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ACTU

Qui a la plus grosse ?

JeanBon par JeanBon,  email
 
Ce 22 septembre s’est tenue l’assemblée générale des actionnaires d’Ubisoft. Feuilleton attendu puisqu’il fait suite aux tentatives de Vincent Bolloré, sous la bannière du groupe Vivendi, de s’imposer dans le marché de la création de jeu vidéo. On se souviendra qu’en mai 2016, Vivendi s’était emparé de l’éditeur français Gameloft, société dirigée, comme pour Ubisoft, par les frères Guillemot. Au dernier épisode, la famille Guillemot avait acheté pour 2 millions d’actions hors marché, augmentant ainsi leur part au capital d’Ubisoft pour atteindre 21.6 % des droits de vote, pour se prémunir contre une tentative d’OPA offensive du groupe Vivendi.

Cette année va sûrement nous offrir un vainqueur et une fin à la série Bolloré contre Guillemot. L’AG n’a donné lieu à aucun compromis. En effet, Bolloré s’indigne de ne pas pouvoir intégrer le conseil d’administration alors que son groupe possède plus de 25% du capital de l’éditeur. Les Guillemot, eux, voient rouge en se rappelant des techniques agressives de l’homme d’affaires lorsqu’il s’agit de s’emparer de grands groupes tels que Havas, Telecom Italia ou Vivendi. C’est en s’imposant dans les instances d’organisation comme le conseil d’administration que le business-man arrive à exercer son  "art du pouvoir" et à convaincre son auditoire. Yves Guillemot refuse donc catégoriquement d’ouvrir les portes du C.A au magnat de l’audiovisuel.

Dans les faits, le groupe Vivendi s’est abstenu de prendre part au vote sauf contre la résolution 31 qui consistait en un programme d’attributions d’actions gratuites aux salariés. Par cette intervention culottée, le groupe met en scène sa volonté de contrecarrer les plans de la famille Guillemot. Les intentions de Bolloré s’affirment, il est prêt à tout pour s’imposer. Cette provocante abstention a tout de même permis à Ubisoft de ressortir gagnant de l’assemblée, soutenu par les actionnaires qui ont validé la résolution permettant aux salariés de participer à l’augmentation du capital à hauteur du 1%. On notera aussi que depuis l’origine du conflit, le cours de l'action Ubisoft a drastiquement augmenté, en prenant cette année 60% de sa valeur initiale. L’éditeur joue gros, avec une tripotée de licences intéressantes comme Mario + les Lapins Crétins Kingdom Battle ou encore les nouveaux opus de grosses séries, Assassin’s Creed Origins et de Far Cry V. Une façon délicate de montrer qu’Ubisoft n’a pas besoin du groupe Vivendi pour envoyer du pâté ! Ainsi, il faudra donc plus de 7 milliards de pépètes au groupe Vivendi si celui-ci décide de mettre la main sur Ubisoft.

Et comme ce n'est pas en se reposant sur leurs lauriers que les frères Guillemots vont se défaire de Vivendi, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure. La semaine dernière, le groupe a annoncé l'ouverture d'un nouveau studio à Bordeaux, le premier sur le territoire français depuis bientôt 21 ans ! Actuellement composé de 37 personnes, effectif qu'ils veulent doubler d'ici mars 2018, le site devrait, à terme, employer plus de 200 personnes. Leur objectif est d'en faire un studio généraliste, capable de produire les futurs blockbusters de la marque, mais ils ne comptent pas s'arrêter là : ils prévoient d'embaucher entre 500 et 1000 personnes supplémentaires en France dans les 10 ans à venir. S'ils ne se font pas bouffer tout crus d'ici là.

Affaire à suivre donc, au 23 novembre prochain. En ce jour, Vivendi aura été présent assez longtemps au capital (plus de 2 ans) pour bénéficier du droit de vote double mis en place en mars 2014 par la loi Florange. Le groupe sera alors dans l’obligation de proposer une offre d’achat ou devra se débarrasser de ses actions pour rester en dessous des 30% du capital explique Richard-Maxime Beaudoux de Challenges : "Le groupe de Vincent Bolloré devra sortir du bois en lançant soit une OPA, soit en émettant des titres au porteur pour être sous les 30% en droits de vote, soit en sortant d'une partie ou de la totalité du capital." Pour les spécialistes, les chances d’une OPA s’amenuisent alors qu’un retrait du capital semble de plus en plus plausible. Il ne nous reste plus qu’à attendre quelques semaines pour se délecter d’un nouvel épisode qui risque de clore cette série qui est, à mon humble avis, tout aussi plaisante et fournie en rebondissements que la saison trois de GOT.
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