TEST
GXTrust Forta Wireless
Ah qu'il est loin le temps où je vendais de la câblerie et des accessoires Trust dans une petite boutique d'informatique, il y a déjà vingt-cinq ans ! Je me rappelle de ces totems bourrés de câbles LPT et de tapis de souris en tissu premier prix qui complétaient nos configs PC montées avec amour. Si je vous raconte ma vie, c'est parce que la marque suédoise s'est diversifiée en 43 ans d'existence, jusqu'à inaugurer une filiale gaming, GXTrust il y a deux ans, avec comme produit phare son casque filaire PS5 d'entrée de gamme, Forta. La marque nous revient cette année avec une déclinaison sans fil du modèle qui tente le pari osé de proposer des transducteurs 50 mm à moins de 80 euros. Et on va décortiquer ça dans notre test.
On commence par un packaging entièrement recyclable. C'est d'ailleurs l'un des engagements de la marque qui annonce fièrement que son casque est 100% en plastique recyclé (pour la version noire). Au déballage, on se rend surtout compte de la légèreté du casque : 277 grammes avec son micro sur la balance, c'est 20 de plus que le SteelSeries Arctis Nova 3 Wireless qui sera notre base de comparaison pour le test, mais lui ne propose que des drivers 40 mm. On retrouve également dans la boite le micro perche flexible, le dongle 2,4Ghz USB-A, un câble de recharge USB-C ainsi qu'un câble jack permettant d'embarquer immédiatement le casque en voyage, sans avoir à le charger au préalable. Le casque en lui-même est assez rudimentaire. Outre un léger gaufrage GXTrust sur le dessus, l'arceau est recouvert d'une mousse qui vient coussiner le haut du crâne.A noter que si la mousse recouvre tout l'arceau, les premières économies se font sentir puisque l'effet coussin se concentre sur une petite surface de 5 cm au centre de l'arceau. La mousse était juste posée sur des montants en plastique sur le reste de l'arceau, ce qui risque de gêner les plus grosses têtes sur la durée. Ce n'a par contre pas été mon cas : malgré des sessions de 3h d'affilée, je n'ai pas ressenti de gêne particulière. On l'a dit plus haut, on ne retrouvera pas de métal sur les extérieurs du casque.

Des montants aux fourches, c'est donc toujours le même matériau plastique. Fort heureusement, à la différence d'autres casques plus haut de gamme, on n'a pas de jeu particulier en secouant les fourches. De même, le casque à le bon goût d'offrir un crantage qui permet d'ajuster symétriquement les fourches autour du crâne. Par contre on a déjà vu des arceaux plus flexibles et les fourches ne proposent pas de rotation des oreillettes sur l'axe horizontal, ce qui peut là aussi être un frein au confort sur les longues sessions de jeu sur les morphologies de tête arrondies. Les oreillettes, elles, sont affublées d'un flocage sobre du logo PlayStation et se terminent par des coussinets mélangeant le simili-cuir décoratif pour habiller l'extérieur et le même revêtement mousse à l'intérieur et dans lesquels (casque fermé oblige) les oreilles viendront se reposer. Petit détail qui trahit probablement une conception moins qualitative qu'ailleurs, la densité de mousse au fond des oreillettes n'est pas la même entre la droite à la gauche. On a l'impression que l'oreillette gauche se contente d'offrir un tulle alors que la droite propose une vraie mousse en plus du tulle protecteur. On continue avec les boutons disponibles. Ici pas de fioritures.
Sur l'oreillette droite, le casque faisant l'impasse sur la connectivité Bluetooth, on se contente d'un unique bouton Power qui sert également à mettre en pause un lecteur musical en effectuant une simple pression brève. Sur l'oreillette gauche, un bouton-poussoir (ayant un peu de jeu désagréable) permet de muter le micro-perche.
En dessous, on retrouve l'unique mollette de volume. Et c'est une petite déception car elle est très enfoncée dans l'oreillette par rapport à d'autres casques, ce qui déroute un petit peu et est, je trouve, moins accessible lorsqu'on doit baisser en urgence le volume. A signaler, la molette n'est pas crantée, le constructeur ayant fait le choix de butoirs plutôt qu'un scrolling infini. D'autre part, même si le casque est sous licence officielle PlayStation, on n'y retrouve hélas pas de molette de mélange chat-jeu, trop rare sur les casques de nos jours. Le micro-perche détachable vient lui se fixer en-dessous dans un emplacement dédié. Je ne sais pas si c'est mon modèle de test ou si tous les modèles ont ce "problème", mais si le flexible du micro fait parfaitement le job et tient bien en place, il a eu tendance à craquer au niveau de la fixation avec la base en plastique sur les premiers jours d'utilisation, comme s'il fallait le "faire" comme le cuir d'une paire de chaussures. Je n'ai depuis plus eu de problème, ou alors j'ai cassé un truc ? A noter également que le micro dispose d'une LED orangée activée lors de la coupure de la voix.

Si l'équipementier a dû faire des choix en termes de matériaux, la partie son a en apparence eu droit à un soin particulier avec l'adoption de transducteurs 50 mm, ce qui est assez rare dans cette gamme de prix. Et une fois sur les oreilles, il faut avouer que la puissance est au rendez-vous. Même à haut volume, les haut-parleurs ne bronchent pas et délivrent un son sans distorsion remarquable sur ce segment de prix. Par contre, pour arriver à cela, le mix audio est entièrement piloté par Trust, avec en ligne de mire le gaming et plus précisément les FPS compétitifs ou grand spectacle. Ainsi, on remarque que les drivers sont tunés pour flatter l'oreille lors des bruits de pas et des explosions. Les basses sont d'ailleurs un peu trop présentes, ce qui a tendance à écraser des médiums déjà en retrait sur cette configuration EQ, la faute au réglage assumé par les ingénieurs et qui n'est malheureusement pas réglable, Trust ne proposant pas d'application PC/Mac. Par contre, j'ai été étonnamment surpris par la stéréophonie du casque et surtout bluffé par sa spatialisation qui a eu droit à une implémentation vraiment soignée et efficace, que ce soit sur PS5 ou sur Switch 2.
Au bout de la perche flexible, le micro est en fait une petite cellule cardioïde assez basique affublée d'une bonnette qui semble avoir droit à un traitement classique de réduction de bruit/noise gate intégré au casque. Sans grande surprise, le son reste audible, voire même plus propre que certains modèles haut de gamme, mais étouffé derrière des filtres et un matériel à qui on ne peut pas demander la lune. Ma voix est toutefois parfaitement claire lorsque je joue avec des amis en ligne. A noter que si le casque est noté comme compatible PS4/PS5, le micro est reconnu immédiatement sur ma Switch 2 lorsque je le connecte dessus. On termine avec un petit mot sur la batterie, avec une durée de vie annoncée de 55 h que je n'ai pas pu vider lors de mes deux semaines de test, autant dire qu'il y a de quoi faire.
Au-delà d'un design qui a dû couper court sur certains aspects pour laisser sa place au son, la seule vraie entorse autour du casque, c'est sa connectivité limitée à 2,4Ghz. L'absence du Bluetooth sur ce segment de prix se fait vite sentir, alors que les baisses de prix chez la concurrence font arriver des modèles plus costauds directement en frontal.
Pour une première incursion dans le domaine du sans-fil, le GXTrust Forta Wireless nous a fait une relativement bonne impression. Certes, ce n'est pas le plus connecté ou le plus sexy et il faut se contenter des réglages audio effectués par son constructeur, mais il fait le job et ce sur de longues sessions de jeu. Reste qu'à ce prix-là, on invite quand même ceux qui cherchent un casque polyvalent à bien comparer avec la concurrence qui casse régulièrement les prix.



