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Resident Evil Resistance

hohun par hohun,  email
Développeur / Editeur : Capcom
Supports : PC / Xbox One / PS4
Un jour peut-être, un bouquin relatera ce qui est passé par la tête des producteurs de Capcom quand ils se sont mis en tête de créer Resident Evil Resistance. Ont-ils vu que Resident Evil 3 était trop court à leur goût, et ont-ils senti le besoin de rallonger la sauce en mettant un mode multi conçu à l’arrache ? Est-ce un premier jet d’une évolution potentiellement multijoueur de la franchise ? Ou est-ce juste un bon jeu qui a été mal bêta-testé ? Tellement de questions et si peu de réponses, pour un jeu qui laisse franchement perplexe.
Pour commencer, citons les bons côtés du jeu. Resistance a un concept intéressant : un gameplay asymétrique qui ne copie pas directement les cadors du genre (Dead by Daylight, Left 4 Dead) et dans lequel un maître du jeu doit empêcher 4 survivants de s’enfuir en posant divers pièges, en faisant apparaitre des zombies et en interagissant avec l’environnement. Le but est d’atteindre la sortie avant la fin du chrono.

Maintenant, les mauvais côt… Oui, quoi ? D’autres bons côtés ? Ben non, pourquoi ? Enfin si, potentiellement, mais laissez-moi vous mettre en situation pour que vous compreniez bien, et pour ce faire, si vous le voulez bien, je vais décrire une partie du point de vue de chaque camp.

Les survivants

Vous avez le choix entre 6 jeunots stéréotypés mais pas trop et ayant chacun deux compétences spécifiques. Chaque perso peut être customisé avec des mini-altérations débloquables, et ces améliorations sont plus ou moins puissantes. Revers de la médaille, plus une altération est puissante, moins vous pouvez en équiper à la fois, pour des raisons d’équilibrage.

Une fois ceci fait, vous voici lâchés avec 3 potes (si vous êtes chanceux) ou 3 inconnus (si votre vie est triste comme la mienne) dans une antichambre avec un coffre où vous pouvez acheter de l’équipement. Une fois ceci fait, vous passez la porte et…

…et, comment dire ? C’est le BORDEL. Même en faisant le tuto, tout ne vous est pas expliqué clairement et vous vous retrouvez donc à improviser, avec en plus 3 teubés incapables de jouer en équipe et qui, pour peu qu’ils aient ignoré le tuto, ne savent même pas quoi faire.

Vous crapahutez donc tant bien que mal avec un autre membre histoire de ne pas vous faire choper dans un coin, sauf que voilà, le maître du jeu a jeté son dévolu sur vous et fait donc apparaître des clebs et des zombies à l’infini. Vous passez 1 minute avec un coéquipier qui se met à tabasser du canidé à l’infini alors que le maître-mot est de progresser constamment. J’aimerais croire que c’est parce que mon coéquipier est un abruti, mais ce n’est même pas certain, car le jeu a un gros problème de lisibilité. L’objectif est pourtant affiché en haut de l’écran, mais le fait d’être lâché dans le bain direct et de devoir fouiller la map pour trouver les cibles, en étant constamment harcelé par le maître du jeu qui ferme des portes, éteint la lumière, fait apparaitre des zombies et même parfois des boss, eh bien ça file un sentiment de confusion incroyable. Et pour couronner le tout, la maniabilité des personnages se traîne un sale ressenti de lourdeur bien désagréable. Si vous ajoutez tout cela au manque de coordination entre membres d’équipe, ça donne tout simplement l’impression de jouer à un jeu pas fini.

On pourrait croire qu’il est du coup impossible de finir la partie en survivant. Détrompez-vous, c’est toujours possible, à cause de l’amateurisme (mais pas que) des maîtres du jeu. Par contre, je vous préviens, le gameplay du maître du jeu est carrément expérimental, accrochez-vous.

Le maître du jeu

La partie du maître du jeu , contrairement à celle des survivants, se déroule par étapes :

1) Lancer le matchmaking.

2) Patienter.



3) Se déboucher une bière. Se poser sur la terrasse.





4) Finir sa bière. Jeter un œil au compteur.





5) Faire un peu de sport, car il faut bien continuer à se respecter un minimum pendant le confinement. Se doucher.



6) Jeter un œil au compteur.



7) Entamer la lecture d’un classique de la littérature française, de préférence copieux. La Curée est un bon exemple.


 
8) Lire 30 pages, se rappeler que Zola c'est un peu indigeste, se rendre compte qu’on a oublié de regarder le compteur.



10) Se poser à la fenêtre, réfléchir à tout ce qu’on aurait pu faire de notre vie, nos actes manqués, yé iyé iyé iyé eh eh iyéééééééé.

11) Regarder le compteur.



12) Péter un câble, se rendre à l’aéroport, essayer de se faire passer pour un Péruvien pour acheter un ticket pour Lima, échouer lamentablement. Passer une heure en cellule.


 
12) Rentrer à la maison. Vérifier le compteur.



13) Désinstaller.
 


Blague à part, les rares (deux) fois où j’ai pu jouer le maître du jeu, il s’en dégageait un sentiment de confusion, certes moins que pour les survivants, mais bien présent tout de même. C’est dû au fait que le tuto, encore lui, ne vous prépare pas complètement à jouer votre rôle. Le gameplay se fait par un système de cartes, qui s’affiche en bas de l’écran et qui vous donne le choix de ce que vous voulez envoyer à la gueule des survivants : zombies, chiens, gaz, mitrailleuse et même parfois boss.

Dans la pratique, on ressent encore la maniabilité lourde, surtout lorsque vous choisissez d’incarner les monstres que vous faites apparaître. William Birkin version boss, ainsi, est crispant au possible parce qu’on a l’impression de diriger un frigo (dans la plus pure tradition Resident Evil, certes). L’équilibrage est également un peu aux fraises : dans certaines configurations, il vous est tout à fait possible d’incapaciter deux survivants avec une seule session de mitraillage. Au final, un maître du jeu semble avoir potentiellement tellement de choses à faire qu’on ne tire pas partie des options comme on le devrait. Poser des pièges intelligemment tout en créant des goulets d’étranglements avec les commandes environnementales semble difficilement faisable dans une partie désorganisée où les survivants jouent de façon erratique.
Resident Evil Resistance est un jeu qui a certainement été pensé pour des joueurs aguerris et formés au travail d’équipe. En l’état actuel des « serveurs », il est malheureusement impossible d’arriver à ce cas de figure. Et même si c’était le cas, entre la lisibilité brouillonne, la maniabilité lourdingue, la qualité de réseau cradingue et les files d’attente interminables, difficile de ne pas voir ce jeu comme un pétard mouillé où le plaisir de jeu est mitigé.
 
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