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PREVIEW

Gun

snoopers par snoopers,  email
 
Après plus d'un demi-siècle de bons et loyaux services, on pensait le genre western définitivement relégué aux catacombes de l'entertainment. Roulé comme un tapis entre quelques pétoires usagées et une paire de santiags en peau de yak. Heureusement pour les grands enfants que nous sommes, l'industrie du jeu, moins bégueule que sa grande sœur du cinéma, y est allée de son coup de pioche et nous déterre un peu plus chaque année les dépouilles encore tièdes de tous ces vieux cow-boys, un peu rouillés mais pas encore séniles, pour un dernier règlement de comptes à OK Corral.

Après qui nous est parvenu cette semaine, il était temps d'en savoir plus. Toujours prêts pour un duel au soleil, Zaza et moi-même avons enfilé nos plus beaux pantalons en cuir, direction le désert du Far West. Hue !
Plusieurs années après l'excellent Red Dead Revolver (et le moins excellent Dead Man's Hand, personne n'est parfait), c'est donc au tour du Gun des skaters de Neversoft de faire parler la poudre. Vendu comme un GTA sur canasson par un commercial qu'on devine d'un opportunisme rance, Gun se révèle finalement plus proche d'un Stranger's Wrath, les poils en moins. Et aussi carrément moins joli, version PS2 oblige, même si le développeur chargé de nous présenter le jeu a insisté sur le fait que sa build n'était pas du tout finie, bref, vous connaissez la chanson. A la manière du jeu d'Oddworld, donc, Gun mixe action à la troisième personne et vue subjective au sein de zones d'une taille correcte mais toutefois bien délimitées. Ceux qui s'enivraient déjà du parfum de liberté qu'aurait pu offrir un univers western de l'envergure d'un San Andreas peuvent d'ors et déjà désaoûler, il n'en sera absolument pas question dans Gun. Si vous comptez boucler les vingt missions de la trame principale, je vous conseille de préparer quelques selles à ronger le temps de débloquer toutes les aires de jeu.

Je passe rapidement sur le scénario dont on ne sait pas grand-chose, sinon qu'on incarnera un fier gardien de vache, accessoirement pistolero émérite et qui n'aime pas être dérangé quand il fait sa sieste. Un type du genre à jeter ses mégots dans la piscine aux soirées de madame l'ambassadeur, et qui n'hésiterait pas une seconde à organiser un rendez-vous éclair entre ses phalanges et les gencives de quiconque oserait émettre des réserves sur le bon goût de ses bottes en croco fushia. En bref, pas la moitié d'un cow-boy. Parti un beau matin sur les routes du Far West à la recherche d'une certaine Ginette (ou peut-être Jenny, je sais plus), notre brave gars sera amené à rencontrer tout un tas de personnages au moins aussi dangereux que lui. Et ira par exemple s'accoquiner avec une tribu d'indiens plumés, aux moeurs farouches. Pas de doute, le cahier des charges de tout bon western qui se respecte, fût-il interactif, est bien respecté.

Situé à proximité de la frontière mexicaine, le monde de Gun est par ailleurs assez loin de l'esthétique stylisée d'un Red Dead Revolver. Ici, les cow-boys sont des brutes qui passent leur temps à se bourrer la gueule au saloon, cracher leur haleine de vomi entre les bras d'une pute grassouillette en jupons rouges ou encore astiquer leurs pétoires, affalés sur des paillasses d'hôtels craspouilles aux odeurs de pisse et de transpiration. Pas vraiment glam, mais foutrement savoureux quand même - je tiens par ailleurs à souligner qu'il est effectivement possible d'aller boire des coups au zinc après une bonne journée d'équitation, ou même de taper quelques billets verts au poker. Et puis, si les armes et l'IA étaient encore visiblement en pleine phase d'équilibrage, il faut bien admettre que les développeurs de Neversoft ont brillamment réussi à retranscrire l'ambiance à la fois réaliste et totalement caricaturale des meilleurs westerns spaghettis, une ambiance que ne renierait pas le dernier des Clint Eastwood. Bien que techniquement quelconque, Gun ne manque donc pas de charme et propose un univers somme toute cohérent, agréablement texturé et animé. Si ce n'étaient ces foutues saccades intempestives, qu'on espère inhérentes à l'état d'avancement prématuré de la version présentée, le jeu de Neversoft s'en sortirait tout à fait honorablement. Affaire à suivre.

Une belle ambiance graphique, donc, qu'on pourrait presque qualifier de rafraîchissante. Soit tout le contraire du gameplay. Pas la peine de tourner autour du pot, c'est du gros shoot bourrin de base. De l'aveu même de ses concepteurs, Gun n'est ni plus ni moins qu'un jeu d'action qui tache, taillé à même la pierre dans le but assumé de combler nos désirs cathartiques les plus bas. Et s'il faut bien avouer que la tambouille fonctionne plutôt pas mal, ceux qui recherchent un peu plus de finesse risquent de rapidement tourner en rond. Pour faire simple, une fois le flingue / fusil / arc / dynamite bien collé à la paluche, ça se joue à base de «j'te-plombe-t'es-mort-je-recharge» - et personne n'est épargné: indiens, colons, cow-boys, montures, tout le monde aura droit à sa ration de bastos entre les dents. Alors bien sûr, il y a parfois quelques variantes du genre «j'te-plombe-à-cheval», ou encore «j'te-plombe-ta-pirogue-avec-mon-gros-mortier», mais la finalité de la chose tourne quand même essentiellement autour du concept que c'est moi que j'te plombe, point barre. D'ailleurs, que l'on soit en vue externe ou subjective, la jouabilité reste globalement la même, à savoir celle d'un bon gros FPS des familles - bien que la visée n'ait pas semblée particulièrement évidente entre les mains de notre présentateur. Gageons qu'il était juste un peu trop mauvais.

Cette longue preview touchant à sa fin, j'en profite pour balancer à la cantonade les quelques infos qui restent. A vos marques, je lance tout en vrac. En plus d'être un jeu avec des flingues et des putes, notez donc que Gun proposera une foultitude d'intérieurs et d'extérieurs avec plein de flingues qui tirent, de chevaux qui hennissent, de duels qui transpirent, d'ennemis idiots dont on pourra se servir pour se protéger du feu nourri des autres ennemis un peu moins idiots (mais qu'on pourra quand même désarmer, faut pas déconner), tout plein de quêtes annexes dans le genre nettoyage de coffres-forts entre amis, une histoire qu'on nous promet surpuissante et… du Bullet Time©. Là, pour le coup, je laisse la parole au concepteur principal de Gun, qui vous expliquera sans doute mieux que moi le pourquoi du comment. « Si nous avons décidé d'implanter cette fonction dans l'univers western de Gun, c'est tout simplement parce que leBullet Time, c'est trop la classe ». Aïe. Rendez vous cet hiver pour les premiers tours de barillets, sur PS2, Xbox et Xbox 360.

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