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Shadowrun: Dragonfall, la fureur du dragon ?

Arnaud par Arnaud,  email  @drsynack
 
Shadowrun Returns (SRR) fut l’un des premiers jeux vidéo financés par Kickstarter. C’est un petit jeu sympathique, auto-publié par le développeur, et proposant un éditeur de campagne suffisamment ouvert pour que la communauté puisse créer autant de modules qu’elle le souhaite. Notons aussi qu’il fait partie de la liste de plus en plus longue de jeux compatibles Linux (ainsi que Mac et Android). Dragonfall est le premier DLC publié depuis la sortie du jeu de base.

1984 s’est trompé d’environ 70 ans

Pour les gens ne connaissant pas l’univers du jeu de rôle dont est inspiré le titre, Shadowrun est un monde cyberpunk dystopique où les corporations ont un pouvoir qui donnerait la trique pendant des jours aux membres du MEDEF ; où la libéralisation d’à peu près tout ce qui est vendable (y compris ses propres organes) ferait la joie de la Commission Européenne ; et où, accessoirement, la magie a fait son retour. « Son retour » car on apprend, au fur et à mesure que l’on découvre l’univers, que tous les 5 200 ans se manifeste un phénomène curieux où, donc, la magie émerge. Mais pas seulement : des bébés étranges naissent, et pour cause, ce sont des Orques, Trolls, Nains (au sens Tolkien du terme) et autres Elfes. Le monde des esprits est actif, et tout un tas de Chamans font leur apparition. La magie n’est pas en reste et un grand nombre de personnes se mettent à balancer des boules de feu à droite ou à gauche. En parallèle de ça, vu que nous sommes en 2050 et quelques, la technologie est très avancée, notamment l’informatique qui s’est transformée en réalité virtuelle façon Matrix – le terme vient d’ailleurs de ce jeu.



La critique principale des détracteurs semble être que tout cela est un joyeux bordel très fourre-tout où les Dragons sont les PDG de multinationales tentaculaires et les Magiciens des mercenaires que Blackwater ne renierait pas. Personnellement je n’avais pas d’a priori sur le monde avant de lancer le jeu (ne connaissant pas le jeu de rôle papier) et j’ai trouvé l’univers très bien construit. Tout à une explication. Si les Dragons sont PDG c’est parce que, comme dans notre bonne vieille Heroic Fantasy Donjon & Dragonienne, ils aiment amasser l’or. Et si les Trolls sont moches, ce n’est pas de leur faute, et non ils ne volent pas le pain travail des bons français travailleurs parce qu’ils peuvent porter deux fois plus de colis qu’un humain.

Bleu Marine c’est has been, vive le Vert Orque (même si ça ne rime plus)

Je ne plaisante à moitié, car le jeu traite un peu de ce genre de sujet. Il existe des crimes de haine à l’encontre des « meta-humains », et ça pose tout un tas de questions sociétales intéressantes à explorer. A ce titre, on est en plein dans ce qui définit la science-fiction : posons les mêmes questions dans un contexte différent et imaginons ce que ça peut donner. Le jeu est donc plutôt bien conçu car il se calque tout à fait dans l’esprit de cet univers.

Le scénario de l’extension nous place à Berlin, ville Anarchiste autogérée mais du coup un peu dangereuse. Il n’y a pas d’autorité centrale et certains quartiers sont contrôlés par des gangs ou des corporations (qui ne valent pas bien mieux la plupart du temps). 
Le personnage que l’on joue est un Runner, un mercenaire qui prend différent boulots (piratage informatique, vol de données, extraction de personnes, etc..) pour gagner sa croûte. Un de ces boulots, le tutorial du jeu en fait, tourne très mal et on se retrouve bien vite pourchassé tout en devant éclaircir le mystère de « pourquoi on est pourchassé, bordel ?! ». Je ne vais pas spoiler l’histoire mais elle est bien faite, on se croirait dans un roman noir futuriste, et nombre de choix moraux se posent à nous (encore qu’ils n’aient que peu d’importance). Comme c’est un RPG, certains choix supplémentaires s’offriront à nous en fonction des points alloués dans la feuille de personnage : ici il faut un peu de force pour forcer une porte, là du charisme pour soudoyer un garde, ou ici des compétences de piratage pour retourner des tourelles contre les ennemis.

X-Com au rabais

Si l’histoire est sympathique, les dialogues sont bien écris et l’univers est intéressant, on ne peut pas dire en revanche que le gameplay révolutionnera l’industrie vidéoludique. On est dans un jeu tour par tour classique où il vaut mieux se planquer derrière des objets procurant plus ou moins de couverture. Chaque personnage possède un certain nombre de points d’actions, et lesdites actions et mouvements coûtent plus ou moins de points. Une fois tous les points d’actions de tous les personnages dépensés, l’ennemi fait de même et ainsi de suite. Du classique donc, et ce type de gameplay a son intérêt dès que l’on réalise qu’il faut réfléchir 2 ou 3 tours en avance.
 
Un autre jeu récent utilisant ce système est X-Com : Enemy Unknown. Disons simplement que X-Com est plus dur en mode normal (voir en facile) que SRR en difficile. Les possibilités tactiques semblent plus vastes dans le premier, où le moindre relâchement se paie chèrement, sans parler des animations bien plus travaillées. En même temps, X-Com est un jeu AAA coûtant 40€ (jeu de base) + 20€ (extension Enemy Within) lors de sa sortie, quand Shadowrun tournait à 15 + 14€. Je précise ceci simplement pour justifier le fait que SRR n’a peut-être pas la finition d’un jeu AAA, mais qu’il est créé par une petite équipe de développeurs indépendants et qu’il faut donc savoir raison garder dans la comparaison. Cela ne justifie pas totalement, cependant, la facilité et le manque de profondeur des combats de SRR et c’est le plus grand reproche que l’on pourra faire au jeu.

Côté graphique nous sommes dans un mode 3D isométrique à caméra fixe (impossible de faire tourner la caméra) mais avec une patte graphique sympathique. Bizarrement ce sont les personnages qui sont le moins réussi car ils manquent de détails et d’animations. Les environnements sont en revanche très travaillés et sympathiques. Côté audio la musique manque grandement de variété mais heureusement elle se boucle bien. Je l’ai tout de fois coupée au bout d’environ 50h de jeu (j’ai fini le jeu de base deux fois et l’extension une fois).

Concernant la durée de vie, celle l’extension est supérieure à la campagne d’origine. J’ai mis environ 25h en difficulté « Hard » pour finir le jeu complètement, quêtes annexes comprises. Le jeu de base m’avait pris environ 15h.

Cadeau bonux : Pour vous rendre compte de l’écriture et de l’environnement, je vous ai fait une petite vidéo du dialogue suivant immédiatement le tutorial.

Si vous aviez apprécié la campagne d’origine, Dragonfall va vous ravir. Beaucoup des petits défauts ont été gommés subtilement, et la durée de vie supérieure est agréable. Si vous n’avez jamais joué à SRR, sachez simplement que c’est un bon petit RPG bien ficelé, amusant, qui va vous tenir en haleine et probablement vous faire sourire plus d’une fois. Maintenant on attend juste un autre DLC, peut-être moins massif mais qui ne mettra pas un an à sortir.

SCREENSHOTS

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