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Super Smash Bros Ultimate : l'arène m'aggro

Fougère par Fougère,  email  @JeSuisUneFouger
Support : Switch
Super Smash Bros Ultimate. Sorti en décembre dernier, ce 5ème épisode est le digne représentant de cette série de jeux de baston explosif, débutée en 1999. Soyons honnêtes, les systèmes de jeux de base n’ont pas beaucoup évolué en presque 20 ans d’existence. Mais parfois, la continuité a du bon.
2004. Je rentre en Seconde. J’y rencontre Pierre*, un mec assez cool avec qui je sympathise. On devient pote mais il déménage à la fin de l’année. On garde le contact, en passant des week-end à jouer à Warhammer 40K (la version sur table) ou à Super Smash Bros sur un PC instable, grâce à un émulateur et une ROM flinguée. La base de la mouture 2018 était déjà présente dans l’épisode de 1999 : un roster de personnages basé sur les licences Nintendo, un système de combat très nerveux et de l’action survitaminée ! Les pads qu’on utilisait étaient à moitié mort, la ROM avait des bugs hilarant, mais ça nous occupaient pendant les longs week end d’été, et ça me sortais de mon bled paumé au fond du 78. C’est aussi l’année où j’ai accès à internet dans ma chambre, et ou je découvre Factornews, un petit site marrant avec des pandas et des JV.



Année 2008. Je rentre en IUT. Après une première année catastrophique, je retape et je déménage plus prêt de Paris. Je me retrouve dans un appart étudiant de 9m², avec ma propre connexion internet et un PC assez puissant pour faire tourner les jeux récents. Pendant ce temps, Super Smash Bros Brawl sort sur Wii. Pierre est en prépa, je suis en IUT, on se voit pendant les vacances pour jouer chez lui, sur la version Gamecube. A force, on développe nos petites techniques de jeu. Quand je joue Samus, il prend Mario. Quand il prend Kirby, je contre avec Captain Falcon. Le roster s'élargit de plus en plus, avec presque autant de technique de jeu que de personnages. De quoi nous occuper, en versus ou dans les différents modes solo, à essayer de toper le meilleur score de l’autre. Et il y a de quoi faire. Entre les Home Run de sand bag, les combats contre 100 ennemis ou le mode classique, “finir” le jeu revient à compléter une très longue liste de challenges plus durs les uns que les autres.

Année 2010. J’ai terminé mon IUT et je rentre dans le merveilleux monde du travail ! Pierre rentre dans une école d’ingénieurs informatique, un paradis pour nerd. Ayant désormais beaucoup de temps libre, j’en profite pour y passer quelques soirées (je finis même par payer ma cotiz au BDE). On joue à la nouvelle version, Smash Bros Brawl sur Wii, toujours avec des pads de Gamecube. Entre les soirées et les LAN, de nombreux tournois sont organisés. On se frotte pour la première fois à d’autres joueurs. Entre les règles, "Destination Finale en 3 vie et sans objets", et les techniques de certains joueurs, on s’est rapidement fait rouler dessus. Mais à force de jouer contre tout le monde, on s’est amélioré. Nos matchs étaient plus serrés, plus intenses. On apprend à savoir lire précisément le jeu de l’autre, à prévoir ses coups. A quel moment il va esquiver, quand est ce qu’il va tenter de faire une contre-attaque, puis on essaye de l'empêcher de revenir grâce à des “edge guard”. On s'intéresse aussi aux tournois, et on se met à regarder des vidéos de matchs professionnels. On commence à comprendre les tiers de personnages, qu'elles série d’input il faut enchaîner pour faire des combos fumés. On s’éclate les pouces sur des joysticks ruiné par des dizaines d’étudiants avant nous, et on adore ça.

Année 2014. Pierre, Einstein* (un pote à Pierre) et moi emménageons dans un appartement à la Défense. On a tous un boulot dans la région parisienne. Dans le salon, on installe une Wii avec des manettes de Gamecube. Et on joue à Super Smash Bros Brawl. Dépendamment des soirs, on joue soit à 3 en même temps, soit en duel avec le perdant qui passe la manette. Et on continue de s’éclater. Le roster s'agrandit de plus en plus, les divers modes de jeux aussi. Maintenant il y a des défis à remplir, des trophées à gagner, un des matchs en ligne. Un de nos amis communs, Charles*, passe souvent à la maison et on se retrouve à 4 sur le canapé, à jouer en équipe ou chacun pour soi. On étoffe nos stratégies, on choisit soigneusement ses personnages en fonction de ce que les autres sélectionnent. De temps en temps, pour s’amuser, on rajoute les objets, ou alors on va faire un tour dans les toutes les options de customisation disponibles pour se faire des combats complètement débiles.

Année 2017. Einstein quitte la colocation, Charles emménage à sa place. Mais Einstein embarque avec lui la WiiU, et Super Smash Bros. Étant tous de gros joueurs PC, on continue de jouer ensemble, mais plus sur un canapé à s’insulter quand un des 3 arrive à mettre un coup particulièrement dégueulasse.



Novembre 2018. Avec la sortie de Super Smash Bros Ultimate sur Switch, Pierre et moi nous apprêtons à faire notre première partie de Super Smash Bros depuis le déménagement d'Einstein. Durant cette période, notre amitié a eu le temps de se détériorer, entre les aléas de la vie et le quotidien qui use. Il nous a déjà annoncé à moi et Charles qu’il souhaitait déménager, l’ambiance se situait entre le tendu et l’inconfortable depuis plusieurs mois déjà. Tout d’abord, il a fallu s’attaquer au déblocage des personnages, à travers l’aventure solo teaser dans la cinématique d’intro. Avec l’aide de Kirby, vous allez pouvoir explorer une map et enchaîner des combat à thème, qui vont du trivial à l’horriblement difficile. Terminer ce mode 100% demande une sacré dose de ténacité et pas mal de sang-froid. C’est Charles qui s’en est chargé. Ensuite, il a fallu re-découvrir nos personnages favoris, avec une nouvelle manette en main et presque 2 ans sans entraînement. Les premiers matchs ont été difficiles, avec pas mal de cris et de rage quit après une défaite un peu trop humiliante.

Mars 2019. Pierre déménage, un autre Pierre le remplace (je vous jure, ils ont le même prénom). Mi-février, on a eu le trophé “1000 combats terminés”. On joue presque tous les jours, 20 minutes ou 3 heures. On a eu le temps de se remettre dans le bain, et les victoires se remportent à nouveau sur le fil. Pierre joue beaucoup un des nouveaux perso, King K. Rool, tandis que j’apprends à maîtriser Little Mac. Notre style de jeu s’est encore approfondi : Pierre utilise des combos pour prendre de l’avance, et joue agressif tant qu’il la garde. J’essaye de trouver son timing pour esquiver ses coups et mettre des grosses mandales dans les ouvertures. Quand il est en difficulté, il devient beaucoup plus défensif, et attend que je frappe son bouclier pour me caler des chope. J’essaye de provoquer des coups pour le contrer, et en profiter pour lui mettre beaucoup de dégâts. Souvent, Charles vient s’installer avec la 3ème manette, et le canapé se transforme en mine de sel quand un des 3 est éliminé alors que les 2 autres ont encore 2 vies. Quand la copine de Charles passe à l’appart, on fait tourner les 3 manettes et celui qui ne joue pas essaye de déconcentrer celui qui à le pad Pro Switch, pour pouvoir le récupérer “la bonne manette”. Il ne manque plus que les longs week end d’été pour revenir 15 ans en arrière.

*Les noms ont été modifiés.
Pierre a déménagé, je continue de jouer avec Charles et j’espère y mettre l’autre Pierre. On verra ce qu’un peu de distance fera pour notre amitié, mais je suis certains que dans quelques années, on se retrouvera toujours pour jouer à Smash Bros. Parce que la série aura probablement peu évolué, on pourra se projeter sans effort jusqu’à cette chambre brûlante, durant les longs été de l’année 2004, et se souvenir du bon temps.**

**Événements tirés de faits réels, mais romancés parce que la vraie vie, c’est chiant
 
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