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[Popcorn] La Nuit de la Peur

Nicaulas par Nicaulas,  email  @nicaulasfactor
 
Quand on habite à Lyon, on a l'autocongratulation facile. Pensez-donc, on a un quartier entier classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, de la bouffe aussi bonne que grasse (et elle est très grasse), un réseau de transports en commun dense, moderne et rarement en grève, des équipes sportives de haut niveau, des berges aménagées, une concentration d'étudiant(e)s qui va de pair avec une pelletée de bars tous plus cools les uns que les autres (La Faute aux Ours trônant tout en haut du classement). Et, surtout, la ville s'enorgueillit d'être le lieu de naissance du cinéma.



L'affirmation est un peu hâtive, mais a fini par faire consensus : c'est bel et bien dans leur hangar-usine que les bien nommés Louis et Auguste Lumière ont perfectionné leur production de pellicule photographique pour mettre au point le cinématographe, et le tester en filmant en 1895 la sortie des ouvriers de leur usine. Amorçant par la même occasion l'industrie du cinéma, Méliès s'emparant rapidement de ce nouvel outil pour créer des chef d'oeuvres du muet. Et tant pis pour Louis Le Prince, qui avait enregistré des films de quelques secondes dès 1888 mais était incapable de les projeter, faute de pellicule souple.



Si cette appellation de "ville de naissance du cinéma" n'avait servi qu'à développer le tourisme, j'aurais eu un peu honte des considérations bassement commerciales de la municipalité. Mais il faut bien reconnaître que le patrimoine des frères Lumière a également été préservé pour de plus nobles raisons. Depuis 1982 l'Institut Lumière en assume la charge. Leur villa a été transformée en musée en 1993, et le hangar qui tombait en ruines rénové en 1998 pour accueillir une salle de cinéma qui projette régulièrement toutes sortes de films, toutes époques confondues (en ce moment c'est un cycle Jacques Tati et un cycle Orson Welles). Le tout est également classé au Patrimoine Mondial. Et un certain nombre de manifestations y sont organisées.

Etttttttttttt on en arrive enfin au coeur du sujet de cette news : le Festival Lumière. Depuis 2009 et sous l'impulsion de Thierry Frémaux (directeur délégué du Festival de Cannes et directeur de l'Institut Lumière), l'Institut organise un Festival annuel récompensant une personnalité marquante du cinéma (cette année ça sera Martin Scorsese), qui sert également de support à un grand nombre de manifestations dans toute la métropole lyonnaise. Parmi elles, la Nuit du Cinéma, qui consiste fort logiquement à diffuser des films pendant toute une nuit, autour d'un thème. Depuis 2011, il y a eu une nuit de la comédie américaine, une nuit de la science-fiction, une nuit du rock au cinéma, une nuit Monty Python et l'an dernier une nuit Alien.



Outre les thèmes en eux-même et le prix (15 euros pour 4 films avec collation offerte à ceux qui restent jusqu'au bout), une grande partie de l'intérêt de la nuit est qu'elle se déroule dans la Halle Tony Garnier, autre fierté locale. Ancien abattoir reconverti en salle de spectacle, la gigantesque halle peut accueillir plus de 5000 personnes. Forcément, 5000 personnes qui décident de passer la nuit ensemble, ça n'est pas une séance de cinéma tout à fait normale. Entendre toute une salle hurler de joie à l'arrivée à l'écran de Jesus Quintana dans The Big Lebowski, ou applaudir chaleureusement Laurie Henderson qui envoie bouler Steve Bolander après une saillie mysogine dans American Graffiti, c'est une drôle d'expérience de cinéma.

Le thème vient de tomber pour cette année : ce sera la Nuit de la Peur. The Thing (le vrai, celui de Carpenter), La Nuit des Morts-Vivants, Insidious et Evil Dead. Ca sera le samedi 17 octobre de 21 heures jusqu'à ce que ça soit fini. Viendez si vous l'osez. Perso, j'y serai. Je n'en ai raté aucune depuis qu'elles existent. Sans jamais dormir ni partir avant la fin. Même pour 2001 l'Odyssée de l'Espace à 3 heures du matin. Je vous l'avais dit, on a l'autocongratulation facile.
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