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The Fall Part 2 : Unbound, IA de la joie

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
 
Que reste-t-il à une IA une fois qu'elle a perdu sa raison d'être et qu'elle se retrouve livrée à elle-même ? C'est sur cette interrogation techno-existentielle que nous laissait le premier volet de The Fall. Forcément, sa suite va essayer d'apporter une réponse, et pour ce faire, elle complexifie un peu la sauce en ajoutant trois nouveaux androïdes à la recette de base.
Autant être honnête avec vous, l'article que vous lisez semblait dans un premier temps plutôt mal parti. Votre dévoué serviteur était persuadé avoir parcouru et apprécié The Fall premier du nom, un titre sorti en 2014. Pas de bol, il s'agissait en réalité de The Swapper, un jeu débarqué un an plus tôt et dont la direction artistique présente de troublantes similitudes avec celle de l'intéressé. Bref, la confusion était totale, mais une petite mise à jour Youtube ainsi que le récapitulatif qui démarre ce second épisode nous ont remis sur le droit chemin. Pour la faire courte, une armure de combat autonome se crashe, son IA nommée A.R.I.D. cherche à sauver son occupant, s'en suit quelques péripéties avant que le tout ne se conclue sur un petit twist scénaristique. L'armure en question se retrouve démantelée et l'IA perd au passage son objectif prioritaire. Autant dire que la reconstruction ne sera pas aisée.

Nuire sans entraves

On retrouve donc la même A.R.I.D., un peu désemparée, aux prises avec une infection virale des plus pernicieuses qui va jusqu'à la poursuivre à travers le réseau. Étant donné qu'elle est désormais dépourvue d'enveloppe physique fonctionnelle, c'est via une projection dans ce fameux réseau qu'elle va chercher à sauver son intégrité et poursuivre son enquête sur le virus. Ça va l'amener à solliciter l'aide de trois autres androïdes qui n'ont pas grand chose en commun : un majordome désœuvré qui a tendance à tourner en rond, un combattant en plein trip égocentrique et un modèle de plaisir pas farouche pour un sou. Enfin, parler d'aide est sans doute un poil excessif, puisque pour arriver à ses fins A.R.I.D. va bousculer leurs petites routines, voire même écraser un poil leur personnalité.



La prise de contrôle de chacun des androïdes ne se fait pas sans heurt. C'est assez normal, en faisant irruption dans leur système et en les poussant à faire les actes qui arrangent ses propres intérêts, A.R.I.D. vient directement interférer avec leur logique. Une bonne partie du jeu va donc consister à interagir avec l'environnement de ces trois pauvres hères pour les faire sortir de leurs gonds. Chacun ayant bien entendu un périmètre d'action précis et des préoccupations très différentes. Il va falloir par exemple s’insérer dans la routine journalière du majordome, changer légèrement la disposition de quelques objets dans son dos et lui faire croire que telle ou telle modification de ses habitudes pourrait lui permettre de mieux servir ses maîtres. Même si A.R.I.D. ne part pas forcément avec de mauvaises intentions, elle en arrive finalement à jouer sans ménagement avec ses hôtes et à les mettre face à des conflits logiques des plus perturbants.

A.R.I.D. jusque dans le gameplay

C'est bien beau, mais reste à savoir comment toi, jeune joueur ou joueuse débordant d'enthousiasme, va réussir à abuser de ces pauvres androïdes. Le gameplay n'a pas fondamentalement évolué depuis le premier opus, on se retrouve toujours à contrôler d'une part les déplacements de notre avatar sur un plan en 2D vu de côté, et d'autre part à diriger sa visée et son attention sur les différents éléments du décors. Sur le papier, on aboutit à quelque chose qui se trouve à mi-chemin entre le point'n click et les vieux jeux d'action/plate-forme. Ça semble bien joli, mais dans les faits le résultat est tout de même méchamment rigide lorsqu'il s'agit de balayer l'écran avec sa lampe torche pour trouver avec quoi interagir. C'est encore plus fatiguant lorsque l'on incarne A.R.I.D. dans le réseau et qu'on est chargé de dégommer les méchantes manifestations du virus. Heureusement, les moins patients d'entre vous peuvent toujours opter pour un mode de difficulté minimal où les combats sont simplifiés.



On pourrait s'en tenir là en matière de prise en main, c'est plus ou moins ce que faisait le premier opus, mais cette suite a aussi la bonne idée de varier les plaisirs. Incarner les différents androïdes ne va pas changer fondamentalement le gameplay, et pourtant chacun a une approche et une appréhension de son environnement totalement différentes. Pour schématiser, l'un va nous entraîner plutôt à résoudre des énigmes liées aux objets qui l'entourent, l'autre va enchaîner des combats au corps à corps et le dernier va plutôt se focaliser sur les relations entre les PNJ. Ce n'est jamais excessivement complexe, on pourrait même reprocher une certaine superficialité dans ces petites énigmes, mais sur la longueur l'ensemble se renouvelle suffisamment pour ne pas lasser le joueur. Notez d'ailleurs que l'aventure est nettement plus longue dans cette suite que dans le premier opus, comptez environ 7 à 8 heures pour en voir le bout cette fois-ci.

Fall sentimental

Vous l'aurez compris, ce qui sauve le jeu sur la longueur c'est justement le fait qu'il ne se limite pas au point de vue d'une seule IA. Les trois hôtes d'A.R.I.D. apportent tous une couleur différente. D'ailleurs, sans trop en dévoiler, c'est justement cette pluralité de perspectives qui va être mise en avant dans la dernière partie de l'aventure. Le fait de faire évoluer trois personnages très distincts qui se renvoient parfois la balle pour progresser, ça fait forcément penser à un certain Day of the Tentacle. Ne vous attendez pas à un tel niveau d’imbrication ni à une écriture aussi déjantée, mais on salue tout de même le clin d’œil et il faut reconnaître que la dynamique fonctionne assez bien. Si ça marche, c'est aussi parce que ce n'est pas un simple gimmick, ça sert finalement le propos du jeu.



Malgré un gameplay un peu rigide et des énigmes pas toujours très profondes, si The Fall 2 s'en sort plutôt bien, c'est surtout grâce à son écriture. De simples pantins, les différentes IA vont petit à petit se transformer en véritables personnages, prenant de l'épaisseur en même temps que l'intrigue. Dans les premières heures, on a parfois l'impression que la narration emprunte de gros sabots, mais finalement c'est pour mieux nous amener vers des thématiques pas forcément évidentes comme la conscience de soi ou l'aspect tout relatif de nos perceptions. Bref, il nous prend littéralement par les sentiments pour nous amener à cogiter, pas seulement sur la nature profonde d'éventuelles IA, mais bien sur notre propre condition. C'est un tour de passe-passe plutôt réussi et sans doute une raison suffisante pour attendre impatiemment le troisième opus qui devrait venir apporter une conclusion à la série.

Avec son air qui ne paye pas de mine et son gameplay parfois boiteux, on ne s'attendait pas forcément à ce que ce second opus de The Fall soit renversant. Et pourtant, force est de constater qu'il bénéficie d'une telle qualité d'écriture que vous aurez bien du mal à en sortir indemne.
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