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Desert Child : See you space moron

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
Développeur / Editeur : Akupara Games
Supports : PC / Mac / Xbox One / PS4 / Linux / Switch
C'est la saison de se moquer des bonnes résolutions. Ne faites pas semblant, plutôt que d'encourager vos potes qui vous jurent la main sur le cœur profiter de la nouvelle année pour arrêter de fumer, faire du sport ou être un peu moins cons sur les réseaux sociaux, vous êtes plutôt du genre à les enfoncer en leur rappelant qu'ils ne tiennent jamais leurs engagements. Et bien, rigolez autant que vous le voulez, mais en ce mois de janvier 2019, j'ai pris la résolution de ne plus craquer pour un jeu sur la base des promesses d'une campagne Kickstarter. Si j'en suis arrivé là, c'est à cause d'un certain Desert Child.
Pourtant, entre lui et moi, ça semblait coller sur le papier. Ça a commencé avec quelques images alléchantes et puis il y a eu cette fameuse campagne Kickstarter. Bon, question promesses, c'était un peu flou, un mélange de jeu de courses et de shmup avec des éléments de RPG. Autant dire qu'il ne manquait qu'un brin de baston et de gestion pour avoir la quinte flush... Mais, plus que tout, il avait du style : un look faussement débonnaire, un pixel art à la cool au service d'un design sci-fi bien bad ass, et surtout, surtout, une BO du tonnerre qui claquait un rythme halluciné façon chill-out sur tout ça. Fallait-il encore en rajouter ? Pas nécessairement, et pourtant son créateur Oscar Brittain nous en remettait une louche en assurant s'inspirer pêle-mêle des univers de Cowboy Bebop, d'Akira et de Redline. Bref, de quoi avoir des étoiles plein les yeux et lâcher les cordons de sa bourse avant même que la raison ne puisse nous rappeler à l'ordre.

Vers Mars et on repart

Et puis, par un beau jour de décembre, il est arrivé sur à peu près tous les supports imaginables. Après nous avoir laissé le choix des armes, il débute sur les chapeaux de roue avec un tutoriel qui prend la forme d'une petite virée en overbike, une sorte de moto volante du futur. C'est plutôt basique, une vue de côté, l'overbike va de la gauche vers la droite, on se sert de la profondeur de champ pour éviter les obstacles, un bouton pour le boost, un autre pour le tir. Le fait de flinguer les étranges TV volantes sur la route permet de remplir plus rapidement son boost, certaines vont en plus libérer quelques biftons ou des munitions. Quand on est à court de balles, un camion de ravitaillement débarque en bas de l'écran et il faut aller lui faire coucou pour faire le plein.



Une fois la première épreuve terminée, on nous fait comprendre qu'il faut enchaîner les courses afin d'amasser suffisamment de blé pour aller sur Mars. L'argent va aussi permettre d'acheter à manger et de réparer sa bécane, le pourcentage de faim et de dégâts venant impacter directement vos capacités de pilote. Une fois sur Mars, c'est la même chose, sauf que cette fois-ci il faut amasser vraiment beaucoup d'argent pour participer au grand prix. Pourquoi ? Sans doute pour passer le temps. Alors on refait des courses, mais cette fois-ci on peut aussi apporter des petites modifications à sa bécane façon remplissage d'inventaire farfelu avec des blocs de formes prédéfinies. Mais attention, on ne peut pas changer d'arme, le seul élément qui pourrait apporter un peu de diversité est réservé au NG+. Et puis on mange et on répare son overbike, on se perd dans ce désert ludique...

...depuis trop longtemps

Soyons honnête, il existe ensuite plusieurs façons de se remplir les poches : on peut flinguer des kangourous, hacker une banque ou livrer des pizzas, mais ça sera toujours exactement le même gameplay sans grande saveur. Alors on mange et on répare son overbike pour passer le temps. Allez, un petit plaisir en passant, on achète quand même des disques qui vont permettre de changer aléatoirement la musique de fond avec des morceaux toujours aussi bons. On se déplace dans cette ville tout doucement pour aller d'une activité à l'autre. Les jours passent et on s'ennuie. Quand on arrive enfin à la fin du jeu, on a l'impression que tout ça a duré une éternité, on regarde sa montre, ça n'a pris que trois ou quatre heures.



On croyait tomber sur un prince charmant qui avait des tas de choses à nous faire découvrir, pas de bol, Desert Child c'est plutôt le stéréotype du moniteur de vacances un peu grande gueule, certes un plutôt beau gosse mais qui se regarde bien trop lui-même pour penser à te faire plaisir. On pourrait croire que la précocité avec laquelle il conclut son affaire est un problème, et pourtant c'est le contraire, on s'ennuie déjà ferme après le premier quart d'heure. En vous obligeant à tourner constamment en rond, le seul intérêt de Desert Child est de vous donner l'occasion de faire le point sur votre vie : comment en êtes-vous arrivé à en attendre autant d'un jeu que vous connaissiez pourtant à peine. Alors oui, ses vidéos promotionnelles sont chouettes, peut-être même que vous les regarderez de nouveau à l'occasion en laissant s'échapper un petit soupir, mais c'est promis, plus jamais vous ne monterez sur la moto volante d'un bel inconnu en rêvant de vivre la grande aventure.

Il était mystérieux, il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon enfant du désert avait de la gueule sur Kickstarter. Pas de bol, dès qu'on le prend en main tout se dégonfle. Pas même digne d'être considéré comme un bon coup d'un soir, Desert Child n'est jamais foutu de transformer le désir qu'il suscite en plaisir. Faites votre petite affaire devant ses trailers, c'est encore ce qu'il a de mieux à offrir.

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