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[PGW 2017] Retour sur la Paris Games “Weak”

JeanBon & C7 par JeanBon & C7,  email
Cette année sur Factor, on a été gentil. Qu’est-ce que vous voulez, quand on prend de l’âge, ça commence à être dur de s’indigner, de râler, de faire des vidéos (coucou Nico !), bref d’être vilains. Du coup, on a décidé de recruter deux nouveaux, C7 et JeanBon, et de les bizuter en les envoyant couvrir la Paris Games Week. Voici leur histoire.
Depuis 2010, au Parc des Expositions, porte de Versailles à Paris, a lieu la PGW, un salon du jeu vidéo devenu majeur au fil du temps. L'événement accueille chaque année un public toujours plus nombreux (selon les chiffres des organisateurs, notez bien) : si la première édition avait fait bouger plus de 56 000 personnes, la seconde avait vu pas loin de 100 000 bédouins défiler entres ses stands. Le public continuera d’être au rendez-vous, jusqu’à atteindre le nombre de 300 000 visiteurs en cette fin d’année. La surface d’exposition et le nombre d’exposants ont eux aussi augmenté pour atteindre 80 000 m² pour 182 exposants pour cette édition. Plus encore, si le salon était cantonné au Parc des Expositions par le passé, il s’est étendu à travers tout Paris pour proposer des évènements « hors les murs » une conférence Sony à la Défense ou la PGW Symphony, un concert orchestral de musique de JV au grand Rex, ainsi qu'en s'associant avec l’IndieCade, un festival de jeux indépendants au Conservatoire des Arts et Métiers. Cette initiative a pour objectif de faire de la capitale « le centre du monde du jeu vidéo le temps d’une semaine » expliquait le SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs).  Pour autant, si un vin se bonifie avec l’âge, ce n’est pas le cas de la PGW.

Comme un sentiment de déjà vu

Le salon était divisé en trois parties principales, dans le pavillon 1 étaient concentrés les faiseurs de triple A et grosses boites. Au centre de cette aire, régnait en maître l’immense stand de Sony, accessible d’abord aux personnes ayant un compte Playstation +, puis ouvert à tous ensuite. La firme proposait de voir Detroit : Become Human, Destiny 2 ou Star Wars Battlefront II et ses fameuses lootboxes. Une place de choix a été faite pour les jeux PlayLink, entremêlant gameplay sur téléphone et console. Aussi présente chez Sony, la VR avait un bout de terrain avec Doom, Ace Combat sans oublier ce pauvre Skyrim qu’on refuse de laisser crever en paix, lui et la mémoire du général De Gaulle. L’un est un RPG historique, l’autre un homme d’Etat et tous deux sont réanimés annuellement pour convenir à la mode. Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie. 

Autour du carré PlayStation gravitaient les firmes suivantes (en ordre de grandeur) : Nintendo avec un espace moins dense (Super Mario Odyssey, Fire Emblem Warriors et Xenoblade Chronicles 2), Xbox (Sea of Thieves, Middle-Earth : Shadow of War ou encore PlayerUnknow’s Battlegrounds) et Ubisoft (Assassin’s Creed Origins, South Park l’Annale du Destin, Mario + les Lapins Crétins ou encore Far Cry 5). Square Enix était présent avec ses dérivés infinis de Final Fantasy XV, que ce soit le multijoueur inintéressant de la version classique, la version Pocket ou Monster Of The Deep en VR qui se concentre sur la pêche, pour le plaisir d’un certain Kamui. Une tribune avait été installée pour le jeu de combat Final Fantasy Dissidia ou le public pouvait faire part de son skill (et créer des attroupements à la con). Etaient aussi présents Capcom avec Street Fighter V, Marvel vs Capcom Infinite et l’attendu Monster Hunter World ainsi que Big Ben Interactive avec Outcast – Second Contact, remake du jeu culte du même nom. Enfin, Bandai Namco était de la partie avec Dragon Ball Fighter Z et une suite au jeu à la patte graphique de Miyazaki, Nino No Kuni.



Marché aux puces

Le reste du pavillon principal accueillait par grappes sponsors et marques de hardware. Des organisateurs fournissaient à la foule des cannettes de soda gratis, histoire de remplir son quota de sucre pour l’année et qu’on oublie pas que Coca Cola s’était même immiscée jusque dans le logo de la convention. Quand le sponsoring atteint son paroxysme, on ne va plus à la Paris Games Week mais bien à la Paris Games Week By Coca Cola.  Il est peut-être candide de penser que l’on pourrait limiter cette prépondérance des sponsors mais il sera bon de trouver une situation d’équilibre.  Chez Orange, on lançait des goodies à la foule mais toujours avec moins de dextérité que les lancer francs de papier essuie tout de Trump à Porto Rico. Non loin de là, on aurait pu entendre un vendeur s’esclaffer : « Venez voir comme ils sont beaux mes poulets t-shirts, j’en fait deux pour le prix d’un, y a pas meilleure offre ailleurs, je répète, deux pour le prix d’un ! » Le RDV du jeu vidéo laisse place à un marché du dimanche, un conglomérat de commerçants où chacun essaye de se faire une place pour vendre des goodies en tous genres : vêtements de qualité parfois douteuse, posters, serviettes de bain, figurines, Amiibo et pourquoi pas une Gunblade, épée emblématique de Squall dans Final Fantasy VIII.

Il est déconseillé fortement aux personnes sensibles à la collectionnite de s’aventurer trop longtemps en ces terres pleines de tentations. Sauf si, bien sûr, vous êtes prêt à vous séparer d’un SMIC en une après-midi. Si vous n’aviez pas pensé à vous faire un jambon beurre avant de partir, il était possible de se nourrir un peu partout tant on comptait de stands de restaurations disséminés stratégiquement à chaque coin de la convention. Avec un espace réservé au food truck pratiquement aussi grand que celui où on pouvait observer les jeux indés made in France. De manière générale, on note une recrudescence de magasins et de triple A convenus pour moins de jeux intéressants.  Plus le salon prend de l’âge, plus celui-ci devient une manne économique avant d’être un levier culturel. On préférera mettre le paquet sur l’emballage plutôt que sur le contenu, on travaillera la forme sans le fond.

Un p’tit coin de paradis

Il aura fallu traîner des pieds jusqu’au pavillon 2.2 pour retrouver un début de sourire, hall le plus petit de l'événement contenant un espace pour le jeu indépendant ainsi que pour les écoles, un autre pour les enfants et une partie « exposition » et librairie. Le hall était déserté par la population alors on pouvait se déplacer aisément et profiter des jeux sans avoir à faire l’épouvantail dans une file d’attente. Un espace avait été aménagé pour le jeu indépendant « made in France ». On retrouvait le rogue-like Dead Cell, le jeu narratif sur mobile de ThePixelHunt, Bury Me My Love ou encore Hacktag, jeu d’infiltration en coopération au gameplay asymétrique, et bien d’autres. Si nous ne portons pas fièrement la PGW dans notre cœur, il faut au moins reconnaître une bonne initiative pour mettre les développeurs créatifs français en avant. Plus encore, on a pu retrouver une rétrospective des jeux Final Fantasy, déjà présente à la Japan Expo 2017, jouables sur les consoles et écrans d’époques (Ah ! La bonne vieille télé cathodique ressortie du placard) ainsi qu’un stand de la BNF (bibliothèque nationale française) qui possède une importante collection de consoles et de jeux d’époques.

D’ailleurs si un jour il vous est possible de visiter la section JV de la bibliothèque nationale, (il y a des restrictions) n'hésitez pas un instant. Leur collection est spectaculaire et une bonne partie du catalogue des jeux, depuis Pong, y est répertoriée. La BNF est une mine d’or pour toute personne voulant faire un travail de recherche sur le jeu vidéo, à ne pas en douter ! On trouvera aussi dans ce hall une librairie qui propose des ouvrages de qualité sur l’univers du jeu vidéo, ainsi qu’un dernier pavillon réservé à l’esport. Tout au long de la semaine se sont déroulés des tournois sur Counter Strike et différents jeux compétitifs proposés par l’ESWC du groupe Webedia. Pour être honnête, cet espace est surtout un endroit où poser ses fesses pour dégourdir ses jambes alourdies par les kilomètres de déambulation à travers le bâtiment.
 
Si ce salon a bien des défauts, il n’en est pas moins intéressant pour un journaliste, la journée presse nous permettant de discuter avec des professionnels du métier. Pour le public en revanche, la convention peut certes permettre de se retrouver entres fans de Squeezie pour faire un POGO digne d’un concert de Slipknot, mais acheter un billet pour venir faire la queue deux heures durant avant de poser les mains sur le nouvel Assassin’s Creed déjà sorti est inutile. Autant aller chez Micromania pour y jouer sur un écran de présentation, c’est gratuit et pas besoin d’attendre. Si le salon peut faire rêver les plus jeunes et les moins érudits, la désillusion viendra bien vite sonner à votre porte. La prochaine fois, préférez aller aux évènements satellites à la PGW comme l'IndieCade qui proposait un tas de jeux à concepts et des conférences intéressantes ou au concert orchestral qui a fait le job.
 
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