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Wargame : Airland Battle

kimo par kimo,  email
 
La série Wargameoccupe une place particulière dans le domaine du STR, réminiscence d’une époque où Ground Control et ses couchers de soleils sur fond de tirs d’artillerie représentait l’excellence en terme de stratégie. Véritable partie d’échec remise à l’échelle d’une bataille réelle, où la patience, la prudence et la tactique prévalent sur le bruit, la fureur et la puissance, Wargame : European Escalation avait su conquérir un public de niche, exigeant tant sur le réalisme que sur l’aspect tactique. Eugen Systems a donc remis le couvert pour ce Wargame : Airland Battle riche en missiles et autres bombes aux formes évocatrices. Sera-ce suffisant pour nous séduire ?
Inutile de revenir trop longuement sur l’aspect technique, les nombreuses images et vidéos donnent une idée du travail fournit pour améliorer l’ensemble du jeu. Terrains moins tapis-moquettes, modèles de véhicules plus complexes, effets spéciaux plus spéciaux, Eugen Systems a mis le paquet pour atténuer un peu l’effet maquette de ses combats sans parvenir à s’en départir totalement (et c’est tant mieux). Le coup de polishmérite le détour, et on passera pas mal nos premières parties à zoomer sur les modèles, se délecter à les voir se déplacer, tirer et exploser avant de se rappeler que ce sont nos troupes qui se font étriper et remonter à un niveau de visibilité qui sied bien mieux à notre statut de commandeur.
Premier constat après quelques parties : l’apparition de l’aviation n’a pas profondément transformé le jeu, et dans bien des cas, elle n’aura qu’un rôle bien spécifique à jouer selon les positionnements adverses. On reconnait bien là la marque de la série, qui nous oblige à utiliser chaque arme avec discernement et clairvoyance. Sa présence n’a pourtant rien d’anecdotique : on peut même dire qu’elle a littéralement ajouté une couche supplémentaire au jeu, puisque l’occupation et la gestion de l’espace aérien deviendra un enjeu à surveiller constamment. Les avions étant aussi rapides à arriver sur le champs de bataille qu’à détruire votre colonne de tank, la discrétion et la planification seront plus que jamais de mise. Il faudra également être réactif puisque l’envoi de vos propres chasseurs devront se faire à la main en ciblant une unité adverse. L’apport stratégique de l’aviation a donc l’avantage de dynamiser un peu les guerres de position sans pour autant se montrer systématiquement décisif. Personnellement, j’aurais tout de même apprécié avoir un peu plus de contrôle sur ces unités, particulièrement en ce qui concerne l’espace aérien autorisé : c’est frustrant de savoir qu’il y a une DCA dans une zone sans pouvoir en interdire l’accès à notre flotte qui intervient dans une zone annexe.

Eugen Systems nous avait également promis une plus grande accessibilité pour les débutants. Et bien n’y comptez-pas. Les quatre tutoriaux n’ont rien de très pédagogiques et se contentent de vous faire jouer contre une IA en facile avec un nombre d’unités réduit sans jamais vraiment expliquer en détail les grands principes de bases (reconnaissance, positionnement ou même ravitaillement). L’interface ne s’est pas non plus faite plus user-friendly, et reprend à quelques exceptions près celle d’European Escalation. Pas d’affichage clair de la distance de tir donc (à moins de passer par tir sur position), ni des zones de camouflage, il faudra prendre un peu de bouteille pour savoir où se placer et comment. Les icônes qui accompagnent les unités resteront aussi assez obscures dans un premier temps. Bref, ne vous attendez pas à concevoir votre propre Deckavant d’avoir déjà testé en profondeur un bon paquet d’unités. Pour les débutants, il faudra passer par les quelques vidéos explicatives ou les guides de très bonne facture fournis par la communauté. Rassurez-vous, Wargame : Airland Battle ne requiert pas non plus un skillde folie, mais plutôt une bonne connaissance empirique du jeu. Une fois les bases acquises, on progresse plutôt bien et avec plaisir puisque seuls nos choix stratégiques seront réellement décisifs.
Passons rapidement à la campagne donc, qui était présentée comme l’une des nouveautés phares de l’opus. De ce côté là - en solo du moins - la déception est de mise. D’abord parce qu’on nous y jette avec brutalité : aucun indice sur le fonctionnement global de la chose, rien non plus sur les détails cruciaux comme les points politiques, de moral ou d’initiative. De plus le contexte géopolitique n’est pas présenté de manière très excitante : un petit texte et roulez jeunesse. On a connu mieux pour donner envie au joueur de s’investir dans les enjeux d’un conflit pourtant intéressant. Les batailles en elles-mêmes sont courtes (limitées à 20 minutes) ce qui n’est pas forcément une mauvaise idée, puisque toute la campagne gravite autour de cette idée d’échéance temporelle. Pourtant ici ce sont leurs conséquences qui sont traités de façon bien trop binaire, ce qui frustre le joueur tout en allant à l’encontre du réalisme supposé du jeu. Si on rate l’objectif affiché de quelques points, on doit réengager la bataille (et perdre un tour) pour compléter l’objectif lors d’un second engagement. On aurait apprécié un système de récompense plus dynamique, avec diverses issues selon nos résultats. Autre problème : on ne peut pas voir la carte tactique ni nos positions sur le terrain avant d’entrer dans la bataille. Étrange choix qui prive le joueur de décisions stratégiques importantes. Bref, une campagne pas toujours équilibrée, pas très bien enrobée, relativement similaire d’un scénario à un autre, il y a peu de chance que vous y passiez vos nuits, d’autant que l’IA est loin de faire des merveilles. On déconseillera le jeu aux fans de pur solo.

C’est donc en multi que le titre va regagner de sa saveur : plus de cartes, plus d’unités, plus de possibilités tactiques –notamment grâce à l’aviation- qui permettent aux combats d’emprunter des routes encore inédites et de mettre en place des stratégies retorses. Wargame : Airland Battle s’exprime le mieux sur ce terrain, où il est le seul représentant de ce type de stratégie, exigeante, patiente et pourtant intense. La possibilité de créer son armée privée par le Deckest très enthousiasmante, et, notamment grâce aux divers bonus (limitations à certaines nationalités/types d’unités), chacun pourra se spécialiser selon ses goûts et constituer une armée qui correspond à son style de jeu ou à ses envies du moment. Autre nouveauté, le 10v10 qui peut vite devenir un joyeux bazar et mettra votre teamplay(et votre patience) à rude épreuve. C'est bien simple, on est sollicité de tous bords à tous les moments, et le temps de s'occuper d'une zone, vos allié se sont fait déborder de l'autre côté. C'est certes très amusant, mais il est rare de tomber sur des parties où les joueurs ne quittent pas et où la communication se met rapidement en place. Quand c'est le cas, c'est tout de même le pied avec des batailles à très grande échelle mettant en jeu une grande partie de l'arsenal du jeu. D'une rare intensité, avec ses attaques coordonnées et multi-fronts rendues mortelles par la réactivité de l'aviation, ce mode de jeu est une réponse toute trouvée à ceux qui trouvent que le rythme de jeu manque de densité.
On se permettra tout de même deux remarques concernant le gameplayà proprement parler. D’abord concernant la gestion simplifiée des soldats en ville, qui restera à l’appréciation de chacun. Si ça a grandement simplifié la micro-gestion un peu poussive sur les grandes villes, ça provoque parfois d'énervants problèmes de ligne de vision ainsi qu’une plus grande difficulté à battre en retraite ou à manœuvrer dans l’espace urbain. Le problème des ravitaillements quant à lui est autrement plus grave, puisque certaines cartes offrent de (trop ?) nombreux points d’entrées qui annihilent toute idée de ligne de ravitaillement. Les FOBs(camps de base) sont du coup sous utilisés, puisqu’il est souvent plus simple de se faire ravitailler directement en camion depuis l’un des points d’entrée, ce qui limite toute tentative de « couper les vivres » à son adversaire. Il faudra faire confiance au suivi exemplaire d’Eugen Systems et à son habitude de rester à l’écoute de sa communauté pour régler ces problèmes, plus ceux qui ne manqueront pas d’apparaître au fur et à mesure que le jeu se rodera.

Testé à partir d'une version commerciale fournie par l'éditeur.
Config. de test : Windows 7 64Bits/I5-2500K 3.30 Gh /4Go/ NVIDIA GeForce GTX 560 Ti
Wargame : Airland Battle est un excellent jeu, qui fera la joie de la plupart des fans du premiers. Force est de constater que les nouveautés sont tout de même un peu rares et même si elles sont pour la plupart bien implémentées, faire payer le prix fort peut paraître exagéré. On reste déçu par un ambitieux projet de campagne solo visiblement pas mené tout à fait à son terme et aussi un peu surpris d’avoir à lui reprocher les mêmes choses qu’à son aîné : un manque flagrant d’effort sur l’accessibilité - non pas via une simplification du gameplay, qui bien que très profond dans ses possibilités n’est franchement pas si complexe dans ses mécanismes – mais par un travail de finition et d’interface plus poussé.
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