Connexion
Pour récupérer votre compte, veuillez saisir votre adresse email. Vous allez recevoir un email contenant une adresse pour récupérer votre compte.
Inscription
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation du site et de nous vendre votre âme pour un euro symbolique. Amusez vous, mais pliez vous à la charte.
 
 
TEST

Ape Out : Hype in

miniblob par miniblob,  email  @ptiblob
Développeur / Editeur : Devolver Digital
Supports : PC / Switch
Le vieux Georges nous avait prévenu : quand un gorille sort de sa cage, on a toutes les peines du monde à canaliser sa puissance. Ça tombe plutôt bien puisque c'est justement cette sauvagerie à l'état brut que se propose de nous faire ressentir Ape Out. Et pour ça, le jeu a un atout dans sa manche, du genre à nous faire frémir les oreilles. Vous pensiez que la musique adoucit toujours les mœurs ? Vous risquez d'être surpris.
Ape Out c'est un peu le stéréotype du jeu signé chez Devoler mais qui semble jaillir de nulle part. Une esthétique minimaliste au service d'une violence crue, pas de doute, on est bien du côté de la scène indies ou des titres qui s'assument comme tels. En lançant le jeu la première fois, il y a même une étrange connexion mentale qui se fait instantanément : ce petit gong en guise d'accueil sonore et le style graphique ultra dépouillé renvoient étrangement au premier Nidhogg. La comparaison pourrait s'arrêter là mais force est de constater que les deux titres partagent un même rapport à l'action brute, une façon un peu sèche et directe de nous plonger la tête la première dans l'instant, de nous mettre les nerfs à vif sans s'encombrer de fioriture. L'analogie entre les deux jeux vous semble toujours hors de propos ? Sachez seulement que le premier titre de Gabe Cuzzillo, l'architecte de Ape Out, se trouve justement être Foiled, un jeu d'escrime minimaliste sorti sur itch.io en name your price un peu près en même temps que Nidhogg et qui s'en inspire ouvertement... La coïncidence est trop belle pour être passée sous silence.

Gare au grosbill

Mais alors c'est quoi Ape Out ? Un bête jeu d'action en vue de dessus où on incarne un gorille qui cherche à s'échapper et qui se fait joyeusement canarder. Quatre environnements qui se succèdent dont on a pu voir le bout en environ deux heures et demi. Reste la possibilité de rejouer les niveaux en mode difficile, en essayant d'aller le plus vite possible ou en évitant de se faire toucher... Mais malgré tout, on en fait vite le tour. D'ailleurs les grosbill qui ne jugent que par la montée en puissance de leur personnage en seront pour leurs frais, la prise en main du gorille ne varie pas d'un iota du début à la fin, il ne peut tout bêtement que pousser ce qui est devant lui et attraper des trucs.



Bon, sur le papier ce n'est pas folichon. Des jeux d'action en vue du dessus on en a vu d'autres, et en plus un jeu d'action où on ne peut utiliser que ses bras et ses poings, même si ces derniers sont forts et velus, ça sent quand même un peu le pâté. Bon, en réalité on se rend compte qu'il y a un poil plus de variété, certes le plus rapide pour éclater la tête d'un garde armé ça reste de le fracasser contre un mur, mais on peut aussi l'agripper, soit pour ensuite le balancer sur ses collègues façon bowling humain, soit pour lui donner l'occasion de vider son chargeur et de blesser au passage les autres humains. Oui mais le massacre n'est pas un but en soi, le but du primate c'est avant tout de s'évader, de trouver la sortie dans des niveaux créés de manière procédurale. Ces derniers sont autant de labyrinthes dont on ne peut comprendre le tracé que trop tard, une fois qu'on est mort et que la carte de nos déplacements apparaît à l'écran.

Gorille dans la corne de brume

Le choix de la représentation prend alors toute son importance : en nous masquant constamment la vue par des effets de perspective avec les murs, on nous oblige à courir à l'aveugle. On est littéralement traqué dans des environnements qui nous sont inconnus, on devient une bête sauvage dans des décors carrés et rangés dont l'artificialité nous met constamment en échec. Graphiquement parlant, on reste dans la simplicité apparente mais Bennett Foddy a eu plein d'idées de design qui renforcent cette dichotomie entre ce monde humain très froid et la graine de chaos animale que l'on incarne.



Mais le coup de maître de Ape Out, c'est sa façon d'intégrer la musique signée Matt Boch, un free jazz parfois totalement furieux, au cœur de son expérience de jeu. Le son ne vient pas accompagner l'action, il en découle directement, chaque meurtre ajoutant par exemple son coup de timbale. Autant vous prévenir, le rythme s'emballe très vite et votre palpitant devrait suivre la danse. C'est frénétique, c'est puissant et c'est justement ce qui est bon. Finalement, les jeux capables de vous mettre dans une telle transe sont rares et à ce titre Ape Out mérite d'être choyé et de trouver une petite place dans votre catalogue, surtout si vous cherchez un moyen de libérer la bête qui sommeille en vous.

Ape Out n'est pas un jeu, c'est une claque, une pure montée d'adrénaline. Calez vous-le sur une wishlist ou sur votre liste de course et pensez à le ressortir quand vous aurez besoin d'un coup de fouet bien tonique.
Rechercher sur Factornews