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Thief 3

tarto6tron par tarto6tron,  email
Voilà près de 5 ans que le genre de l’infiltration voyait apparaître l’un de ses titres majeurs avec Thief (Dark Project en France), FPS d’exception à une époque où ce type de jeu était surtout associé à des dérivés de Quake ou Half-Life. Deadly Shadows, 3ème titre issu de la franchise, revient sur PC (et sur Xbox), alors que, avec Metal Gear Solid, Hitman, et surtout Splinter Cell, le genre est devenu presque commun. L’original, remis au goût du jour, garde pourtant toujours son charme et un attrait tout particulier.

La nuit est chaude, elle est sauvage, la nuit est belle.



Conformément à la série dont il est issu, Dark Project : Deadly Shadows est un FPS à part. Tellement à part, du reste, qu’on peut y jouer à la 3ème personne, ce dont vous vous passerez sans doute presque tout le long du jeu, tant cette vue nuit à l’immersion et à l’intensité des situations. Un FPS à part donc, car ici il n’est point question d’extermination et d’armes automatiques. Thief, c’est d’abord un cadre médiéval, légèrement teinté d’anachronisme et de fantastique, dans lequel vos seules armes sont un arc et des flèches de toutes sortes, agrémentés de mines et de quelques grenades. Et Thief, c’est surtout de l’infiltration, du jeu a priori tout en finesse et en discrétion, dont l’objectif classique est d’aller récupérer des objets de valeur en milieu hostile, protégé par des ennemis face auxquels l’usage de la force est la pire des solutions. Enfin, Thief c’est un jeu plongé dans l’obscurité et la pénombre, vos seules vraies amies le long de cette bonne vingtaine d’heures de jeu, au cœur d’une ville qui se dévoilera petit à petit.



Si les deux premiers épisodes font encore partie des bons souvenirs de beaucoup de joueurs, l’attente de ce 3ème opus était entachée d’une certaine crainte du fait d’une filiation pas vraiment des plus glorieuses : partager la même technologie que Deus Ex : Invisible War (et un développement multi-plateforme) avait en effet de quoi inquiéter, vus les quelques ratés de ce dernier. La première bonne surprise vient donc de là : Deadly Shadows n’est pas vilain, et sans atteindre le top de ce qu’on fait aujourd’hui sur PC, il offre quand même un visuel plutôt réussi. Le moteur 3D d’Invisible War a visiblement été légèrement optimisé, et le travail de l’éclairage dynamique s’exprime d’autant mieux dans ce titre abusant des ombres portées. Et si la géométrie perfectible et le choix des textures d’Invisible War étaient responsables d’un rendu assez terne, il faut reconnaître que ce même moteur, aidé d’un artwork soigné, s’adapte bien mieux à l’obscur cadre médiéval du jeu, et participe grandement à la bonne ambiance visuelle que procure Deadly Shadows. Tout n’est pas parfait, mais certaines parties de la ville, le clocher, ou l’asile devraient pouvoir vous convaincre. Encore faudra-t-il posséder une machine suffisante, car joué en 1024 « tout à fond » sur une config de type P4C@3.3 / Radeon 9700 Pro / 1 Go dual channel, le titre n’a pas toujours été très fluide. Pensez donc à tester la démo.



L’autre bon point du jeu vient de son gameplay relativement ouvert, en tous cas par rapport aux productions actuelles. Alors certes, à ce niveau, on est assez éloigné des qualités des deux premiers épisodes. Mais on est sans doute encore plus loin de l’extrême linéarité d’un Splinter Cell, car contrairement à ce dernier, vous aurez non seulement à trouver vous-même comment atteindre vos objectifs par des cartes approximatives ou les conversations de PNJ, mais vous aurez en plus tout le loisir de choisir votre cheminement au sein des lieux à investir. Enfin, la ville, sorte de hub débouchant sur les différents sites de la campagne, est elle-même un site à visiter librement, vous permettant de commettre quelques vols supplémentaires, mais surtout de revendre le fruit de vos larcins et acheter du matériel.



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Néanmoins, Deadly Shadows cultive aussi les défauts, d’autant plus agaçants que l’ambiance générale du jeu demeure excellente et prenante. Car si on finit par s’habituer à la maniabilité un peu pénible de Raoul Garret, et si on finit par ne plus prêter attention au moteur physique joignant le ridicule à l’inutile, on aura du mal à passer à côté de la trop grande facilité du challenge. Le gros problème de ce Dark Project est bien ici : avec des ennemis à l’I.A. trop pauvre et aux comportements prévisibles, des armes trop puissantes et disponibles à profusion, des déplacements silencieux en toute circonstance, et un quickload illimité, le jeu est beaucoup trop facile, même au niveau de difficulté le plus élevé. Du coup, si on veut vraiment pouvoir se plonger dans l’exquise ambiance qu’est capable de procurer le titre, il devient nécessaire de s’efforcer de se prendre au jeu, en cherchant volontairement le challenge. J’ai ainsi fait l’expérience dans le niveau du clocher, que j’ai dû recommencer après avoir manqué un objet devenu inaccessible : entre ma première tentative - toute en finesse et sans effusion de sang - et ma seconde – expéditive façon Return to Castle Wolfenstein, le temps de parcours a été divisé par quatre, au même titre que le plaisir de jeu, devenu presque inexistant. Il ne tient donc qu’à vous d’obtenir une expérience réussie, car malheureusement le jeu laisse trop de place à l’action simpliste. Les plus exigeants sauront utiliser le thiefbot, un utilitaire développé par un fan, permettant d’ajuster les paramètres de l’I.A. « à la dure », histoire d’avoir des ennemis bien plus coriaces, tout en évitant d’extrême pénibilité du mode expert, qui vous oblige à ramener presque tout le loot d’une zone (et celui-ci est parfois très bien planqué).



Enfin, si le découpage des niveaux en zones (merci la Xbox) n’est pas aussi agaçant et contraignant que ce qu’on a connu sur DX : Invisible War, il faudra par contre faire attention aux quelques bugs encore présents dans le jeu. Le plus gênant d’entre eux, ramenant la partie en difficulté normale dès que vous effectuez un chargement ou un changement de zone, est heureusement déjà corrigé par un patch sur la version PC ; ce dont ne profitera sans doute jamais la version Xbox. L’autre gros bug est la corruption occasionnelle des sauvegardes, qui a de quoi rendre dingue (situation vécue).



Pour le reste, et malgré tous ses défauts, le jeu reste vraiment agréable à jouer. C’en est presque surprenant. On peste contre la débilité des gardes, on soupire devant la possibilité d’assassiner tout le monde sans trop forcer, on pouffe face au ragdoll totalement ridicule, et pourtant… L’ambiance Thief est de nouveau admirable capturée dans ce Deadly Shadows. Et même si on ne retrouve pas toutes les qualités qui firent de Thief 1 & 2 des titres d’exception, ce nouveau Dark Project est sans aucun doute ce qui se fait de mieux en terme d’infiltration ; en particulier vis à vis d’un Splinter Cell, sans doute mieux fini et globalement plus flatteur à l’œil, mais finalement très chiant et bien trop linéaire, défauts dont on ne peut pas accabler Deadly Shadows.

Sans être l’opus d’exception qu’on espérait, Dark Project : Deadly Shadows est un successeur plutôt bon dans la série des Thief. Possédant une très bonne ambiance, un gameplay qui reste accrocheur, et une durée vie très correcte, le titre sait faire oublier ses nombreux défauts, à la tête desquels on trouve une I.A. bien trop faible et une difficulté globalement trop peu élevée, même dans les modes de jeu les plus élevés. Reste alors la volonté du joueur de profiter de ce qu’est capable de fournir Dark Project : pour apprécier pleinement ce titre, il est essentiel de s’imposer un challenge, presque comme un jeu de rôle, et ne pas se laisser tenter par la facilité excessive à portée de main. Dans ces conditions, Dark Project : Deadly Shadows reste un bon jeu, recommandable sans hésitation (en tous cas pour la version PC), et faisant partie de ce qui se fait de mieux en terme d’infiltration.

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