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Dark Nights with Poe and Munro

billou95 par billou95,  email  @billou_95
Développeur / Editeur : D'Avekki Studios
Support : PC
Petit à petit, D'Avekki Studios affine sa formule FMV pour présenter quelque chose qui s'écarte toujours un peu plus des poncifs du genre, mais aussi de la nouvelle vague initiée par Bandersnatch. On avait été séduits il y a un an et demi par The Shapeshifting Detective qui présentait outre une intrigue supernaturelle des jeux d'acteurs convaincants et un duo radiophonique charmant qui occupait à merveille les espaces vides entre les entrevues du potentiel assassin. Pas étonnant donc de voir exploités à nouveau les résidents permanents de Radio August dans une toute nouvelle aventure taillée sur mesure.
Amoureux de la radio libre, des bons mots et des histoires qui font peur, Ellis Munro et John Pope (aka. Poe) sont les animateurs vedettes de la petite station locale d'August, une bourgade perdue au fin fond de l'Angleterre. Dans leur show quotidien, Dark Nights with Poe and Munro, ils décortiquent les faits divers, rumeurs et légendes des environs pour fabriquer de vraies fausses histoires sordides qu'ils racontent la bouche colée à leur micro, confortablement installés dans leur studio d'enregistrement face à quelques auditeurs fébriles qui ne manquent pas une occasion de participer à leur émission. Le prétexte idéal pour un jeu d'aventure, qui plus est en FMV ! Dans cette préquelle au jeu de 2017, le duo d'enquêteurs du surnaturel participera bien malgré lui à différentes intrigues : le mystérieux kidnapping d'adolescent, un tueur énigmatique qui les harcèle pendant l'émission, une peinture abstraite qui exauce les voeux et même un voyage dans le passé d'un certain Docteur Dekker...

Pour raconter ces différents tableaux, le studio a fait un choix critique : le découpage de l'histoire en six épisodes fillers reliés entre eux par quelques légers détails sans trop d'importance et l'adultère de Poe, plutôt que de raconter une seule intrigue sur la durée. On aura donc droit à 30 minutes maximum par nouvelle, ce qui laisse peu de temps pour emballer le joueur dans le trip proposé.

Un pari audacieux qui disons-le tout de suite ne paiera jamais, la faute à des scénarios qui n'ont pas le temps de décoller dans des laps de temps aussi courts. Difficile en effet de présenter la scène, les victimes et leurs bourreaux, les quelques allées et venues des héros puis de dérouler l'enquête sans compter les discussions interactives, les choix et les différentes fins possibles de chaque épisode en si peu de temps. Les réalisateurs ont donc du marteler les coupes franches dans leur série et ça donne lieu au mieux à des blackouts complets justifiés à la va-vite, au pire à des faux raccords gênants.

Le choix, Poe, a toujours raison 

Durant les trois petites heures d'aventure, on ne compte ainsi plus les enchaînements de scènes bidons, par exemple la rencontre avec le "nettoyeur" d'un laboratoire de recherche baigné par la lumière du jour derrière la porte du studio, juste après avoir mis fin à l'émission journalière censée se dérouler au beau milieu de la nuit.

Pareil pour tout ce qui est entrevues avec les protagonistes et déductions de coupables expédiées, on se demande vraiment comment les héros en arrivent à de telles conclusions alors qu'ils coupent court à la discussion après deux échanges seulement. Enfin, le jeu réutilise à plusieurs reprises quelques séquences filmées ici et là, et malheureusement ça se voit (coucou la séquence de la voiture). La déception est d'autant plus grande qu'à part le clin d'oeil à The Infectious Madness of Doctor Dekker  qui plaira aux fans, mais n'apporte pas grand-chose en soi, il y a de bonnes idées dans chacune des historiettes. Bref, il aurait été clairement plus judicieux de recentrer le jeu autour de deux ou trois intrigues plus étoffées que de le laisser se prendre les pieds dans des fils scénaristiques assez peu développés.

Une faute qu'on ne pardonnera pas à Lynda et Tim Cowles et pourtant, Dark Nights with Poe and Munro ne manque pas de charme. On y retrouve tout d'abord les délicieux Klemens Koehring et Leah Cunard qui tiennent toujours aussi bien leurs rôles et s'expriment à nouveau ici dans des situations chair de poulesques qu'on adore : un radiothon de 24h non-stop dans leur lugubre chambre à coucher, un escape room bloqué dans un cauchemar piloté par une flippante petite fillette, etc. A la qualité du jeu d'acteur s'ajoutent des dialogues taillés pour le couple qui oscillent à chaque instant entre le burlesque et le tragique. Ces Mulder et Scully à l'anglaise qui évoluent toujours à la limite du surnaturel ont quelque chose d'attachant. Il y a vraiment une alchimie qui fonctionne entre Poe et Munro, tant est si bien qu'on rêverait de les voir dans une enquête de grande envergure, à la hauteur de leurs personnages.

Un ter actif

Surtout qu'après deux succès consécutifs, D'Avekki commence à avoir de la bouteille dans la fiction interactive et propose désormais plus de rythme avec des zones cliquables pendant plus ou moins longtemps directement pendant que le film se déroule sous nos yeux.

C'est plutôt bien vu et réalisé dans l'ensemble, ça ajoute un punch certain aux interactions avec ce qui se passe à l'écran, mais on a du mal à cliquer sur les éléments hors des plans fixes et on rate malheureusement certaines options de dialogue. De même, on l'avait déjà critiqué sur leur précédente production : les points d'intérêt interactifs qui vont définir nos choix sont souvent cryptiques à tel point qu'on finit par cliquer au pif, ne pouvant pas imaginer quel sera l'impact de nos décisions sur la scène qui va suivre.

Enfin, c'est à la mode et ça ne coûte pas grand-chose, alors le jeu ne se prive pas d'un petit récapitulatif "à la Telltale" en fin d'épisode, nous indiquant quels choix ont été plébiscités par le reste des joueurs. Il s'arrête toutefois là et ne pas pas jusqu'à établir un profil psychologique du joueur ou nous offrir des détails sur le nombre de séquences visionnées comme c'est le cas dans The Complex. Pour terminer, parlons du traitement sonore. Si la bande originale est excellente, les enregistrements voix sont assez inégaux. Globalement, dès que les héros s'échappent des espaces confinés, on se retrouve avec beaucoup de souffle et une perte de qualité (notamment sur les extérieurs).

Malgré le très bon jeu d'acteur de son duo d'animateurs enquêteurs attachant et son ambiance surnaturelle mais pas trop qui fonctionne bien, Dark Nights with Poe and Munro manque le coche, la faute à un découpage en micro-épisodes qui ne laissent jamais reposer leur scénario assez longtemps pour que le joueur s'en impreigne.

SCREENSHOTS

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