TEST
Beyerdynamic MMX 230 Wireless
Ah le DT 770 Pro ! L'iconique modèle filaire de Beyerdynamic a été mon premier casque sérieux accolé à mon PC fin 2016 et le coup de coeur fut immédiat. Un confort incomparable avec ses oreillettes en velours, un son chaud, enveloppant et une isolation fantastique pour l'époque. Puis je l'ai customisé avec un ModMic 4 avant de basculer vers le MMX 300 Gen2 tout-en-un filaire. Et tout ça nous amène à l'année dernière et à l'arrivée de nouveaux modèles gaming, dont le MMX 230 Wireless qui se proposait de reprendre le flambeau des casques fermés, cette fois-ci en passant au sans-fil. Et ça n'a pas été sans mal puisque peu après sa commercialisation, le constructeur allemand a dû faire machine arrière et retirer le produit de la vente, à cause de nombreux problèmes de calibrage audio et de dongles qui ne fonctionnaient juste pas.
Test réalisé avec un casque fourni par le constructeurMais tout ça semble oublié puisque le casque est de nouveau disponible depuis quelques mois et nous avons même pu en recevoir un pour tester enfin la bestiole et nous faire un avis dessus, avant de le comparer avec l'entrée de gamme lancé à la rentrée 2026 et dont on vous avait déjà causé lors de nos previews Gamescom. Je vous rassure tout de suite, le dongle fonctionne bien désormais. Mais avant de parler technique, le déballage passe par l'ouverture d'une boîte au cartonnage assez costaud qui donne tout de suite une impression de qualité. À l'intérieur, le casque qui vient d'un seul tenant puisque son micro-perche est fixé sur le côté, le petit dongle 2,4 GHz, une boîte contenant un câble USB-A vers USB-C et un petit sac de transport en tissu assez qualitatif.
Le tour du propriétaire débute par un arceau en plastique qui, il faut bien l'avouer, fait assez cheapos, puisqu'il semble assez creux lorsqu'on le tapote avec le doigt, affublé du logo Beyerdynamic. Sur le dessous de l'arceau, un revêtement légèrement rembourré en simili cuir au design atypique puisqu'il est moins épais sur le centre du casque, pour offrir un effet ressort, la tête venant reposer sur les parties gauche et droite du rembourrage. Si on pouvait avoir des doutes sur ce choix, dans les faits, il s'avère autant voire plus confortable que la majorité des casques que j'ai portés cette année.

Malgré un léger rembourrage, la densité de la matière fait que la tête est bien reposée sur l'ensemble ; c'est une réussite. L'arceau termine par des branches en métal qui supportent les crochets des oreillettes, eux en plastique. Là encore, j'apprécie le fait que le crantage pour les positionner soit ferme et ne permette pas de décalage entre gauche et droite. Ces crochets viennent se fixer de chaque côté des deux oreillettes et permettent de basculer sur les deux axes, de 45° vers l'intérieur à 90° vers l'extérieur sur l'axe vertical, afin de poser le casque sur les épaules lors de déplacements ou sur une table. Le MMX 230 Wireless bascule également légèrement sur l'axe horizontal. Par contre, on remarque un léger "couic couic" caractéristique d'un frottement avec quelque chose à l'intérieur (au hasard, la câblerie ?) lorsqu'on bascule les oreillettes, au niveau de la jonction entre les crochets et la branche de support, ce qui nous fait interroger sur la durabilité de l'ensemble au fil des années.
Les oreillettes sont, quant à elles, en forme de goutte d'eau, ce qui est là aussi atypique (on avait déjà vu ce design sur l'Alienware Pro Wireless headset dans une certaine mesure) et hébergent des transducteurs de 40 mm maison. Mais ce qui provoque immédiatement un coup de coeur chez moi, c'est leur texture velours. Ah, le velours de Beyerdynamic, quel plaisir de le retrouver ! Non seulement il offre un confort quasi parfait en venant reposer sur les oreilles et en créant un effet ressort (les esgourdes ne s'enfoncent pas dans la matière) mais il offre de surcroît une isolation passive à toute épreuve ! J'apprécie aussi le rembourrage conséquent au fond de l'oreillette.
Beyerdynamic a décidément bien pensé son casque et ça se voit également sur l'ergonomie générale des boutons sur les oreillettes, tous dans un matériau plastique soft, au toucher très doux. Sur la gauche, un petit bitoniau rond permet de démarrer le casque et de basculer entre les modes 2,4 GHz, Bluetooth, appairage, etc. Juste en dessous, un autre, multifonction, change le mode de réduction de bruit. Sur l'oreillette de droite, un bloc de contrôle vraiment bien pensé comprend deux boutons à chaque extrémité pour contrôler le volume haut/bas et un dernier, multifonction là encore et creusé au centre du bloc, permet de mettre en pause sa musique, prendre un appel, etc.

Même si le casque ne possède pas de mollette de volume (tout passe par les boutons), le constructeur a eu l'intelligence de bien tous les différencier, ce qui permet de les retrouver immédiatement au toucher. Encore une belle prouesse qui prouve que le travail d'ergonomie paye. On termine ce passage en revue matériel avec le micro-perche positionné sur l'oreillette gauche et qui bascule de 90° devant la bouche.
Le micro est nativement coupé lorsqu'il est en position haute, comme sur les casques Turtle Beach. De plus, son système de bascule vient se bloquer via un petit "clic" satisfaisant lorsqu'il est rabattu, ce qui permet de s'assurer qu'il est dans la bonne position. La perche, de son côté, est assez rigide, beaucoup plus que chez la concurrence, mais finalement on n'y fait pas bien attention car elle est assez longue pour venir se positionner juste devant notre bouche, sans gêner le champ visuel autour du casque. On regrette par contre l'absence de bonnette, la cellule micro étant à l'air libre. Et d'ailleurs, combiné à l'arceau plastique, on l'a dit creux, et des oreillettes qui basculent sur leurs axes, on a un son assez désagréable lorsque le micro-perche en position haute tapote contre l'arceau, par exemple lorsqu'on vient bouger le casque sur notre tête.
On termine en parlant poids et force de serrage. À 326 g, il se situe dans la moyenne du classement, et sa structure bien étudiée évite de sentir ce poids. Le casque a aussi une force de serrage dans la moyenne qui évite qu'il ne bouge trop sur la tête lorsqu'on fait des mouvements brusques, à la différence d'un Razer Blackshark V3 Pro par exemple. On en vient à parler connectique et ici, le casque fait un peu comme ses concurrents.
Sans surprise pour ce type de produit, on retrouve donc à la fois une double connectique 2,4 GHz via son petit dongle et Bluetooth 6.0 faible latence assortie d'une connexion multipoint permettant de prendre un appel sur son téléphone, pendant une partie de jeu sur PS5 par exemple. L'application mobile Beyerdynamic se charge de tout gérer, de la personnalisation du bouton multifonction à l'activation des retours vocaux du casque, en passant par l'égaliseur dix bandes qui offre une tonne de préréglages (cinq profils musicaux, six profils gaming) et la possibilité de créer d'autres profils personnels sauvegardés sur le casque. Malgré ça, je trouve que le MMX 230 Wireless est plutôt bien calibré en sortie de boîte avec une bonne emphase sur les basses, sans être pesantes comme cela peut être le cas sur les modèles gaming.

Et on en vient à parler du son que je trouve très bon ! La stéréophonie est excellente avec une très bonne séparation des canaux gauche-droite. On n'a aucun mal à identifier les instruments lors de l'écoute musicale et la spatialisation est assez honnête, bien que parfois moins efficace que certains casques gaming haut de gamme. Mais surtout, l'équilibre du spectre est respecté. Personne ne vient empiéter chez le voisin et peu de casques gaming en sont capables (coucou Razer). Je n'ai pas non plus ressenti de baisse de qualité en passant sur de l'écoute Bluetooth, comme cela peut être le cas ailleurs.
Idem lorsque l'on active la réduction de bruit active. Par contre, je m'interroge, comme beaucoup de monde sur Internet, sur la pertinence de l'ANC à la sauce Beyerdynamic. Soyons clairs, je ne sens strictement aucune différence en matière d'isolation, ANC activée ou pas. Il vaut donc mieux la laisser désactivée pour profiter d'un maximum des 60 heures de batterie annoncées. Seul le mode transparence est relativement efficace, même si on a vu mieux ailleurs. Toujours sur les petits reproches techniques, je trouve que le casque a un léger retard à l'allumage de quelques millisecondes lorsqu'on lance une lecture audio et qui est quand même perceptible, même si ça ne gêne pas vraiment au final.
Enfin, l'activation du sidetone lorsqu'on se met à parler a tendance à faire crapoter le micro quelques instants comme vous pouvez l'entendre sur le test micro ci-dessous. Plus globalement, sans être impraticable au quotidien, le micro-perche est assez décevant, avec une captation qui manque de punch, des plosives qui s'entendent trop et une cellule qui attrape beaucoup trop de bruits ambiants malgré son ENC. C'est le syndrome des micros de la génération précédente (le casque date quand même de 2025) qu'on retrouve ici exacerbé. Je termine sur une note de réparabilité puisque le constructeur permet de changer le revêtement des oreillettes et la batterie lithium logée dans un emplacement interne, ce qui est un bon point.
Au final, on retiendra de ce Beyerdynamic MMX 230 Wireless un confort exceptionnel qui fait honneur à la marque. Sérieusement, on se demande pourquoi on n'a pas plus de casques avec un vrai velours sur lequel venir reposer nos esgourdes. Le revêtement sous l'arceau est aussi une réussite. On apprécie également l'ergonomie de ses boutons qui ridiculise un peu la concurrence. Concernant le son, Beyerdynamic fait du Beyerdynamic avec quelque chose de très polyvalent pour un casque gaming. Seul le micro est un poil en retrait et gâche un peu l'ensemble.






