, mais développe une histoire et des personnages originaux. Joe Dunn, propriétaire d'une salle de boxe, est retrouvé pendu au-dessus de son ring. Son boxeur vedette, Bob Yale, a disparu. Sa fille, Sonia Dunn, tente de gérer la situation et demande à contrecœur à John Blacksad de retrouver Yale pour qu'il puisse disputer son prochain combat et maintienne la salle à flots.



La démo nous permettait de suivre librement tout le début de cette enquête. Théoriquement bouclable en 2 heures, on n'a pas réussi à en voir le bout même si on était bien avancé (la présentation, interview comprise, durait 1h30 environ). De quoi se faire une première idée assez précise de ce vers quoi le jeu se dirige. A savoir, et c'est une mini-surprise, un Telltale-like. Une majeure partie du jeu est constituée de dialogues à choix multiples en temps limité, avec des dilemmes moraux, ponctués de QTE à valider. On ressent l'envie de faire une BD interactive dans laquelle nos choix influent sur le déroulement du scénario. Non seulement on nous promet six fins différentes, mais on retrouve aussi et surtout une idée centrale des meilleurs représentants du genre (TWD S01, The Wolf Among Us ou Life is Strange) : choisir l'alignement moral du personnage principal. La scène d'ouverture du jeu nous par exemple aux prises avec un rhinocéros qui tente de nous soudoyer pour qu'on passe sous silence les infidélités pour lesquelles sa femme nous a engagé. On peut ainsi accepter pour se retrouver avec un joli paquet d'argent, refuser, voire même accepter l'argent mais le dénoncer malgré tout à sa femme. On m'a garanti que le personnage revenait plus tard et que son comportement, et donc l'histoire, changerait selon ce choix initial.



Blacksad étant détective privé, on retrouve également une composante de jeu d'enquête. Under the Skin souffrira, avec certitude et sans aucune surprise, de la malédiction qui touche tous les jeux d'enquête depuis octobre 2018 : être sorti après Return of the Obra Dinn. Ceci étant dit, le jeu semble s'inspirer des Sherlock Holmes de Frogwares (ce que faisait déjà un peu Yesterday Origins), avec un système de déduction en nuages d'indices. En parlant aux PNJ et en collectant des preuves matérielles, on remplit un écran avec des indices qu'on peut combiner par deux pour faire des déductions, ce qui débloque de nouvelles options de dialogue auprès des suspects. C'est assez basique, mais déjà plus gratifiant que d'être spectateur passif d'une enquête comme c'est trop souvent la norme. Des Sherlock Holmes, on retrouve également le système de close-ups dynamiques (ici justifiés par les sens affûtés des chats), dans lesquels il faut repérer des indices en balayant l'écran et en zoomant. On ne prendra donc pas trop de risques en affirmant que ce sera comme pour les Sherlock Holmes : extrêmement dépendant de la qualité de l'écriture et de l'intensité du scénario. Seule inquiétude : certains scripts qui se déclenchent automatiquement plutôt que de vous garder l'option sous le coude pour plus tard. Par exemple, il faut interroger un clochard pour avancer dans l'enquête, mais il vous demande à manger. En interrogeant la serveuse du diner qui a aussi un lien avec l'enquête, vous pouvez lui demander de cuisiner un burger à emporter. Sauf que si vous faites ça, la discussion avec la serveuse se termine automatiquement et vous êtes ramenés de force auprès du clochard pour lui donner le burger et entendre son témoignage, il faut ensuite retourner voir la serveuse pour terminer votre conversation avec elle. 



Mais on imagine bien que tout ça, les fans de la BD n'en ont cure. Ceux qu'ils ou elles veulent, c'est savoir si c'est une adaptation fidèle, notamment visuellement. Même si Pendulo a un long historique de jeux 2D aux décors soignés, Blacksad est un jeu entièrement en 3D. Une des raisons invoquées est le support : même s'il est dispo sur PC, le jeu a aussi et surtout vocation à séduire un public console jouant au pad, ce qui écarte un peu du tableau le point'n click traditionnel en 2D. Par ailleurs, la 3D correspondait mieux à ce qu'ils voulaient mettre en place en termes de mécaniques narratives et de dynamisme de l'action, The Wolf Among Us étant spontanément cité en exemple pour les inspirations. La contrepartie, c'est que la 3D embarque avec elle des contraintes techniques, sur les animations, les collisions ou les éclairages, rendant difficile l'obtention d'un rendu aussi soigné et détaillé que la BD. Le résultat n'est pas moche, mais n'est pas folichon non plus, malgré des efforts pour respecter la colorimétrie originale et un rendu global moins cartoon que ce qu'on craignait. Le chara design semble correspondre, avec un anthropomorphisme qui permet quelques excentricités qui donnent un cachet inimitable.



Le jeu a également l'avantage de proposer des choses qui n'existent pas dans la BD, comme de la mise en scène. Les caméras sont fixes, même si on peut les ajuster avec le stick droit, mais les transitions entre les écrans peuvent donner lieu à quelques effets ou mouvements de caméras (qui servent aussi à masquer des lacunes techniques, comme une caméra qui passe derrière un pilier lors de la descente d'un escalier). Il y a également des musiques plutôt cools (avec un thème principal d'Inon Zur et tout le reste par Juan Miguel Martin, compositeur historique de Pendulo), un sound design et surtout des doublages soignés (en anglais comme en français). Pour ne rien gâcher, l'écriture des dialogues nous a semblé vraiment au niveau, surtout en anglais. Tout cela participe à rendre une ambiance film noir/50's étonnamment convaincante et finalement très fidèle à la BD. C'est en tous cas suffisant pour donner envie de se plonger plus longuement dans une histoire dont on nous annonce une durée de vie de 12-13 heures.
On ressort de cette présentation pas vraiment surpris des qualités et défauts, mais également plutôt curieux de voir le produit fini. Avec ses enjeux narratifs, son système de déduction, ses dialogues et ses QTE, Blacksad s'annonce comme un croisement entre un Telltale et un Sherlock Holmes de Frogwares. Le jeu ne manque visiblement pas d'ambition ni d'envie de bien faire, même si on ressent très nettement les limites et les contraintes, notamment techniques. Mais l'ambiance fonctionne assez bien et si le scénario tient la route, on pourrait voir débarquer une adaptation plus solide que prévue.

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